A Culture of Victims

A pro­pos de la tuerie de Columbine/About the Columbine shoot­ings:

« Après les évène­ments, j’ai quitté le pays dès que j’ai pu. Je peux com­plète­ment ressen­tir de l’empathie pour ces gars-là. Si j’avais gagné un dol­lar chaque fois que j’ai eu envie d’assassiner tous les joueurs de foot de mon lycée, je serais un homme riche. Le truc, c’est que je n’ai jamais eu de groupe de sou­tien. … Je n’ai jamais eu treize per­son­nes me dis­ant: “Ouais. C’est une bonne idée. Je pense que tu devrais le faire.” J’ai tou­jours été un out­sider. Je n’ai jamais essayé de l’être mais c’est comme ça. Je peux me ren­dre dans n’importe quelle ville et entrer n’importe où, tout le monde posera les yeux sur moi. Ils savent que je ne suis pas des leurs, même si je suis habillé nor­male­ment. Ça a été le cas toute ma vie, pour je ne sais quelle raison.

Quand j’étais enfant et que John F. Kennedy a été assas­s­iné, ils ont mon­tré son enter­re­ment à la télé et une semaine plus tard c’était déjà oublié. Ce n’est pas comme si chaque année à la date anniver­saire, tous ces gens se réu­nis­saient et se lamen­taient sur son sort. Un an après la fusil­lade de Columbine, ils en par­lent tou­jours. Aujourd’hui, la tragédie est dev­enue un diver­tisse­ment comme les autres. Les gens prospèrent grâce à elle. Tout le monde adore être la vic­time. Nous sommes dans une cul­ture vic­ti­maire et tout le monde veut être la plus grande vic­time. Je pense que tout ça s’est passé dans les années 60 où l’on a assisté à une inver­sion des valeurs. Le héros n’était plus ce mec qui ter­ras­sait le dragon et chopait la jeune fille; il était devenu le plus gros loser qui était inca­pable de faire un putain de truc cor­recte­ment. Ceci est devenu le par­a­digme dom­i­nant. La plu­part des gens trouve qu’il est plus facile de s’identifier au per­dant, car ils sont eux-mêmes des per­dants. Jamais ils ne tueraient le dragon ou chop­eraient la fille. Chaque aspect de notre cul­ture a subi une inver­sion par rap­port à ce qu’elle était autre­fois. C’est le déclin de l’Occident.»

« Right after they occured, I left the coun­try as soon as pos­si­ble. I can totally empathize with those guys. If I had a dol­lar for every time I wanted to go in and mur­der all of the foot­ball play­ers at my high school, I’d be a rich man. The thing is, I didn’t have, like a sup­port group. … I didn’t have thir­teen peo­ple say­ing, “Yeah. That’s a good idea. I think you should do that.” I was always an out­sider. I never tried to be but that’s how it was. I can go to any town and walk into any place and every­body just looks at me. They know I’m not one of them, even if I’m dressed nor­mally. That’s been the case my entire life, for what­ever reason.

When I was a kid and John F. Kennedy was shot, they showed his funeral a week later and it was for­got­ten. It’s not like every year on the anniver­sary, all these peo­ple get together and whine about it. A year after the Columbine shoot­ings, they’re still talk­ing about it. Tragedy is being mar­keted as enter­tain­ment now. Peo­ple thrive on it. Every­body loves to be the vic­tim. We have a cul­ture of vic­tims and every­body wants to be the biggest vic­tim. I think this hap­pened in the ’60’s when there was an inver­sion of val­ues. The hero wasn’t slay­ing the dragon and get­ting the girl; he was the biggest loser who couldn’t do a fuck­ing thing right. This became the dom­i­nant par­a­digm for a while. Most peo­ple find it eas­ier to iden­tify with the loser because they are the losers them­selves. They would never slay a dragon or get the girl. Every aspect of our cul­ture has been inverted from what it once was. It’s the decline of the West. »

Boyd Rice, Esoterra #9, 2000. (Cre­ation Books)
Légende: Gee Vaucher, 2007.

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