La haine comme fait de civilisation

« J’ignorais qu’une jour­nal­iste est une sorte d’homme, en pire, et cet arti­cle (le pre­mier qui m’ait été con­sacré, quoiqu’il parle de moi sous mon surnom de Gram­mairien) inau­gu­rait la longue série des arti­cles me con­cer­nant dans une presse avec laque­lle j’entretiendrais les plus mau­vais rapports.

J’avais en vain évo­qué devant la jeune Belge les atroc­ités com­mises par les Palestino-progressistes, depuis le début de la guerre, notam­ment les muti­la­tions pra­tiquées sur des civils (…) tous per­pétrés, avec la com­plic­ité des musul­mans locaux, par ces Pales­tiniens que le grand mufti du Liban, Has­san Khaled, exal­tait en leur cri­ant « Ô sol­dats de l’islam », sans tenir compte des Pales­tiniens chré­tiens, ce qui aurait dû ouvrir les yeux des jour­nal­istes occi­den­taux sur la vraie nature de ce con­flit, à savoir que com­mençait une guerre entre l’islam et la chré­tienté, pré­fig­u­ra­tion de ce qui se passerait en Yougoslavie, quinze ans plus tard, et bien­tôt dans le monde entier, le cli­vage entre l’Orient musul­man et l’Occident chré­tien, ou plus exacte­ment entre le cap­i­tal­isme protes­tant et un islamisme ayant incor­poré son devenir libéral, se réac­ti­vant avec une vio­lence que les beaux esprits déplorent ou nient, alors que ce n’est là que la res­pi­ra­tion naturelle de l’humanité qui a un besoin vital de se haïr elle-même dans la fig­ure d’autrui : néces­saire objec­ti­va­tion de la haine comme fait de civil­i­sa­tion, et non comme bar­barie, même si on peut juger bar­bares les moyens d’y parvenir. »

La Con­fes­sion néga­tive, Richard Mil­let, 2009.
Légende : La Bataille du pont Ammi­raglio, Renato Gut­tuso, 1952.

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