Hate explains everything

« Le pre­mier dis­cours de haine de l’Amérique fut la loi de sédi­tion de 1798. A peine vingt ans après la Déc­la­ra­tion d’Indépendance qui ren­ver­sait le gou­verne­ment bri­tan­nique par la force, les États-Unis rendaient crim­inel le fait de ren­verser le gou­verne­ment par la force. Voilà le nou­veau patron, le même que l’ancien. Il était désor­mais con­damnable de dire ou de pub­lier des choses qui pour­raient “exciter les haines pop­u­laires” con­tre les respon­s­ables gou­verne­men­taux. Alors peut-être que toute cette mas­ca­rade à pro­pos du “dis­cours de haine” a moins à voir avec le racisme qu’elle a à voir avec la cri­tique du gou­verne­ment. Voilà com­ment décom­poser le cour­roux du dis­cours haineux.

Désor­mais, la haine est l’ennemi que les experts craig­nent le plus. Comme toutes les causes de peur, c’est une chose qu’ils ne com­pren­nent pas. Le prob­lème avec la plu­part des “experts” sur la ques­tion de la haine est qu’ils ont l’air vrai­ment per­plexes quant à ce qui pousse les gens à haïr. Ils savent que la haine les entoure, mais ils ne savent pas pourquoi. Ils ne sem­blent pas être des gens qui aient déjà eu beau­coup de raisons légitimes de se sen­tir ani­més par la haine et la frus­tra­tion dans leur vie. Les gens en Irlande du Nord savent ce que c’est d’haïr. Les Noirs en Amérique con­nais­sent ce sen­ti­ment. Mais les experts se grat­tent la tête et deman­dent plus de sub­ven­tions de l’état fédéral pour chercher à résoudre le problème.

Cer­tains d’entre eux veu­lent réelle­ment que nous dépen­sons des mil­lions de dol­lars afin de rechercher ce qui provoque la haine humaine. Ils vous implorent de com­bat­tre cette haine. Ils veu­lent que vous la tuez, l’écrasez, l’étouffer, l’exterminez. Aussi éclairés que des tau­pes, ils ne se ren­dent pas compte que le prob­lème n’est pas la haine, c’est la nature humaine. Surtout quand la nature humaine côtoie la richesse et la puissance.

Pourquoi les gens ont la haine ? C’est une émo­tion humaine naturelle, pas une sin­istre aber­ra­tion. Tout comme l’amour vient de la sat­is­fac­tion, la haine vient de la frus­tra­tion. La haine est aussi utile que l’amour, et elle fonc­tionne car­ré­ment plus sou­vent. Le lan­gage de la haine est générale­ment plus hon­nête que le lan­gage de l’amour, et il est tou­jours meilleur que le double-langage. Cer­taines choses sem­blent dignes de haine. Les gens détes­tent qu’on leur raconte des men­songes, surtout quand ils peu­vent mourir à cause de ces men­songes. Les gens ont la haine quand les autres sont indif­férents à leurs sit­u­a­tions. Les gens haïssent quand ils se ren­dent compte qu’on les vole et qu’ils ne peu­vent rien faire pour arrêter ça.

La HAINE vient de l’impuissance, alors que le MÉPRIS — le genre d’émotion que les yogis pom­peux des médias éprou­vent envers le monde ethno-géo-idéologique des ploucs — est le plus sou­vent réservé aux classes aisées. Les pau­vres haïssent, pen­dant que les riches méprisent. Les puis­sants ont tou­jours con­sid­éré ceux sans pou­voir avec un mépris dédaigneux qui pour­rait très juste­ment être con­sid­éré comme de la haine. Ils ne sont donc pas en mesure d’agir à pro­pos d’un soi-disant dis­cours de haine. Com­ment pouvez-vous pro­tester con­tre votre oppres­sion (perçue ou réelle) et en par­ler de façon douce et mesurée ? La parole la PLUS impor­tante à pro­téger est celle de la haine, car elle con­tient sou­vent des vérités dés­espérées qui perdraient leur urgence si elles étaient exprimées calme­ment. La plu­part des révo­lu­tions à tra­vers l’Histoire pour­raient dif­fi­cile­ment être qual­i­fiés d’actes d’amour.

Vous savez ce que je con­sid­ère comme du dis­cours de haine ? Les mots ou expres­sions qui sont de dan­gereuses impos­tures, tels que “tirs amis “. Ça, c’est haineux pour moi. “Paix avec hon­neur”. Dom­mages col­latéraux. Pro­grammes de paci­fi­ca­tion. Actions de main­tien de la paix. Sécu­rité nationale. Intérêts vitaux. Men­songes éhon­tés qui tuent des gens. (…)

Le gou­verne­ment n’a jamais hésité à infecter les Améri­cains avec des dis­cours de haine à chaque fois que les “intérêts vitaux” étaient en jeu quelque part de l’autre côté de la planète. Mon frère n’avait jamais ren­con­tré de Viet­namien jusqu’à ce que le gou­verne­ment fédéral le munisse d’un M16 et lui dise d’aller en assas­siner. Quand il est ren­tré et nous a dit à quel point il voulait “tuer des niaks”, ce n’était pas le KKK qui lui avait mis cette idée dans le crâne, mais des officiers de l’Armée. À l’âge de six ou sept ans, je me sou­viens avoir vu “Les Bérets verts” avec John Wayne, con­va­incu de la mis­sion méri­toire de l’Amérique au Viet­nam. Ai-je été influ­encé par le dis­cours de haine ? Probablement.

Peut-être qu’ils lavent le cerveau de tout le monde pour nous pousser à nous aimer les uns les autres parce qu’ils se ren­dent compte qu’on se bat­trait tous pour le même bout de pain.»

The Red­neck Man­i­festo, Jim Goad, 1997.
Légende : The Candy Snatch­ers, Guer­don True­blood, 1973.

 

America’s first hate-speech law was 1798’s Sedi­tion Act. Barely twenty years after the Dec­la­ra­tion of Inde­pen­dence advo­cated over­throw­ing the British gov­ern­ment by force, the United States made it a crime to advo­cate over­throw­ing the gov­ern­ment by force. Meet the new boss, same as the old boss. It became a pun­ish­able offense to say or pub­lish things that could “excite pop­u­lar hatreds” against gov­ern­ment offi­cials. So maybe all this chest-thumping about “hate speech” has less to do with racism than it has to do with crit­i­cism of gov­ern­ment. That’s the hate-speech uproar deconstructed.

So now hatred is the enemy that the experts fear. Like all objects of fear, it’s some­thing they don’t under­stand. The prob­lem with most “experts” on hate is that they seem truly bewil­dered as to what causes peo­ple to hate. They’re aware that hate sur­rounds them, but they don’t know why. They don’t appear to be peo­ple who’ve ever had much legit­i­mate cause to feel burn­ing, frus­trated hatred in their lives. Peo­ple in North­ern Ire­land know what it’s like to hate. Blacks in Amer­ica know the feel­ing. But the experts scratch their heads and ask for more fed­eral grant money to solve the problem.

Some of them actu­ally want us to spend mil­lions of dol­lars to research what causes human hate. They implore you to fight the hate. They want you to kill it, squash it, suf­fo­cate it, exter­mi­nate it. Blind as bats, they entirely miss the point that the prob­lem isn’t hate, it’s human nature. Espe­cially when human nature rubs elbows with wealth and power.

Why do peo­ple hate? It’s a nat­ural human emo­tion, not some sin­is­ter aber­ra­tion. Just as love comes from sat­is­fac­tion, hate comes from frus­tra­tion. Hate is as use­ful as love, and it often works a hell of a lot quicker. Hate­s­peak is usu­ally more hon­est than loves­peak, and it’s always bet­ter than dou­ble­s­peak.
Some things seem wor­thy of hate. Peo­ple hate being told lies, espe­cially when they might die because of those lies. Peo­ple hate when oth­ers are indif­fer­ent to their sit­u­a­tion. Peo­ple hate when they real­ize they’re being robbed and can do noth­ing to stop it.

HATRED comes from pow­er­less­ness, whereas DISDAIN-the sort that high­fa­lutin media yogis show for the red­neck rabble-rousers’ ethno-geo-ideological world-is more often reserved to the cushier classes. Poor peo­ple hate, while the afflu­ent show dis­dain. The pow­er­ful have always regarded the pow­er­less with a super­cil­ious con­tempt that could very rightly be called hate. So they’re in no posi­tion to act holy about so-called hate speech.
How can you protest your oppres­sion (per­ceived or actual) and sound lovey-dovey about it? The MOST impor­tant type of speech to pro­tect is hate speech, because it often con­tains des­per­ate truths that would lose their urgency if expressed calmly. Most rev­o­lu­tions through­out his­tory could hardly be called acts of love.

You know what I con­sider hate speech? Words or phrases that are dan­ger­ous false­hoods, such as “friendly fire.” That’s hate­ful to me. Peace with honor. Col­lat­eral dam­age. Paci­fi­ca­tion pro­grams. Peace­keep­ing actions. National secu­rity. Vital inter­ests. Bald-faced lies that get peo­ple killed.

When D.C. pow­er­mon­gers accuse Mon­tana pitchfork-bearers of ter­ror­ism and make a gar­ish media parade of it, they should really wipe their own dirty asses first. When gov­ern­ment PR-puppies wag fin­gers and preach that “with free speech comes respon­si­bil­ity,” they should check their own words.

The gov­ern­ment never flinched from infect­ing Amer­i­cans with hate speech when­ever “vital inter­ests” were at stake some­where on the other side of the planet. My brother had never met a Viet­namese per­son until the feds armed him with an M16 and told him to go mur­der them. When he came home on fur­lough and talked about how he wanted to “kill gooks,” it wasn’t the Klan who put that idea in his head, it was his Army offi­cers. At six or seven years old, I remem­ber see­ing The Green Berets with John Wayne and being con­vinced of America’s mer­i­to­ri­ous mis­sion in Viet­nam. Was I influ­enced by hate speech? Probably.

Maybe they’re brain­wash­ing every­one to love each other because they real­ize we’ll all be fight­ing over the same loaf of bread.

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