Le froid et le cruel

« Souviens-toi bien de ce que je vais te dire main­tenant: ne sois jamais sûr de la femme que tu aimes, car la nature de la femme recèle plus de périls que tu ne peux le croire. Les femmes ne sont ni aussi bonnes que les font leurs admi­ra­teurs et leurs défenseurs, ni aussi mau­vaises que les font leurs détracteurs. Le car­ac­tère de la femme n’est qu’un manque de car­ac­tère. La meilleure femme peut momen­tané­ment som­brer dans la boue, et la pire peut inopiné­ment s’élever à de grandes et bonnes actions, con­fon­dant ainsi ses con­temp­teurs. Toute femme, bonne ou mau­vaise, est capa­ble à chaque instant d’avoir les les pen­sées, les actions et les sen­ti­ments les plus dia­boliques comme les plus divins, les plus sor­dides comme les plus purs. La femme, mal­gré tous les pro­grès de la civil­i­sa­tion, est restée telle qu’elle est sor­tie des mains de la nature, elle est comme les bêtes sauvages, elle peut se mon­trer fidèle ou infidèle, bien­veil­lante ou cru­elle, selon les sen­ti­ments qui la domi­nent. Seule une cul­ture sérieuse et appro­fondie peut engen­drer un car­ac­tère moral; l’homme, même égoïste ou méchant, obéit à des principes quand la femme n’obéit qu’à ses sen­ti­ments. N’oublies jamais cela, et ne sois jamais sûr de la femme que tu aimes. »

La vénus à la four­rure (Venus im Pelz), Leopold von Sacher-Masoch, 1870.
Légende: Fem­ina ridens, Piero Schivazappa, 1969.

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