Peau de tatouages

« Un livre ne suf­fi­rait pas à racon­ter les «extrav­a­gances crim­inelles» de la femme du com­man­dant de Buchen­wald, Ilse Koch. […] l’ancienne dactylo d’une fab­rique de cig­a­rettes était pas­sion­née par les tatouages et les infir­miers devaient lui sig­naler tous les déportés dont le corps s’ornait de por­traits, d’inscriptions ou de «scènes artis­tiques». La Kom­man­deuse exam­i­nait le tatouage; si elle esti­mait qu’il devait fig­urer dans sa col­lec­tion, elle con­fi­ait le déporté à son Kapo favori, Karl Beigs. Le bon Karl piquait alors le «tableau vivant». Les déportés des ser­vices pathologiques prél­e­vaient le tatouage, le tan­naient et l’offraient à la Kom­man­deuse. Un médecin SS Muller, sug­géra au jeune doc­teur Wag­ner de pré­parer une thèse sur les tatouages. Wag­ner sans chercher à savoir d’où prove­naient les peaux se mit à l’ouvrage.

Le «médecin-directeur» des camps, le colonel SS Lolling, encour­agea ses travaux, lui demanda de pren­dre en con­sid­éra­tion le grain, l’épaisseur de la peau. Il récla­mait sou­vent des spéci­mens pour «épa­ter» ses amis. La Kom­man­deuse se fit pré­parer une «grande sur­face» pour équiper l’abat-jour du bureau de son mari. Le sup­port était un fémur. Mme Koch eut trois paires de gants en peau tatouée… La col­lec­tion devint indus­trie. On pré­para des jaque­ttes de livres, des étuis de canif et de poudri­ers. Les Améri­cains en libérant le camp au mois d’avril 1945 décou­vrirent une autre col­lec­tion: des têtes réduites à la manière Jivaro. Des têtes de la grosseur d’un poing avec mous­taches et longue chevelure. Les deux plus «réussies» présen­tées sur socle d’ébène avaient appartenu à deux Polon­ais qui entrete­naient des rela­tions «dégradantes» avec des citoyennes alle­man­des. Les coupeurs de tête de Buchen­wald réduisirent et nat­u­ral­isèrent «à la per­fec­tion» plusieurs dizaines de «types dif­férents». Du vrai tra­vail de sor­cier d’Amazonie. La recette avait été com­mu­niquée par les spé­cial­istes de l’Ahnenerbe à la demande du médecin-colonel SS Lolling. »

Les médecins mau­dits, Chris­t­ian Bernadac, 1967.
Légende: Deranged, Jeff Gillen, 1974.

LACHER UN COM

Current month ye@r day *