Proférations Cyniques

« Quelle obsti­na­tion dans cette volonté d’engendrer.
Ils veu­lent des fils !
Ils veu­lent que leurs fils con­tin­u­ent leurs œuvres inutiles !
Ils veu­lent que leurs fils domi­nent les autres,
avec le même acharne­ment
qu’ils ont mis eux-mêmes à se faire haïr !
Ils veu­lent que leurs fils leur ressem­blent,
mais se sont-ils jamais regardés dans une glace ?
Tous ces jolis bam­bins qui babil­lent dans leur pous­sette…
Peu de chance qu’ils soient demain des Mozart,
mais plutôt des porcs qui n’auront de cesse
que d’écraser leurs pro­pres frères.
De drôles de citoyens qui lais­sent sans ver­gogne
leur chien salir les trot­toirs…
Qui lais­sent traîner leurs canettes de bière n’importe où.
Qui sèment cen­dres et mégots sur leur pas­sage .
Qui imprèg­nent sans ver­gogne les bancs publics
de la crotte de leurs souliers.
Des débiles que rien n’amuse plus
que de faire du tapage la nuit sous vos fenêtres…
Tout cela est certes bien dérisoire,
mais si révéla­teur de l’hommerie :
Dés­in­vol­ture, irre­spon­s­abil­ité, mépris des autres…
Avec l’homme, le pire est tou­jours sûr…
Plus il est sale, mal élevé, igno­rant,
plus il engen­dre, plus il pul­lule.
Riche, pro­pre sur lui et bien élevé,
il pol­lue comme dix mille pau­vres.
Pour croire encore en l’homme,
il faut avoir quelque chose à lui ven­dre…
Ou à lui prendre… »

Proféra­tions cyniques, Philippe Annaba, 2008.
Légende: Priv­i­lege, Peter Watkins, 1967.

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