« Dans la période où se déroule le roman, Patrick Bateman appartenait déjà au 1 % qui n’avait pas encore été nommé ainsi, comme il en ferait partie aujourd’hui. Mais vivrait-il ailleurs, avec des intérêts différents ? Est-ce que les progrès de l’expertise médico-légale – pour ne pas mentionner les caméras de Big Brother virtuellement à chaque coin de rue – l’empêcheraient de se tirer sans dommage des meurtres qu’il confesse avoir commis au lecteur, ou bien l’expression de sa rage prendrait-elle une autre forme ? Hanterait-il les réseaux sociaux en tant que troll utilisant des fausses identités ? Aurait-il un compte Twitter pour se vanter de ce qu’il a accompli ? Présenterait-il sur Instagram sa richesse, ses abdominaux, ses victimes potentielles ?
Co-fondateur du magazine Gasface qui a régné en riant sur la décennie 2000, co-réalisateur et co-scénariste pour Arte (New-York Minute, Helltrain) ou Dailymotion (Lookin4Galt), Mathieu Rochet a signé son premier projet solo en 2019, Lost in Traplanta, une plongée à la fois real et drôle au cœur de la nouvelle capitale du rap. Il y a quelques semaines, on s’est posé ensemble pour passer sa vie en revue (et surtout caler sa tête dans le Red Bulletin), de ses débuts vandales à Lyon à son pèlerinage à Atlanta en passant par Londres, New-York, la Suisse, les scandales, Madlib et David Ginola.
« Les géants de l’industrie de l’entertainment américain viennent souvent des finances, des banques, fréquemment de la télévision ou des agences de talents, parfois du cinéma, presque jamais de l’industrie du disque. Sauf David Geffen.
Avec Motown, Berry Gordy a su vendre la pop music aux teenagers blancs, en rendant la musique noire « hip ». David Geffen va faire mieux : il va rendre le rock « soft » et la pop « cool ». Ce passage du « hip » au « cool » est un tournant important pour l’entertainment.
Si Berry Gordy est né noir, David Geffen est né pauvre. « En Amérique, la plupart des riches ont commencé par être pauvres », explique Tocqueville, en une formule célèbre. Issu d’une famille juive européenne émigrée de Tel-Aviv (alors encore en Palestine), Geffen a grandi dans les années 1940 dans le quartier juif de Brooklyn à New York. Autodidacte, il n’a jamais fini ses études universitaires, même s’il s’invente un diplôme de UCLA, l’université publique de Californie, pour obtenir un premier job à vingt ans chez l’une des « talent agencies » d’Hollywood, William Morris. Il commence à distribuer le courrier dans les bureaux et observe les gens parler au téléphone. « Je les écoutais parler et je me suis dit : je peux faire ça moi aussi. Parler au téléphone. »
’71 (2014, Yann Demange) A Most Violent Year (2015, J.C. Chandor) A.C.A.B. (2012, Stefano Sollima) Bacurau (2019, Kleber Mendonça Filho) Bullhead (2011, Michaël R. Roskam) Dallas Buyers Club (2014, J.M. Vallée) Der Hauptmann (2018, Robert Schwenke) Dragged Across Concrete (S. Craig Zahler) Everybody Wants Some (Richard Linklater) First Reformed (2018, Paul Shrader)
Qui est Coppola en 1968, l’année où
est tourné The Rain People ? C’est déjà un cerveau qui
déborde. En 1962, poursuivant un cursus cinéma à l’UCLA, il en
profite pour réaliser des petits films d’horreur et un western
softcore inititulé L’Ouest sauvage et nu. Sacré nom. Il
devient ensuite l’assistant du célèbre Roger Corman qui lui demande
d’abord de recouper des films étrangers pour les USA, avant de le
laisser diriger son premier long-métrage d’horreur, le culte
Dementia 13. Coppola va ensuite se débrouiller pour
s’installer durablement dans la profession, via notamment un job fixe
de scénariste pour le puissant Sevent Arts. Quelques scripts, un
teen movie et une comédie musicale ratée plus tard, Francis n’a pas
encore 30 ans et est déjà vacciné de son expérience avec les gros
studios. C’est dans ces circonstances que se tourne le premier film
100% Coppola (écrit, réalisé et produit par) : The Rain People,
dont son ami George Lucas tirera le documentaire Filmmaker.