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Ruben Östlund (2004–2017) : L’art du mälaise

GITARRMONGOT (2004)

Pre­mier film d’Östlund après sa péri­ode ski, The Gui­tar Mon­goloid ne raconte aucune his­toire. Son per­son­nage cen­tral, un joueur de gui­tare aux capac­ités psy­chomo­teurs lim­itées, mendie dans les rues de Göte­borg en livrant sa pro­pre ver­sion du “Lion est mort ce soir”. Le soir, il prend le tram en faisant des gros doigts à son père (son beau-père ? son grand-frère ? son pote ?) qui fait la même chose de ses journées et ils se retrou­vent dans la chaleur d’un foyer pour jouer à nou­veau mal de la gui­tare. A côté de ça, toute la Suède mon­goloïde nous est présen­tée en plan fixe, le dogme que Östlund ne fera que répéter et améliorer par la suite. Des adules­cents attardés jet­tent des vélos dans un port, les accrochent à des lam­padaires, les jet­tent d’un pont, les agressent non-stop, les haïssent du plus pro­fond de leur être… la Ligue de Défense des Vélos a cer­taine­ment dû être aba­sour­die par autant de vio­lence gra­tu­ite. D’autres, plus vieux, et encore plus débiles, jouent à la roulette russe. D’autres très jeunes se lan­cent dans un con­cours de ‘sieg heil’ rythmé en salle de gym. Deux shit­heads se fil­ment ten­tant de se briser une bouteille de bière sur le crâne (dédi­cace chau­vine au sweat Royal Wear et au mail­lot Zidane). Des motards se bas­ton­nent pour une rayure. Des skaters se shootent à l’hélium. Une voiture devient folle sur un park­ing. Une vieille dame déjà folle parle aux portes. Et ainsi de suite. La Suède de 2004 dans toute sa débil­ité et son non-sens et aucune influ­ence à revendi­quer. Même pas celle d’Harmony Korine. A la lim­ite, celle du Norvégien Roy Ander­s­son. Le plan final est d’ailleurs très beau dans sa laideur : le garçon assem­ble des dizaines de sacs poubelle ensem­ble, les gon­fle et les fait s’envoler dans le ciel. Les pas­sants s’arrêtent pour admirer cette poubelle géante dom­i­nant la ville.
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LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES (2017)

Sur le papier, j’étais la cible priv­ilégiée du troisième et dernier long-métrage du cou­ple Hélène Cat­tet et Bruno Forzani. Déjà, c’est une adap­ta­tion d’un roman de Jean-Patrick Manchette et Dieu sait que c’est touchy. Les dernières en France remon­tent à l’ère de la Série Noire et du POLAR80, a l’époque où Alain Delon don­nait l’impression d’avoir racheté le back cat­a­logue de l’écrivain. Elles étaient toutes plus ou moins ratées, et jamais aussi pes­simistes et nihilistes que le matériau de base. En 2015, La Posi­tion du tireur couché a été de nou­veau adap­tée, par un cer­tain Pierre Morel, avec Sean Penn et Idris Elba (ouais ouais). Je n’ai pas vu ce Gun­man, mais je ne crois pas avoir loupé grand-chose. Bref, Lais­sez bronzer les cadavres !, pre­mier roman de Manchette (et Jean-Pierre Bastid), récit ultra-précis, à la fois ensoleillé et glacial, d’un hold-up et du siège qui s’en suit chez une pein­tre et ses “amis”, a longtemps été con­sid­érée inadapt­able jusqu’à ce que les deux cinéastes franco-belges ne s’y col­lent. Après Amer et L’étrange couleur des larmes de ton corps, plutôt des “expéri­men­ta­tions” voire des “expéri­ences visuelles et sonores” que des films clas­siques, autant inspirés par le giallo que par la photo ou les arts plas­tiques : fans de polar, de west­ern et de vio­lence esthétisée attendaient ce pro­jet au tour­nant. LIRE LA SUITE

UNE VIE VIOLENTE (2017)

Non, Une vie vio­lente n’est pas une comédie roman­tique ou un film de mœurs français comme il en pleut tant, et comme pou­vait nous laisser présager l’affiche. Le mariage dont il est ques­tion ne prend d’ailleurs que quelques min­utes du film, et est juste là pour mon­trer que même dans les moments de pure allé­gresse, la Faucheuse n’est jamais loin et frappe qui elle veut, quand elle veut, et où elle veut, pour repren­dre un infameux flyer de l’OAS. Ici c’est pas l’Algérie mais la Corse, et le com­bat des mil­i­tants nation­al­istes du FLNC, défen­dant leur putain d’île con­tre la main-mise de l’État Français et la main noire de la Mafia, ne se fait évidem­ment pas sans casser quelques œufs et briser quelques vies. Guerre civile ? Pour eux oui. Cer­tains s’”engagent” par con­vic­tion, par tra­di­tion, d’autres pour les affaires, ou pour suivre les copains, mais tous se retrou­vent mouil­lés à un moment ou un autre et la marche arrière n’est plus pos­si­ble. LIRE LA SUITE

Février du cinéma français

- Greg a fondé une entre­prise nom­mée Alibi.com qui crée tout type d’alibi. Avec Augustin son asso­cié, et Medhi son nou­vel employé, il éla­bore des strat­a­gèmes et mises en scène impa­ra­bles pour cou­vrir leurs clients. Mais la ren­con­tre de Flo, une jolie blonde qui déteste les hommes qui mentent, va com­pli­quer la vie de Greg, qui com­mence par lui cacher la vraie nature de son activ­ité. Lors de la présen­ta­tion aux par­ents, Greg com­prend que Gérard, le père de Flo, est aussi un de leurs clients…

- Pour leur per­me­t­tre de mieux se con­naître, dix per­son­nes appelées à tra­vailler ensem­ble se prê­tent à un jeu de vérité par des questions-réponses. Petit à petit, cha­cun réalise que ce jeu leur échappe com­plète­ment…
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UGC Illimité 9

Le moins pire de l’année :

1. Every­body Wants Some!!, Lin­klater.
2. The Strangers, Na Hong-jin.
3. Dernier Train Pour Busan, Yeon Sang-ho.
4. The Invi­ta­tion, Karyn Kusama.
5. Bel­gica, Felix Van Groenin­gen.
6. Elle, Paul Ver­ho­even.
7. Irréprochable, Sébastien Marnier.
8. Green Room, Jeremy Saulnier.
9. Pre­mier Con­tact, Denis Vil­leneuve.
10. Mau­vaise Graine, Clau­dio Cali­gari.
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MADE IN FRANCE

UGC Illimité 8

Le moins pire de l’année :

1. Youth, Paolo Sor­rentino.
2. A Most Vio­lent Year, J.C. Chan­dor.
3. The Visit, M. Night Shya­malan.
4. Mad Max: Fury Road, George Miller.
5. Réal­ité, Quentin Dupieux.
6. Val­ley of Love, Guil­laume Nicloux.
7. Straight Outta Comp­ton, F. Gary Gray.
8. La Loi du marché, Stéphane Brizé.
9. Love And Mercy, Bill Pohlad.
10. Il est dif­fi­cile d’être un Dieu, Alexeï Guer­man.
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SOUS-SOLS (2015)

Un caveau trans­formé en stand de tir anti-Vatican II, un gyné­co­logue du plaisir roi de l’éjac’ toni­tu­rante, un mani­aque de trains minia­tures, une férue de sado-masochisme bénév­ole dans une asso lut­tant con­tre la vio­lence faite aux femmes, un chas­seur sachant chas­ser le singe, le cerf et l’antilope, un nos­tal­gique du 3ème Reich et grand ama­teur de trom­bone, une femme cali­nant chaque soir son bébé en plas­tique dis­simulé dans un car­ton, un veilleur de nuit réduit en esclavage la journée par sa femme moche et cru­elle, des jeunes aimant les aigu­illes, un fou­et­teur aussi petit que sympa, une femme ani­mée à l’idée de passer 10 heures à 4 pattes dans une cage… Voilà ce que vous pour­rez trou­ver dans les sous-sols les plus obscurs d’Autriche, ceux en tous cas qu’Ulrich Seild (Ani­mal Love, Import/Export) a choisi de filmer dans son dernier film, Im Keller, dans son style tou­jours aussi déprime et grinçant.

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UGC Illimité 7

Dernier UGC Illim­ité de l’année, ni masque ni plume mais sim­ple­ment d’horribles et cru­elles notes, car le com­men­taire cul­turel a assez duré.

10/10 — ’71, Yann Demange.
9/10 — Inter­stel­lar, Christo­pher Nolan.
8/10 — It Fol­lows, David Robert Mitchell.
7/10 — Enemy, Denis Vil­leneuve.
7/10 — Night Call, Dan Gilroy.
6/10 — Mange Tes Morts, Jean-Charles Hue.
5/10 — Under The Skin, Jonathan Glazer.
5/10 — Near Death Expe­ri­ence, Gus­tave Kervern et Benoît Delépine.
4/10 — Le Labyrinthe, Wes Ball.
3/10 — Fils De, HPG.
2/10 — White God, Kor­nel Mundruczó.
1/10 — Amer­i­can Night­mare 2 : Anar­chy, James DeMonaco.
0/10 — Annabelle, John R. Leonetti.
–1/10 — Eden, Mia Hansen-Løve.

Les précé­dents UGC Illimité :

UGC Illim­ité 1 (Hiver 2012)
UGC Illim­ité 2 (Hiver 2013)
UGC Illim­ité 3 (Print­emps 2013)
UGC Illim­ité 4 (Été 1973)
UGC Illim­ité 5 (Automne 2013)
UGC Illim­ité 5 (Print­emps 2014)

Étrange 2014

Du jeudi 4 au dimanche 14 sep­tem­bre aura lieu la 20ème édi­tion de l’Étrange Fes­ti­val, au Forum des Images de Paris. Plus d’une cen­taine de films seront dif­fusés et red­if­fusés pen­dant ces 10 jours. Voici les 15 plus salés à ne pas louper. (Le pro­gramme com­plet ici)

04/09
THE HUMAN TORNADO, Cliff Roque­more — 19h45

05/09
THE GO-GO BOYS, Hilla Medalla — 18h45

WHITE GOD, Kor­nel Mundrunczo — 19h30

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