TOUS LES ARTICLES FILMS 70′s

Le système Belmondo

« L’affiche de cinéma, par sa taille, joue le rôle d’une image choc. Véri­ta­ble carte vis­ite du film, elle en exprime le thème cen­tral avec une grande force répéti­tive. Elle offre un sup­port de choix pour l’exaltation des stars. Le “sys­tème Bel­mondo” l’utilise à fond : René Chateau investit 80 % du bud­get pro­fes­sion­nel du Mar­ginal dans 15 000 affiches tous cir­cuits con­fon­dus. Aux exploitants, il fait même dis­tribuer une mal­lette pub­lic­i­taire avec gamme de pro­duits (tire­lires, crayons, bri­quets…) à l’effigie de Belmondo.

Il est facile de repérer le développe­ment de la “mytholo­gie bel­mon­di­enne” ou d’autres stars à tra­vers ces affiches omniprésentes. Elles com­posent des vari­a­tions autour d’une icône famil­ière. L’effet de série est frap­pant : tou­jours en haut et en très gros car­ac­tères, le nom de l’acteur. Rien d’autre, car la mar­que se suf­fit à elle-même, tout le monde sait de quoi on parle. En dessous, une photo ou plus sou­vent un dessin, très réal­iste, cadre ce héros, en pied (ou plus rarement en gros plan). La men­tion “BELMONDO” asso­ciée à cette image con­stitue la mar­que de fab­rique, le logo de l’acteur. Le vrai titre, en bas de l’affiche, n’est qu’une décli­nai­son du con­cept, qu’il s’épuise à définir sans jamais y par­venir tout à fait : “Voyou”, “Incor­ri­gi­ble”, “Mag­nifique”, “Pro­fes­sion­nel”, “Mar­ginal”, etc. Sans rap­port avec l’intrigue, le titre est ce que les pub­lic­i­taires appel­lent la “promesse pro­duit” : on nous promet que Bel­mondo sera fidèle au car­ac­tère établi. LIRE LA SUITE

BORN FOR HELL (1976)

Un vétéran du Viet­nam se retrouve perdu en Irlande du Nord en pleine guerre civile. Pourquoi, com­ment ? Ce n’est pas le prob­lème. Son seul objec­tif : ren­trer en Amérique et échap­per aux bombes et aux rafales de mitrailleuse. Seule­ment Cain Adam­son n’est pas un sol­dat comme les autres, la mort ne lui fait évidem­ment plus peur (il allume une clope sur un macch­a­bée dès la pre­mière scène de tuerie à l’église) pur ne pas dire qu’elle l’excite. Il a choisi de se tatouer sa devise sur le bras : “born for hell”. Une assem­blée d’étudiantes infir­mières (com­prenant au pas­sage Car­ole Laure et Chris­tine Bois­son) logeant dans la même mai­son va mal­heureuse­ment en faire les frais. Comme si les affron­te­ments sanglants entre catholiques et protes­tants ne suff­i­saient pas, elles vont con­naître l’enfer, pen­dant une nuit entière. Huit ans avant Com­bat Shock, ce film extrême­ment cru du Québé­cois Denis Héroux (égale­ment nommé Naked Mas­sacre) a été tourné à Belfast, Dublin et Ham­bourg et s’inspire du tueur améri­cain qui tor­tura huit infir­mières à Chicago lors d’une nuit de juil­let 1966. Âmes sen­si­bles, circulez !

Panique à Bruxelles

La Croix et le Poignard (1970)

Police Connection

THE BLACK PANTHER (1977)

Entre 1971 et 1974, Don­ald Neil­son a mené une incroy­able dou­ble vie. Après avoir quitté l’armée et échoué dans dif­férents busi­ness (tax­i­man, bâti­ment), celui que toute l’Angleterre a surnommé “La Pan­thère Noire” a alors décidé de dédier son exis­tence au crime. Par­courant les plaines humides du York­shire à bord de sa Jeep, il étab­lis­sait des plans de bataille dignes d’un com­mando ; repérage, marches noc­turnes, camp­ing; tout ça pour atta­quer des bureaux de poste. Ne riez pas, la haine de La Poste est à ce point vivace outre-Manche. Seule­ment, au bout de 3 ans, au fur et à mesure que sa fameuse cagoule noire l’empêchait de respirer, il s’est mis à buter ceux qui le gênaient. LIRE LA SUITE

Jacques Rouffio : Du sucre sur le dos

Après que le Rideau de Fer soit tombé, les rideaux des ciné­mas ne se sont plus jamais rou­verts pour les films de Jacques Rouf­fio. L’Orchestre Rouge est son dernier long-métrage sorti en salles, il y a 27 ans, dénon­ci­a­tion du nazisme et du bolchevisme adap­tée de Gilles Per­ault et pré­fig­u­rant la chute de l’empire sovié­tique. Il ne tourn­era ensuite que pour la télévi­sion des adap­ta­tions de romans, un cycle entamé en 1988 avec L’Argent de Zola, Le Roman de Charles Pathé en 1995 ou plus récem­ment Mau­pas­sant pour la 2. Alors, pourquoi Rouf­fio ne tour­nait plus ? Il aura fallu atten­dre fin 2012 pour qu’un fes­ti­val de cinéma lui rende enfin hom­mage, les Feux Croisés dans le Fin­istère. Il était temps, Rouf­fio nous a quitté le 8 juil­let dernier, après une longue con­va­les­cence dans le 13ème arrondisse­ment de Paris. Rouf­fio n’a pas été qu’un témoin de la car­rière de Romy Schnei­der (il appa­raît dans 3 doc­u­men­taires sur elle) qu’il dirigea dans le dernier film de l’actrice La Pas­sante du Sans-Soucis (adap­ta­tion de Joseph Kessel). Quoiqu’en pense la cri­tique et Pre­mière, je cite: “Les films qu’il a tournés après 1975 l’ont remis à sa juste place: celle d’un arti­san à la main par­fois lourde”, sa main lourde aurait très bien pu tomber à nou­veau sur quelques têtes molles ! Ses quelques films vir­u­lents et vision­naires, à l’instar d’un Yves Bois­set, raison­nent encore dans le monde d’aujourd’hui. Et plus par­ti­c­ulière­ment sa triplette des années 70, ère de la comédie cinglante, com­posée de Sept Morts sur Ordon­nance, Vio­lette & François et Le Sucre. LIRE LA SUITE

IL TEMPO DEGLI ASSASSINI (1975)

Aussi connu sous le titre La Bagarre du Samedi soir, ce film de Mar­cello Andrei (égale­ment auteur de Viol à l’italienne en 1963, ça ne s’invente pas) est l’apothéose du film crim­inel ital­ien des années 70 con­tant le quo­ti­dien de jeunes réu­nis en gangs semant le trou­ble à l’ordre pub­lic et arbo­rant des t-shirts hor­ri­ble­ment pas­tel. Ultra­vi­o­lence, loi du flinguot, absence totale de morale, con­flit de généra­tions, glaces une boule, viols, agres­sions, déra­pages, braquages, misog­y­nie exac­er­bée, tirades mis­an­thropes en veux-tu en voilà, le tout sub­limé par la muse d’Andy Warhol, Joe Dal­lessan­dro, qui s’éloigne pour la pre­mière fois de la Fac­tory pour un shot de réal­isme au pays (quelques années avant de s’échouer chez Cather­ine Breil­lat). C’est peut-être le poliziotteschi des poliziotteschi, Mag­ali Noël et Mar­tin Bal­sam en prime, là où le côté car­toon finit par s’effacer pour laisser place à un con­stat froid et sans con­ces­sion : la vie c’est de la merde, et à la fin, on meure. LIRE LA SUITE

Le Cri

Paris Jadis