TOUS LES ARTICLES BIOGRAPHIE

Classic.

« J’ai vu Rintintin à la télévision et je me suis dit que si un chien arrive à le faire, il n’y a pas de raison que je n’y arrive pas. »

« J’aime bien tourner dans des westerns parce qu’au moins les chevaux n’oublient pas leur texte donc on termine à l’heure et je peux aller à la cantine plus vite. »

« Pour moi, l’essentiel c’est que je rentre dans le plan sans rien renverser, puis j’en ressors. »

« Si on m’engage sur un film, je ferme les yeux, on peut me peindre les yeux sur mes paupières et je le joue. »

Robert Mitchum par André Wilms, SoFilm #67, 2019.

A heavenly dose of reality

« I loved how the Smiths cnnected with their audience and I enjoyed watching their emergence. One reason for my delight was the way they challenged the mainstream version of what great pop music was. To me, they seemed like the antithesis of the likes of Duran Duran. As in every era, episodes of Top of the pops featured a mix of music and you’d occasionally get a real gem, perhaps two, but generally in the early 1980s, the producers and the presenters turned each episode into a headless, over-lit and cheesy office party. In this context, when the Smiths were on the show performing ‘This Charming Man’ or ‘What Difference Does It Make ?’ they were like gatecrashers from another planet, bringing with them a heavenly dose of reality.

When I interviewed John Taylor of Duran Duran, I told him all this, even though I felt a big mean doing so. I did know that when he was a teenager in the 1970s, he’d liked a lot of the same music Morrissey and Marr had, including Bowie and Mick Ronson, of course, but their tastes and their bands had diverged. I told him that every time I got a glimpse of a Duran Duran video, with the band and a load of half-dressed women all aboard a yacht in the Indian Ocean or whatever, in an era of rising youth unemployment and the miners’ strike, I just couldn’t cope. It was a weird juxtaposition. I told him there’s a lot I like about Duran Duran now, but back then we needed the Smiths. John was very understanding and very gentlemanly about it; ‘I know, Dave. I appreciate what you’re saying. »

Sonic Youth Slept On My Floor, Dave Haslam, 2018.

Plus de Dave Haslam ici.

Le système Belmondo

« L’affiche de cinéma, par sa taille, joue le rôle d’une image choc. Véritable carte visite du film, elle en exprime le thème central avec une grande force répétitive. Elle offre un support de choix pour l’exaltation des stars. Le « système Belmondo » l’utilise à fond : René Chateau investit 80 % du budget professionnel du Marginal dans 15 000 affiches tous circuits confondus. Aux exploitants, il fait même distribuer une mallette publicitaire avec gamme de produits (tirelires, crayons, briquets…) à l’effigie de Belmondo.

Il est facile de repérer le développement de la « mythologie belmondienne » ou d’autres stars à travers ces affiches omniprésentes. Elles composent des variations autour d’une icône familière. L’effet de série est frappant : toujours en haut et en très gros caractères, le nom de l’acteur. Rien d’autre, car la marque se suffit à elle-même, tout le monde sait de quoi on parle. En dessous, une photo ou plus souvent un dessin, très réaliste, cadre ce héros, en pied (ou plus rarement en gros plan). La mention « BELMONDO » associée à cette image constitue la marque de fabrique, le logo de l’acteur. Le vrai titre, en bas de l’affiche, n’est qu’une déclinaison du concept, qu’il s’épuise à définir sans jamais y parvenir tout à fait : « Voyou », « Incorrigible », « Magnifique », « Professionnel », « Marginal », etc. Sans rapport avec l’intrigue, le titre est ce que les publicitaires appellent la « promesse produit » : on nous promet que Belmondo sera fidèle au caractère établi. LIRE LA SUITE

Un bon flic est un flic con

« Tout est fait pour éviter aux gens de se faire agresser dans la rue, mais être ainsi jeté dans la précarité sans espoir de retrouver un emploi – et une place dans la cité – est bien plus terrible que de prendre un coup de poing dans la gueule. Dans ce domaine, oui : je trouve notre société d’une violence insupportable.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas : les flics sont des auxiliaires de justice, pas de morale. La frontière entre le bien et le mal est bien trop ténue, poreuse ou élastique pour que je sois capable d’être catégorique dans ce domaine. Et les poulets ne sont pas des saints, je le sais bien. Certes, la finalité de leur action est bonne, mais les méthodes pour y parvenir sont parfois borderline. Néanmoins, la situation aujourd’hui est plus clean qu’elle ne le fut. Pourquoi ? Parce que, selon moi, les flics sont moins audacieux, je n’ose dire moins courageux.

En effet, les officiers de police ne sont plus recrutés en fonction de leur motivation mais de leur niveau d’instruction. La culture générale, qui ne sert à rien pour être un bon flic sur le terrain, est ainsi devenue une épreuve essentielle pour être admis dans l’encadrement policier. Conséquence : les 30 ou 40 candidats retenus parmi 4000 postulants seront cultivés, mais ça ne garantit pas – à mes yeux – que ce seront de bons flics. »

Des deux côtés du miroir : itinéraire d’un flic pas comme les autres, Jean-Marc Bloch, 2015.
Légende : Parole de flic, 1985

US Go Home !

« A partir de 1950, cent mille soldats américains ont stationné entre Bordeaux, La Rochelle, Saint-Nazaire, Poitiers, Châteauroux, Chinon, jusqu’à Fontainebleau, Reims, Verdun. Orléans était le centre stratégique chargé de l’approvisionnement et de la gestion en hommes et matériels du SHAPE en Europe. Aux camps de Maison-Fort et de Harbord-Barracks à Olivet, deux hôpitaux de mille lits chacun étaient prêts pour accueillir les blessés d’une troisième guerre mondiale imminente. Au camp La Forêt près de Fleury-les-Aubrais se trouvaient les écoles pour les mille cinq cents kids transportés chaque jour en school bus matin et soir ; ce camp abritait aussi une laverie-blanchisserie et une boulangerie industrielle fabriquant le pain de mie et aux raisins pour les quinze mille Américains de la zone, civils, épouses et enfants compris. Ils avaient leurs terrains de base-ball et de football américain, leurs lieux de culte, leurs cinémas qui passaient des films avant Paris – chaque jour deux séances, un film différent – et leurs bowlings, bibliothèques, agences de voyages, golfs pour officiers. Tout était fait pour qu’ils ne se sentent pas dépaysés dans une ville de soixante mille habitants – un peu complexés par ces « Ricains » modernes, mobiles, organisés et puissants. LIRE LA SUITE

Jacques Rouffio : Du sucre sur le dos

Après que le Rideau de Fer soit tombé, les rideaux des cinémas ne se sont plus jamais rouverts pour les films de Jacques Rouffio. L’Orchestre Rouge est son dernier long-métrage sorti en salles, il y a 27 ans, dénonciation du nazisme et du bolchevisme adaptée de Gilles Perault et préfigurant la chute de l’empire soviétique. Il ne tournera ensuite que pour la télévision des adaptations de romans, un cycle entamé en 1988 avec L’Argent de Zola, Le Roman de Charles Pathé en 1995 ou plus récemment Maupassant pour la 2. Alors, pourquoi Rouffio ne tournait plus ? Il aura fallu attendre fin 2012 pour qu’un festival de cinéma lui rende enfin hommage, les Feux Croisés dans le Finistère. Il était temps, Rouffio nous a quitté le 8 juillet dernier, après une longue convalescence dans le 13ème arrondissement de Paris. Rouffio n’a pas été qu’un témoin de la carrière de Romy Schneider (il apparaît dans 3 documentaires sur elle) qu’il dirigea dans le dernier film de l’actrice La Passante du Sans-Soucis (adaptation de Joseph Kessel). Quoiqu’en pense la critique et Première, je cite: « Les films qu’il a tournés après 1975 l’ont remis à sa juste place: celle d’un artisan à la main parfois lourde », sa main lourde aurait très bien pu tomber à nouveau sur quelques têtes molles ! Ses quelques films virulents et visionnaires, à l’instar d’un Yves Boisset, raisonnent encore dans le monde d’aujourd’hui. Et plus particulièrement sa triplette des années 70, ère de la comédie cinglante, composée de Sept Morts sur Ordonnance, Violette & François et Le Sucre. LIRE LA SUITE

Comment ça va mes glandus ?

Où vous apprendrez pourquoi Philippe Noiret était l’acteur le mieux sapé de sa génération, l’origine des insultes « glandu » et « branquignol », que Bertrand Tavernier peut être sympa quand y veut, combien d’heures dormait Carlos pendant ses tournées et à quelle distance de sa tête Claude François voulait que le siège de son auto soit réglé, comment l’affichiste Bernard Villemot a transformé la marque Orangina, à quel point l’incarcération type « Midnight Express » de Pierre Clémenti a mis un coup à sa carrière, que Philippe Muray écrivait des romans de la série « Brigade Mondaine » pour arrondir ses fins de mois, comment Isabelle Adjani a accepté son rôle dans le mythique « Clara & les Chic Types » ou encore à quel point Michel Delpech en était justement un, de chic type. Schnock, la dernière revue où l’on apprend des trucs ?

L’Art de Mosher

New York, avant la découverte de la mosh.

WALTER SCHREIFELS (Youth Of Today, Warzone, Gorilla Biscuits, Project X, Supertouch, Quicksand) : Il y avait une certaine dose de confiance en soi à New-York, qui pouvait être confondue avec du machisme, mais c’est tout simplement que le hardcore de New York avait les meilleures mosh parts possibles. Personne ne jouait des parties dansantes aussi bonnes qu’à New York.

ALEXA POLI-SCHEIGERT (Scenester) : On avait des breaks brutaux, et ça rendait la danse encore plus dure. C’était différent. Ce n’était pas juste du thrash rapide comme à Boston.

WALTER SCHREIFELS : Les gens moshaient plus qu’ailleurs. Le CBGB était comme le Madison Square Garden de la mosh. A New York, tu n’avais même pas besoin de chanter dans un groupe. Tu pouvais juste être bon dans le pit pour te faire aimer et respecter.

RAY CAPPO (Violent Children, Youth Of Today, Shelter) : D’ailleurs, ‘mosh’ était un mot uniquement utilisé à New York. Les gens de l’extérieur ne pouvaient même pas savoir de quoi on parlait.
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Alain Delon & Alain Delon

« Distinguer dans la filmographie d’Alain Delon ce qui relève du cinéma commercial et ce qui appartient au cinéma d’auteur ne permet pas, dans un premier temps, de comprendre le cas unique d’un acteur dont les caractéristiques procèdent davantage du donné que du construit. Il s’agit plutôt de constater, à la vision de ses films, tous genre confondus, la présence d’un pouvoir unique, d’une force, d’un magnétisme qui transcende le plus banal polar et auxquels s’est ajusté le regard des grands cinéastes. Il n’y a rien dans le jeu de Delon qui s’apparente au paradoxe du comédien, pas plus qu’à l’idée, issue de la Méthode, selon laquelle il faut vivre ses rôles. On pourrait dire, bien davantage, que ce sont ses rôles qui le vivent. Ses films sont d’abord des documentaires sur Delon. (…) LIRE LA SUITE

Le temps passe et les têtes tombent

« C’est comme ça que Batou a récolté deux têtes, un doublé assez rare. Elles constituent deux beaux trophées, qui sentent encore. Les premiers jours, je me demande comment le village a pu résister à une pareille puanteur. Je prends deux photos. Malheureusement je ne dispose pas de flash, et c’est sous la lumière de pauvres chandelles que je tire en pose, appuyé contre un poteau. L’une des têtes portent encore des cheveux, et des centaines de vers blancs batifolent sur les lèvres qui pendent, oh combien bas… Pas folichon, et quelle réunion de mouches ! Drôles de mœurs décidément. Enfin, ça les regarde. Qu’ils coupent les têtes qu’ils veulent, du moment que ce n’est pas la mienne, mais qu’ils n’empestent pas tout le village. La fin de l’histoire, authentique, ne manque pas de fumet. Le dernier œil, qui pendait encore, étant tombé par terre, fut ramassé par un enfant de deux ans qui, sans doute dégoûté par cette odeur peu appétissante, le jeta dans la marmite. C’est sa mère, au cours du repas, qui découvrit le pauvre œil… sous sa dent. Ces têtes avaient été coupées huit jours plus tôt… LIRE LA SUITE