TOUS LES ARTICLES AVEC Polar

Glissez !

« Je demeurais songeur et triste devant la tombe que les fossoyeurs comblaient. Je tentais de mémoriser un discours de Ouap, de ces discours décousus qui pourtant frappaient juste et touchaient fort. Les termes exacts étaient presque ceux-ci : « Plaquez tout, les petits. Le travail – dans ce contexte – n’ennoblit pas l’homme. Les idéologues qui prétendent le contraire, quelle est leur profession ? Et quelles sont les chances de durée, je veux dire de durer dans l’amour, d’un couple qui se sépare à 7 heures pour se revoir vers 20 heures, fatigué, au cœur d’une bruyante cité HLM ? Moi, je suis parti longtemps, préférant la gêne dans le bleu de la Provence à la survie au milieu des odeurs de choux et de volailles, ici. Vos yeux sont des miroirs las de refléter les grues, le ciment, les tours et les usines. Glissez, mortels, sur la pente savonneuse du turbin-chagrin ! Glissez vers les cimetières populaires surpeuplés ! Glissez sur vos rêves écrabouillés, magma rosissant et doré des splendeurs à venir. Glissez sur le flot de vos larmes rentrées, sur votre sueur, sur le sang des règles qui prend l’ouvrière debout quand, ailleurs, on va « s’étendre un moment ». Eh oui ! petit, je m’excuse mais c’est comme ça ! Glissez sous ce beau ciel qui part pour ailleurs ! Glissez au rythme du piano du voisin d’à côté qui était peut-être un virtuose et qui attend son cancer loin de l’odeur du lilas et des roses ! Glissez, mortels et songez que ce n’est pas juste vis-à-vis des garçonnets et des fillettes que vous étiez et qui auraient dû avoir tous les droits ! Ah ! nom de Dieu, vive la Révolution ! »

Tueurs de flics, Frédéric H. Fajardie, 1979.
Légende : Anthony Dominguez.

Il n’y a nulle part où aller

« – Les quinze jours d’attente, dit Terrier, je veux les passer en Océanie.
– Mais pourquoi ? demanda Cox, avec un étonnement sincère.
– Parce que je ne vois rien de mieux. Où est-ce que vous iriez, vous, à ma place ?
– Je ne bougerais même pas.
– Ça ne m’étonne pas.
– Vous êtes stupide, Christian, dit Cox avec une espèce de colère. Vous êtes un crétin. Je ne bougerais pas d’ici où de n’importe quel endroit où je me trouverais, parce qu’il n’y a plus aucun endroit qui soit mieux qu’un autre, sauf les pays communistes qui sont encore pires. Il n’y a plus aucun endroit qui soit bien, vous ne comprenez pas ça ? Ah non, je ne bougerais même pas ! répéta-t-il avec force. Il n’y a nulle part où aller. »

La Position du tireur couché, Jean-Patrick Manchette, 1981.
Légende : Le Dernier saut, Edouard Luntz, 1970.

Du crime considéré comme un des beaux-arts (1980)

BRAT (1997)

Danila, ancien soldat en Tchétchénie, assiste à la décrépitude de la Russie post-URSS, 5 ans après la chute de l’empire. Rien à dire, rien à foutre. Il hait tout ce qui vient des USA, et surtout la musique, sa meuf du moment est d’ailleurs « chanteuse » de dance, alors que lui est branché sur Nautilus Pompilius, un groupe de rock russe qui constitue toute la bande-son surréaliste du film. Pas gagné. Malgré tout ça, Danila est extrêmement relaxe, voire même stoïque. Sa vieille mère le tanne, et il rend donc visite à son frère Viktor à Saint-Pétersbourg pour faire de l’oseil. Connu sous le blase « Le Tartare », Viktor est nettoyeur et ne fait jamais de bavure. Le cadet zone, zone dans la ville, et tombe fatalement dans la criminalité. LIRE LA SUITE

EUROCRIME!

« Le poliziotteschi parfait pour moi – que ce soit un film policier ou un film de gangsters – suit le schéma du «seul contre tous». Soit c’est un flic coincé entre les loubards de sa rue et la bureaucratie symbolisée par ses supérieurs, soit un gangster trahi qui doit échapper à la fois à la loi et au syndicat qui veut sa peau. Ces personnages finissent par ressembler trait pour trait au héros solitaire et flingueur du Western Spaghetti, mais ils sont manœuvrés différemment dans les films Eurocriminels. L’Empire du Crime (La mala ordina) ou Street Law (Il cittadino si ribella) sont de grands exemples de films «seul contre tous». LIRE LA SUITE

Michael Winner aux USA (1971-1974)

« A team effort is a lot of people doing what I say. »

Avant de devenir le prince de la répartie implacable et incorrecte, Michael Winner s’est fait remarquer grâce à des comédies anglaises plus ou moins légères, à la mode du Swinging London des années 60, menées tambour battant par son premier acteur fétiche: le grand Oliver Reed. Leur dernière collaboration, Hannibal Brooks en 1969, mélangeant aventure, seconde guerre mondiale et film animalier, attire l’attention d’Hollywood. L’année d’après il y file diriger son premier film américain: LIRE LA SUITE

Italia Violenta

Un attroupement dans la rue. Un corps gît sur le pavé. Soudain, une rafale de pistolet-mitrailleur. 2 motards casqués en noir surgissent de nulle part, et tuent quelques innocents au passage. Sirène stridente: un policier zélé et moustachu se lance à leur poursuite dans sa Fiat pourrie. Bienvenue en Italie ! Ou plutôt bienvenue dans le film policiesque, le polar criminel à l’italienne. Un genre très populaire dans les années 70, assurant la relève du western spaghetti en déclin, plus parlant et accessible que le giallo ou le macaroni combat qui sévissaient à la même période. LIRE LA SUITE

Rage Silencieuse

IRV OZ ne s’embarrasse pas de superflu. Pour produire une musique vivante qui doit tout à la Mort, il s’influence directement des géants de la musicalité. Un condensé d’ambiances à mi-chemin entre les compositeurs de B.O. italiens: Ennio Morricone, Goblin, Riz Ortolani et les jazzmen libres américains: Miles Davis, John Coltrane. Vrai, le sacré n’est pas une mode. LIRE LA SUITE

Words

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