TOUS LES ARTICLES AVEC Béton

Béton Armé

Glissez !

« Je demeurais songeur et triste devant la tombe que les fossoyeurs comblaient. Je tentais de mémoriser un discours de Ouap, de ces discours décousus qui pourtant frappaient juste et touchaient fort. Les termes exacts étaient presque ceux-ci : « Plaquez tout, les petits. Le travail – dans ce contexte – n’ennoblit pas l’homme. Les idéologues qui prétendent le contraire, quelle est leur profession ? Et quelles sont les chances de durée, je veux dire de durer dans l’amour, d’un couple qui se sépare à 7 heures pour se revoir vers 20 heures, fatigué, au cœur d’une bruyante cité HLM ? Moi, je suis parti longtemps, préférant la gêne dans le bleu de la Provence à la survie au milieu des odeurs de choux et de volailles, ici. Vos yeux sont des miroirs las de refléter les grues, le ciment, les tours et les usines. Glissez, mortels, sur la pente savonneuse du turbin-chagrin ! Glissez vers les cimetières populaires surpeuplés ! Glissez sur vos rêves écrabouillés, magma rosissant et doré des splendeurs à venir. Glissez sur le flot de vos larmes rentrées, sur votre sueur, sur le sang des règles qui prend l’ouvrière debout quand, ailleurs, on va « s’étendre un moment ». Eh oui ! petit, je m’excuse mais c’est comme ça ! Glissez sous ce beau ciel qui part pour ailleurs ! Glissez au rythme du piano du voisin d’à côté qui était peut-être un virtuose et qui attend son cancer loin de l’odeur du lilas et des roses ! Glissez, mortels et songez que ce n’est pas juste vis-à-vis des garçonnets et des fillettes que vous étiez et qui auraient dû avoir tous les droits ! Ah ! nom de Dieu, vive la Révolution ! »

Tueurs de flics, Frédéric H. Fajardie, 1979.
Légende : Anthony Dominguez.

Coup de Froid

AUTOMELODI – Surlendemains acides (Electric Voice)
Ce chant entonné me rappelle un truc de variété française, mais je sais plus ce que c’est. C’est un des deux morceaux bien du nouvel album d’Automelodi, qui a toujours la même coupe de cheveu. LIRE LA SUITE

KALT WIE EIS (1981)

Il a 18 ans et s’appelle David Balko, mais tout le monde l’appelle Dave. Il est en prison parce qu’il a volé des motocyclettes. Tel un caillou au fond d’un baquet d’eau glacée, Dave n’espère plus la liberté – de sa bande, personne ne vient le voir et sa petite amie, Corinna, semble l’avoir abandonné. Les fusibles de son cerveau sont en train de griller. Il décide alors de s’évader. Mais son escapade coûtera la vie d’un homme, Dave vivra désormais un cauchemar permanent. C’est l’histoire d’une quête désespérée du bonheur qui dégénère en destruction nihiliste.

LIRE LA SUITE