TOUS LES ARTICLES SOCIOLOGIE

La fabrication du mainstream

« La cam­pagne com­mer­ciale d’un long-métrage hol­ly­woo­d­ien est un véri­ta­ble plan de bataille coor­donné sur plusieurs con­ti­nents. C’est l’étape essen­tielle de tout film main­stream. Durant les trente dernières années, ces cam­pagnes se sont pro­fes­sion­nal­isées et leur coût a décu­plé (env­i­ron 2 mil­lions de dol­lars pour un film de stu­dio en moyenne en 1975 ; 39 mil­lions en moyenne en 2003, mais fréquem­ment plus de 100 mil­lions pour les prin­ci­paux block­busters). LIRE LA SUITE

Comizi d’Amore

En 1964, Pier Paolo Pasolini réalise une enquête sur la sex­u­al­ité à tra­vers toute l’Italie. Il en tire un doc­u­ment vorizzimo, vis­i­ble entière­ment ici.

Février du cinéma français

- Mar­ion et Ben, trente­naires, font con­nais­sance sur Tin­der. C’est à peu près tout ce qu’ils ont en com­mun ; mais les con­traires s’attirent, et ils déci­dent au petit matin de leur ren­con­tre de par­tir ensem­ble en vacances mal­gré l’avis de leur entourage. Ils par­tiront finale­ment… en Bul­garie, à mi-chemin de leurs des­ti­na­tions rêvées : Bey­routh pour Mar­ion, Biar­ritz pour Ben.

- Alain dirige une célèbre mai­son d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème pub­lie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé pop­u­laire et Valérie, com­pagne de Leonard, assiste vail­lam­ment un homme poli­tique. Les rela­tions entre les deux cou­ples vont se compliquer.

- La vie de Wanda va à vau-l’eau depuis qu’elle a une phlébite. Cette man­nequin jambes se retrouve au chô­mage tech­nique. En vacances à la mon­tagne, elle ne peut pas skier. Son mari ne la com­prend plus. Ses enfants non plus. Mais son vrai prob­lème porte un nom : le syn­drome du moni­teur de ski. LIRE LA SUITE

Horizombre

« Au-delà du jeu­nisme de Canal+, nous pou­vons voir sur nos écrans défiler l’après-midi des pub­lic­ités trai­tant de baig­noires sécurisées, de fuites uri­naires et d’assurances obsèques. Nous vivons dans un monde idéologique­ment dom­iné par l’âge, dans lequel les jeunes sont incités à se préoc­cu­per de leur retraite avant même d’avoir trouvé un emploi. Bien loin d’avoir des vieux qui restent jeunes d’esprit, les sociétés les plus avancées fab­riquent des jeunes pro­gram­més pour le vieil­lisse­ment, qui veu­lent par exem­ple le plus vite pos­si­ble acheter un loge­ment – c’est un com­plé­ment de retraite – et con­tribuent ainsi, en faisant mon­ter les prix, à la diminu­tion de leur pro­pre sur­face hab­it­able. Pour com­pléter le tableau, « l’État social des classes moyennes et des vieux » n’investit plus vrai­ment dans la con­struc­tion de loge­ments. LIRE LA SUITE

Sérieux ?

« Dans un mer­veilleux arti­cle con­sacré à la diver­sité des sci­ences sociales, le Norvégien Johan Gal­tung com­parait, il y a plus de trente ans, les styles intel­lectuels anglo-saxon, ger­manique, français et japon­ais (Sax­onic, Teu­tonic, Gal­lic et Nip­ponic selon sa pro­pre ter­mi­nolo­gie). Il y évo­quait l’intellectuel anglais ou améri­cain, empirique, con­cep­teur d’une mul­ti­tude de pyra­mides de taille mod­este, point trop abattu lorsque l’invalidité de l’une de ses petites con­struc­tions était démon­trée. Il peignait l’intellectuel japon­ais comme un homme (ou une femme) pourvu(e) d’une roue mobile lui évi­tant un engage­ment trop fort dans un mod­èle trop défini, soucieux avant tout de ne pas oublier la com­plex­ité du monde. Il y décrivait l’intellectuel alle­mand, archi­tecte d’une impres­sion­nante pyra­mide unique, mais prêt à s’effondrer psy­chologique­ment si la faus­seté de son sys­tème était prou­vée. Il en venait enfin à l’intellectuel français, bâtis­seur comme l’Allemand d’une grande théorie, mais que Gal­tung représen­tait joli­ment comme un hamac tendu entre deux pôles, un sys­tème sous ten­sion jamais pris com­plète­ment au sérieux par son auteur, lui-même pressé de fuir autour d’un bon déje­uner une dis­cus­sion de fond. Écou­tons Gal­tung : « Je pense que l’intellectuel alle­mand (Teu­tonic) croit vrai­ment ce qu’il dit, une chose que son équiv­a­lent français (Gal­lic) ne ferait jamais vrai­ment… L’intellectuel français (Gal­lic) aurait plutôt ten­dance à con­sid­érer son mod­èle comme une métaphore qui jette un peu de lumière sur la réal­ité mais ne devrait pas être prise trop au sérieux. » LIRE LA SUITE

Italia 2018

TURIN (Pié­mont)


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MANGER

Actrices de gauche / Actrices de droite

« On sait qu’à ses pro­pres yeux comme à ceux de l’étranger, la France s’incarne dans son cinéma, notam­ment par le choix de ses “stars”. En élisant, pour représen­ter Mar­i­anne, l’actrice la plus pop­u­laire de chaque époque, les Français entéri­nent plus ou moins con­sciem­ment la valeur poli­tique des vedettes de l’écran. Cha­cun a son avis à don­ner sur le corps des mod­èles offerts à la com­mu­nauté. C’est ainsi qu’aux antipodes du glam­our améri­cain, les actri­ces qui acceptent des rôles physique­ment ingrats représen­tent pour les détracteurs du jeune cinéma le symp­tôme de déca­dence d’un art qui aurait oublié de dis­traire. Infati­ga­ble admi­ra­teur des “séries B” améri­caines, Alain Pau­card stig­ma­tise par exem­ple les “Vénus phtisiques” qui envahissent “son” cinéma : LIRE LA SUITE

Le système Belmondo

« L’affiche de cinéma, par sa taille, joue le rôle d’une image choc. Véri­ta­ble carte vis­ite du film, elle en exprime le thème cen­tral avec une grande force répéti­tive. Elle offre un sup­port de choix pour l’exaltation des stars. Le “sys­tème Bel­mondo” l’utilise à fond : René Chateau investit 80 % du bud­get pro­fes­sion­nel du Mar­ginal dans 15 000 affiches tous cir­cuits con­fon­dus. Aux exploitants, il fait même dis­tribuer une mal­lette pub­lic­i­taire avec gamme de pro­duits (tire­lires, crayons, bri­quets…) à l’effigie de Belmondo.

Il est facile de repérer le développe­ment de la “mytholo­gie bel­mon­di­enne” ou d’autres stars à tra­vers ces affiches omniprésentes. Elles com­posent des vari­a­tions autour d’une icône famil­ière. L’effet de série est frap­pant : tou­jours en haut et en très gros car­ac­tères, le nom de l’acteur. Rien d’autre, car la mar­que se suf­fit à elle-même, tout le monde sait de quoi on parle. En dessous, une photo ou plus sou­vent un dessin, très réal­iste, cadre ce héros, en pied (ou plus rarement en gros plan). La men­tion “BELMONDO” asso­ciée à cette image con­stitue la mar­que de fab­rique, le logo de l’acteur. Le vrai titre, en bas de l’affiche, n’est qu’une décli­nai­son du con­cept, qu’il s’épuise à définir sans jamais y par­venir tout à fait : “Voyou”, “Incor­ri­gi­ble”, “Mag­nifique”, “Pro­fes­sion­nel”, “Mar­ginal”, etc. Sans rap­port avec l’intrigue, le titre est ce que les pub­lic­i­taires appel­lent la “promesse pro­duit” : on nous promet que Bel­mondo sera fidèle au car­ac­tère établi. LIRE LA SUITE

L’ultima intervista