TOUS LES ARTICLES AVEC Jean-Patrick Manchette

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES (2017)

Sur le papier, j’étais la cible privilégiée du troisième et dernier long-métrage du couple Hélène Cattet et Bruno Forzani. Déjà, c’est une adaptation d’un roman de Jean-Patrick Manchette et Dieu sait que c’est touchy. Les dernières en France remontent à l’ère de la Série Noire et du POLAR80, a l’époque où Alain Delon donnait l’impression d’avoir racheté le back catalogue de l’écrivain. Elles étaient toutes plus ou moins ratées, et jamais aussi pessimistes et nihilistes que le matériau de base. En 2015, La Position du tireur couché a été de nouveau adaptée, par un certain Pierre Morel, avec Sean Penn et Idris Elba (ouais ouais). Je n’ai pas vu ce Gunman, mais je ne crois pas avoir loupé grand-chose. Bref, Laissez bronzer les cadavres !, premier roman de Manchette (et Jean-Pierre Bastid), récit ultra-précis, à la fois ensoleillé et glacial, d’un hold-up et du siège qui s’en suit chez une peintre et ses « amis », a longtemps été considérée inadaptable jusqu’à ce que les deux cinéastes franco-belges ne s’y collent. Après Amer et L’étrange couleur des larmes de ton corps, plutôt des « expérimentations » voire des « expériences visuelles et sonores » que des films classiques, autant inspirés par le giallo que par la photo ou les arts plastiques : fans de polar, de western et de violence esthétisée attendaient ce projet au tournant. LIRE LA SUITE

Il n’y a nulle part où aller

« – Les quinze jours d’attente, dit Terrier, je veux les passer en Océanie.
– Mais pourquoi ? demanda Cox, avec un étonnement sincère.
– Parce que je ne vois rien de mieux. Où est-ce que vous iriez, vous, à ma place ?
– Je ne bougerais même pas.
– Ça ne m’étonne pas.
– Vous êtes stupide, Christian, dit Cox avec une espèce de colère. Vous êtes un crétin. Je ne bougerais pas d’ici où de n’importe quel endroit où je me trouverais, parce qu’il n’y a plus aucun endroit qui soit mieux qu’un autre, sauf les pays communistes qui sont encore pires. Il n’y a plus aucun endroit qui soit bien, vous ne comprenez pas ça ? Ah non, je ne bougerais même pas ! répéta-t-il avec force. Il n’y a nulle part où aller. »

La Position du tireur couché, Jean-Patrick Manchette, 1981.
Légende : Le Dernier saut, Edouard Luntz, 1970.

NADA (1974)

Un groupe de six personnes décide de former un commando terroriste et d’enlever l’ambassadeur des États-Unis. Il y a Épaulard (Maurice Garrel), un vieux routier des causes désespérées; Diaz (Fabio Testi), le fils d’un communiste espagnol; Treuffais (Michel Duchaussoy), un jeune professeur de philosophie; d’Arcy (Lou Castel), un raté qui n’inspire pas la confiance de ses camarades; Meyer (Didier Kaminka), un homme d’origine juive; et enfin Cash (Mariangela Melato), la seule femme, une révoltée. Le groupe doit se procurer des armes. Pour cela, ils font un coup et s’approprient cinq bons revolvers.
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LA GUERRE DES POLICES (1979)

Il semblerait que ce film de Robin Davis, épaulé par le fameux Jean-Pat Manchette, soit le véritable déclencheur de toute la mouvance Polar80 qui va déferler par la suite, et dont vous allez réentendre parler. C’est à dire, dans les grandes lignes : des flics malpolis en jean, de la griffe américaine et du chewing-gum, de la violence verbale et physique contre les étrangers, les femmes, les pédés, des scènes de nuit à Pigalle la blanche, des scènes de nu à Invalides, des viols soft, l’action avant l’art, des numéros d’acteurs français en roue libre, des scènes de restaurant avec des baguettes, des héros qui sexent sur du saxo, des « casse-tôi », des loulous, des motos, des couteaux, et encore bien d’autres choses à découvrir tout au long de la décennie Mitterrand. LIRE LA SUITE