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Un bon flic est un flic con

« Tout est fait pour éviter aux gens de se faire agresser dans la rue, mais être ainsi jeté dans la pré­car­ité sans espoir de retrou­ver un emploi — et une place dans la cité — est bien plus ter­ri­ble que de pren­dre un coup de poing dans la gueule. Dans ce domaine, oui : je trouve notre société d’une vio­lence insupportable.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas : les flics sont des aux­il­i­aires de jus­tice, pas de morale. La fron­tière entre le bien et le mal est bien trop ténue, poreuse ou élas­tique pour que je sois capa­ble d’être caté­gorique dans ce domaine. Et les poulets ne sont pas des saints, je le sais bien. Certes, la final­ité de leur action est bonne, mais les méth­odes pour y par­venir sont par­fois bor­der­line. Néan­moins, la sit­u­a­tion aujourd’hui est plus clean qu’elle ne le fut. Pourquoi ? Parce que, selon moi, les flics sont moins auda­cieux, je n’ose dire moins courageux.

En effet, les officiers de police ne sont plus recrutés en fonc­tion de leur moti­va­tion mais de leur niveau d’instruction. La cul­ture générale, qui ne sert à rien pour être un bon flic sur le ter­rain, est ainsi dev­enue une épreuve essen­tielle pour être admis dans l’encadrement policier. Con­séquence : les 30 ou 40 can­di­dats retenus parmi 4000 pos­tu­lants seront cul­tivés, mais ça ne garan­tit pas — à mes yeux — que ce seront de bons flics. »

Des deux côtés du miroir : itinéraire d’un flic pas comme les autres, Jean-Marc Bloch, 2015.
Légende : Parole de flic, 1985

La liberté, pour quoi faire ?

« À l’heure actuelle, je ne con­nais pas de sys­tème ni de parti auquel on puisse con­fier une idée vraie avec le moin­dre espoir de la retrou­ver intacte, le lende­main, ou même sim­ple­ment recon­naiss­able. Je dis­pose d’un petit nom­bre d’idées vraies, elles me sont chères, je ne les enver­rai pas à l’Assistance publique, pour ne pas dire à la mai­son publique, car la pros­ti­tu­tion des idées est dev­enue dans le monde entier une insti­tu­tion d’État. Toutes les idées qu’on laisse aller toutes seules, avec leurs natte sur le dos et un petit panier à la main comme le Chap­eron Rouge, sont vio­lées au pre­mier coin de rue par n’importe quel slo­gan en uni­forme. Car tous les slo­gans sont en uni­forme, tous les slo­gans appar­ti­en­nent à la police. »
La lib­erté pour quoi faire ?, Georges Bernanos, 1947.
Légende: Mephisto, István Szabó, 1981.

LA GUERRE DES POLICES (1979)

Il sem­blerait que ce film de Robin Davis, épaulé par le fameux Jean-Pat Manchette, soit le véri­ta­ble déclencheur de toute la mou­vance Polar80 qui va défer­ler par la suite, et dont vous allez réen­ten­dre par­ler. C’est à dire, dans les grandes lignes : des flics malpo­lis en jean, de la griffe améri­caine et du chewing-gum, de la vio­lence ver­bale et physique con­tre les étrangers, les femmes, les pédés, des scènes de nuit à Pigalle la blanche, des scènes de nu à Invalides, des viols soft, l’action avant l’art, des numéros d’acteurs français en roue libre, des scènes de restau­rant avec des baguettes, des héros qui sex­ent sur du saxo, des “casse-tôi”, des loulous, des motos, des couteaux, et encore bien d’autres choses à décou­vrir tout au long de la décen­nie Mit­ter­rand. LIRE LA SUITE