TOUS LES ARTICLES AVEC Georges Bernanos

Je suis la haie et l’eau noire

« Il n’y a rien de plus sot qu’un jour­nal, du moins aussi longtemps que son auteur vit. Je n’ai jamais été découragé par la niais­erie, tout ce qu’on écrit de sincère est niais, toute vraie souf­france a ce fond de niais­erie, sinon la douleur des hommes n’aurait de poids, elle s’envolerait dans les astres. Que dire encore ? Si vous voulez souf­frir tout seul, taisez-vous. Sinon n’allez pas chercher, sous pré­texte de sym­pa­thie votre pro­pre souf­france dans le cœur d’autrui avec une pince à sucre, en fronçant le nez, comme ce pau­vre M. de Mon­ther­lant, d’un air de dire qu’on n’a pas faim, qu’on fait sem­blant, par politesse, qu’on a pris l’habitude, dans son enfance, d’une nour­ri­t­ure plus dis­tin­guée. Je sais cela, n’importe. Je sais aussi que je ne suis plus sûr de ceux pour lesquels j’écris, plus sûr du tout de trou­ver le chemin de leur tristesse ou de leur joie. Alors, à quoi bon ? Je n’aurais pas honte de les prier de me con­soler, car bien que je ne sois pas affamé de con­so­la­tion d’un pape ou qu’un car­di­nal, je ne serais pas assez fou pour repousser leur aumône. Mais la vie m’enseigne que nul n’est con­solé en ce monde qui n’ait d’abord con­solé, que nous ne recevons rien que nous n’ayons d’abord donné. Entre nous, il n’est qu’échange, Dieu seul donne, lui seul. LIRE LA SUITE

Les jeunes avec Bernanos !

Une enquête à lire dans le #25 de Gonzaï.

La liberté, pour quoi faire ?

« À l’heure actuelle, je ne con­nais pas de sys­tème ni de parti auquel on puisse con­fier une idée vraie avec le moin­dre espoir de la retrou­ver intacte, le lende­main, ou même sim­ple­ment recon­naiss­able. Je dis­pose d’un petit nom­bre d’idées vraies, elles me sont chères, je ne les enver­rai pas à l’Assistance publique, pour ne pas dire à la mai­son publique, car la pros­ti­tu­tion des idées est dev­enue dans le monde entier une insti­tu­tion d’État. Toutes les idées qu’on laisse aller toutes seules, avec leurs natte sur le dos et un petit panier à la main comme le Chap­eron Rouge, sont vio­lées au pre­mier coin de rue par n’importe quel slo­gan en uni­forme. Car tous les slo­gans sont en uni­forme, tous les slo­gans appar­ti­en­nent à la police. »

La lib­erté pour quoi faire ?, Georges Bernanos, 1947.
Légende: Mephisto, István Szabó, 1981.