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Les jeunes avec Bernanos !

Une enquête à lire dans le #25 de Gonzaï.

Pompidou, ce punk

« (…) Les gaullistes de gauche, vous par­lez ! Des coureurs de prében­des… L’intéressement ! La par­tic­i­pa­tion ! Il s’en gar­garisent. Ils ont des utopies encore plus idiotes et néfastes que les utopies social­istes. Ils n’ont jamais serré une seule main des ouvri­ers qu’ils pré­ten­dent vouloir servir. La pire engeance : des idéo­logues de salon… »

« Le poste de Pre­mier min­istre est inviv­able, expliquait-il. Tout le monde vous tape dessus : le Par­lement, le pays, vos amis, le prési­dent. Même un Machi­avel y craque. Même saint François d’Assise. Si vous com­man­dez trop, on vous dit que vous êtes un mata­more. Si vous ne com­man­dez pas assez, on vous reproche d’être un jean-foutre… Par bon­heur, j’ai eu le temps d’être philosophe, de mesurer grands et petits. Je sens venir un Tartuffz à mille pas. Tenez, leur Mendès, il est cent fois plus Tartuffe encore que leur Mit­ter­rand… Nous gag­nerons, bien sûr, nous gag­nerons, mais que donc faire avec un pays qui change de peur comme de chemise !…”

« Pom­pi­dou est habité d’une colère froide.
– Si je reçois cette con­vo­ca­tion, je m’y rendrai, déclare-t-il au jour­nal­iste Georges Suf­fert (Le Point) qui se trouve, par un heureux hasard, dans le bureau de l’ancien Pre­mier min­istre au moment pré­cis où il prend con­nais­sance de la dépêche. Je m’y rendrai, mais aupar­a­vant, je tiendrai une con­férence de presse. Ce sera la fin de Georges Pom­pi­dou comme homme poli­tique. Mais vous aurez de la copie pour des mois. Je n’ai pas le goût du sui­cide. Je suis trop non­cha­lant pour me scan­daliser. J’ai le cuir épais. Mais il y a des moments où il faut savoir casser sa vie. Pour une chose sans impor­tance à notre époque, figurez-vous : l’honneur. »

La Sale affaire Markovic, Jean-Pax Méfret, 2011.