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Pompidou, ce punk

« (…) Les gaullistes de gauche, vous par­lez ! Des coureurs de prében­des… L’intéressement ! La par­tic­i­pa­tion ! Il s’en gar­garisent. Ils ont des utopies encore plus idiotes et néfastes que les utopies social­istes. Ils n’ont jamais serré une seule main des ouvri­ers qu’ils pré­ten­dent vouloir servir. La pire engeance : des idéo­logues de salon… »

« Le poste de Pre­mier min­istre est inviv­able, expliquait-il. Tout le monde vous tape dessus : le Par­lement, le pays, vos amis, le prési­dent. Même un Machi­avel y craque. Même saint François d’Assise. Si vous com­man­dez trop, on vous dit que vous êtes un mata­more. Si vous ne com­man­dez pas assez, on vous reproche d’être un jean-foutre… Par bon­heur, j’ai eu le temps d’être philosophe, de mesurer grands et petits. Je sens venir un Tartuffz à mille pas. Tenez, leur Mendès, il est cent fois plus Tartuffe encore que leur Mit­ter­rand… Nous gag­nerons, bien sûr, nous gag­nerons, mais que donc faire avec un pays qui change de peur comme de chemise !…”

« Pom­pi­dou est habité d’une colère froide.
– Si je reçois cette con­vo­ca­tion, je m’y rendrai, déclare-t-il au jour­nal­iste Georges Suf­fert (Le Point) qui se trouve, par un heureux hasard, dans le bureau de l’ancien Pre­mier min­istre au moment pré­cis où il prend con­nais­sance de la dépêche. Je m’y rendrai, mais aupar­a­vant, je tiendrai une con­férence de presse. Ce sera la fin de Georges Pom­pi­dou comme homme poli­tique. Mais vous aurez de la copie pour des mois. Je n’ai pas le goût du sui­cide. Je suis trop non­cha­lant pour me scan­daliser. J’ai le cuir épais. Mais il y a des moments où il faut savoir casser sa vie. Pour une chose sans impor­tance à notre époque, figurez-vous : l’honneur. »

La Sale affaire Markovic, Jean-Pax Méfret, 2011.

LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE (2018)

FRANCE2016. Tout com­mence dans une fête d’appartement hauss­man­ien comme on en voit fréquem­ment dans le cinéma français. Des mecs mal rasés s’échauffent, des filles dansent, vom­is­sent, la fête bat son plein, il y a au moins 100 per­son­nes dans cet appart putain, et puis un ex passe plomber l’ambiance pour récupérer ses affaires. Cet ex, c’est Anders Danielsen Lie, le rabat-joie de Oslo 31 août. Le Norvégien est tou­jours en cure de dés­in­tox­i­ca­tion de quelque chose, ici, c’est de Sigrid Bouaziz. Venu pour récupérer un car­ton de cas­settes (ben tiens), il s’enferme dans un bureau à l’écart de la foule pour respirer, un brun ago­ra­phobe notre Drieu 3.0. Puis s’endort. Lorsqu’il se réveille, stu­peur, Emmanuel Macron est prési­dent de Fran­conie et la pop­u­la­tion entière de Paris est réduite en une horde de zombies-chômeurs qui se bat­tent pour récupérer leurs droits. La fête de la veille n’est plus qu’un bain de sang et l’immeuble entier a été vidé, enfin presque. Le nou­veau Vélib et l’avenir des voies-sur-berge ont eu rai­son de la ville, dev­enue inviv­able. Comme tout bon film apoc­a­lyp­tique, la survie s’organise métic­uleuse­ment, et on y prend volon­tiers part. Qui n’a jamais rêvé de pénétrer dans tous ces 120m2 de la Rive Gauche ? Là, en plus d’y pénétrer, Sam les pille et prend tout ce qui peut lui servir. Lorsqu’il atter­rit dans cette cham­bre d’ado, la nos­tal­gie le fait dérailler. Il branche le walk­man et un morceau d’Heb Frue­man (Oui, Heb Frue­man !) lui explose les tym­pans. Un peu plus tard, ce sera le groupe G.L.O.S.S. qu’il rejouera à la bat­terie dans la cham­bre graf­fée des mots “Punk spirit”, “Rev­o­lu­tion” ou encore “Thrashit”. Ça va, c’est une image plutôt hon­nête de la rébel­lion dans le 6ème arrondisse­ment. Sam a besoin de se déten­dre mais la dou­ble pédale attire les zom­bies donc il est obligé d’arrêter et de dépenser son énergie à tra­vers des foot­ings inter-appartements, ce n’est pas la place qui manque. Même après l’apocalypse, Paris reste Paris. LIRE LA SUITE

La faculté de se détacher de tout

« Il est grand temps main­tenant de nous poser la ques­tion cap­i­tale et de chercher la cause de cette expres­sion morne et ten­due, cette expres­sion de hâte et de fièvre – cette expres­sion à la fois si apathique et si anx­ieuse, d’où sont absentes la joie de vivre et la paix – qui se lit sur le vis­age des pas­sants que nous croi­sons dans les grandes métrop­o­les occi­den­tales. C’est une expres­sion exacte­ment sem­blable, en fait, à celle que l’on pour­rait observer sur les traits des four­mis, les plus mis­érables des insectes asservis à la cou­tume. Si un film nous mon­trait des images de four­mis en gros plans géants, nous auri­ons à coup sûr l’impression de nous voir dans un miroir ! LIRE LA SUITE

BORN FOR HELL (1976)

Un vétéran du Viet­nam se retrouve perdu en Irlande du Nord en pleine guerre civile. Pourquoi, com­ment ? Ce n’est pas le prob­lème. Son seul objec­tif : ren­trer en Amérique et échap­per aux bombes et aux rafales de mitrailleuse. Seule­ment Cain Adam­son n’est pas un sol­dat comme les autres, la mort ne lui fait évidem­ment plus peur (il allume une clope sur un macch­a­bée dès la pre­mière scène de tuerie à l’église) pur ne pas dire qu’elle l’excite. Il a choisi de se tatouer sa devise sur le bras : “born for hell”. Une assem­blée d’étudiantes infir­mières (com­prenant au pas­sage Car­ole Laure et Chris­tine Bois­son) logeant dans la même mai­son va mal­heureuse­ment en faire les frais. Comme si les affron­te­ments sanglants entre catholiques et protes­tants ne suff­i­saient pas, elles vont con­naître l’enfer, pen­dant une nuit entière. Huit ans avant Com­bat Shock, ce film extrême­ment cru du Québé­cois Denis Héroux (égale­ment nommé Naked Mas­sacre) a été tourné à Belfast, Dublin et Ham­bourg et s’inspire du tueur améri­cain qui tor­tura huit infir­mières à Chicago lors d’une nuit de juil­let 1966. Âmes sen­si­bles, circulez !

L’ultima intervista

Annie hait les sucettes

« Com­ment le par­adis néo-féministe ne serait-il pas men­acé dès que la ten­ta­tion de la solu­tion amoureuse appa­raît pour laisser sup­poser, même néga­tive­ment, que tout rap­port sex­uel engen­dre une mul­ti­plic­ité de présences fan­tas­ma­tiques, féminines et mas­cu­lines ? Ou encore que la mis­ère des rap­ports humains ne tient pas plus à un sexe qu’à l’autre mais à une mis­ère sex­uelle dom­i­nante que le néo-féminisme con­tribue à ren­forcer en enfer­mant les femmes dans un par­tic­u­lar­isme à la portée de toutes et dont le tri­om­phal­isme peut seule­ment dis­traire celles-ci des causes pro­fondes de ce malheur ?

Car enfin, com­ment les femmes, faute d’avoir pu ou su aimer les hommes, n’en pourraient-elles que mieux aimer les femmes ? Je ne com­prends pas que celles qui depuis tou­jours ont eu le goût des femmes ne se soient pas déjà insurgées de voir le les­bian­isme devenir en quelques années la posi­tion de repli sex­uel par excel­lence. A la lueur du néo-féminisme, l’homosexualité fémi­nine n’est plus que la car­i­ca­ture d’elle-même; avant d’avoir été recon­nue comme un des paysages de l’amour, la voici dev­enue le triste maquis d’où on peut haïr l’homme sans grand dan­ger : il suf­fit de hurler avec les lou­ves. »
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Au diable la Société !

« Avoir besoin de con­nais­sances, c’est avouer ouverte­ment l’absence en soi du vrai bon­heur – avouer le tarisse­ment de sa vie intérieure. Tout indi­vidu véri­ta­ble­ment heureux vit dans un univers imag­i­naire per­son­nel – ou plutôt un univers imag­i­naire créé par sa dou­ble nature pro­pre et celle de son parte­naire, sous les aus­pices de la nature dou­ble de la Cause Première.

La plus grande illu­sion du monde naît du culte tribal de l’activité sociale, qui remonte aux hordes de chas­seurs et de guer­ri­ers des temps préhis­toriques. Le seul résul­tat béné­fique de la mécan­i­sa­tion du monde mod­erne, c’est d’avoir libéré l’individu de cette bar­barie trib­ale qui con­siste à accorder aux tâches effec­tuées pour la tribu plus d’importance qu’elles n’en ont en réal­ité. Il faut bien que ces tâches s’accomplissent; il faut bien quelqu’un pour les faire; il est vil et mesquin de s’y sous­traire. Mais de là à les pren­dre au sérieux, jusqu’à y voir le but même de l’existence, il y a loin ! » LIRE LA SUITE

Panique à Bruxelles

Playlist #47 : C’était 2017

01 — BENEDEK — On my way
02 — BODY COUNT — This is why we ride
03 — G PERICO — Cant play
04 — PRAYERS — Edge of the blade
05 — MULTIPLE MAN — Power fan­tasy
06 — YAN WAGNER — Grenades
07 — KIRIN J. CALLINAN — S. A. D.
08 — COBRA MAN — Lazy­man
09 — SEXTILE — Who killed Six
10 — EXIT ORDER — Clear the dust
11 — FIREBURN — Sus­pect
12 — HIGHER POWER — Hole
13 — LIL UZI VERT — For real
14 — FREEDOM — Eye to eye
15 — LIL YACHTY — X Men
16 — CHINO AMOBI — Blood of the covenant
17 — DJ BONEYARD — That’s right
18 — SKEPTA — No secu­rity
19 — JEAN-LOUIS MURAT — Alamo
20 — DAF — Sato sato (West­bam ML remix)
21 — THE HACKER — Time X (ft. Miss Kit­tin)
22 — BEA1991 — Wrong
23 — CCFX — The one to wait
24 — COUSIN STIZZ — Jeal­ous
25 — VINCE STAPLES — Crabs in a bucket
26 — ONEOHTRIX POINT NEVER — Romance apoc­a­lypse
27 — GNUCCI — Ulti­mate syn­drome (ft. Tami T)
28 — WHARFWIT — Keep U sweet
29 — KEKRA — Tout seul
30 — MIGOS — T-shirt
31 — NO WARNING — Total sur­ren­der
32 — THE WORST DOUBT — Drown in the deep
33 — YOUNG DOLPH — What’s the deal
34 — NOT WAVING — Where are we
35 — POWER TRIP — Wait­ing around to die

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