La fabrication du mainstream

« La campagne commerciale d’un long-métrage hollywoodien est un véritable plan de bataille coordonné sur plusieurs continents. C’est l’étape essentielle de tout film mainstream. Durant les trente dernières années, ces campagnes se sont professionnalisées et leur coût a décuplé (environ 2 millions de dollars pour un film de studio en moyenne en 1975 ; 39 millions en moyenne en 2003, mais fréquemment plus de 100 millions pour les principaux blockbusters). LIRE LA SUITE

BLACK MASS (2015)

Dix ans après The Departed de Scorsese, 25 ans après State of Grace, Strictly Criminal redore le blason de l’Irishploitation en nous contant l’histoire du « plus grand gangster américain » (tué en prison l’année dernière après des années de cavale), James ‘Whitey’ Bulger, joué ici par un Johnny Depp plus chauve et grimaçant que jamais. Avalanche de tronches, association de flics malfaiteurs, coups bas/coups de pressions, et beaucoup, beaucoup de voitures, longues, larges et lardées de balles. LIRE LA SUITE

Disney über alles

« À l’origine du Roi Lion en comédie musicale, il y a le succès du film qui en trois ans de distribution, salles, home video et produits dérivés inclus, a rapporté près d’un milliard de dollars. « Eisner savait que les industries créatives doivent constamment se renouveler. Il ne voulait pas que Disney devienne un musée, il fallait donc se réinventer chaque jour. C’est pour cette raison, puisque j’avais fait le film pour Disney, qu’il m’a finalement donné le feu vert pour emmener Le Roi Lion à Broadway », explique Schumacher. Qui s’engage dans l’aventure avec les moyens financiers que l’on imagine. Pour expérimenter le projet, Disney débloque immédiatement 34 millions de dollars. Deuxième étape : le rachat d’un célèbre théâtre de la 42e rue, l’Amsterdam, un bijou d’architecture Art nouveau datant de 1903, avec ses peintures murales allégoriques, ses frises et ses mosaïques, peu à peu tombé à l’abandon à mesure que les sex-shops, la prostitution, la drogue et les gangs ont envahi la rue. LIRE LA SUITE

:(

La culture du bla-bla

« Elle parlait à tort et à travers. Elle fait partie de cette culture débile du bla-bla. De cette génération qui est fière de son manque de profondeur. Tout est dans la sincérité du numéro. Sincère, mais vide, totalement vide. C’est une sincérité qui part dans tous les sens, une sincérité pire que le mensonge, une innocence pire que la corruption. Quelle avidité ça cache, cette sincérité, et ce jargon ! Ce langage extraordinaire qu’ils ont tous, et on dirait qu’ils y croient, quand ils parlent de leur manque de valeur, alors qu’en disant ça ils estiment au contraire avoir droit à tout. Cette impudence qu’ils baptisent faculté d’amour, l’avidité brutale qu’ils camouflent sous la prétendue « perte de leur estime de soi ». Hitler aussi manquait d’estime de soi. C’était son problème. L’arnaque que ces jeunes ont montée ! Cette mise en scène de la moindre émotion. Leurs « relations ». Ma relation. Il faut que je clarifie ma relation. Dès qu’ils ouvrent la bouche, j’ai envie de grimper aux rideaux. Tout leur discours est un florilège des conneries qui ont traîné ces quarante dernières années. La clôture narrative. Autre cliché, tiens. Mes étudiants n’arrivent pas à maîtriser leur pensée. La clôture narrative ! Ils sont polarisés sur le récit conventionnel avec commencement, milieu et fin – toute expérience ambiguë qu’elle soit, si épineuse, si mystérieuse, doit se prêter à ce cliché de présentateur télé normatif et bien-pensant. Le premier qui me parle de clôture narrative, je vous le recale. Je vais leur en donner, moi, de la clôture narrative, leur chapitre est clos. » LIRE LA SUITE

Comizi d’Amore

En 1964, Pier Paolo Pasolini réalise une enquête sur la sexualité à travers toute l’Italie. Il en tire un document vorizzimo, visible entièrement ici.

L’Art de la Subversion

US (2019)

1. Plus personne ne sait faire de film d’horreur convenable aujourd’hui (exit Ari Aster) donc pourquoi ne pas remettre le couvert après le couronnement de Get Out. Jordan Peele a de l’ambition.

2. En saupoudrant son film d’une vague critique sociale – les gilets jaunes sont des combinaisons rouges – et en évitant l’écueil de la secte, le réalisateur sait qu’il séduira davantage les médias que, disons, le discours d’Escape Game. Le beau-frère de Jordan Peele est le boss de BuzzFeed.

3. Le plus effrayant dans Us est son absence totale de substance (ou son trop-plein d’idées dira-t-on) : des doubles maléfiques sous terre reproduisant les gestes de leurs alter egos à la surface, un verset de la Bible, une fête foraine, une chaîne humaine, des lapins, des ciseaux… Et toujours cette proportion grandissante des films actuels qui hésitent entre explication et libre-interprétation. De toute façon, les spectateurs sont bêtes et iront chercher leur réponse sur Internet. Jordan Peele est un snob. LIRE LA SUITE

Haut les masques

« Il ne faut pas accepter tout le temps de jouer les imbéciles, il y a le risque que ça vous aille ! Après, les gens vous reprennent. Et les rôles d’imbéciles sont souvent les meilleurs. C’est ce qu’on fait le mieux pour réussir. Si on se prend pour trop grand, on se casse la gueule. On n’a pas l’idée juste de ce qu’on est. Qui fait l’ange fait la bête, comme dit le dicton. »

L’ultime entretien de François Perrot, à lire dans le Schnock #30.

PLAYLIST #48 : 201$

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01. GUCCI MANE = Money Callin
02. YOUNG DOLPH = Break The Bank
03. AMINE = Reel It In
04. KEVIN GATES = Adding Up
05. BELLY + YO GOTTI = Numbers
06. XXXTENTACION + MATT OX = $$$
07. RICH THE KID + YG = Mo Paper
08. DENZEL CURRY = Cash Maniac
09. FUTURE + YOUNG SCOOTER = Doh Doh
10. 21 SAVAGE = Can’t Leave Without It
11. MIGOS = Too Much Jewelry
12. DARK POLO GANG = Luxory
13. CAPO PLAZA = Nike Boy
14. DIMZY + 67 = Funds
15. IAMDDB = Kurr£ncy
16. HOUSE OF PHARAOHS = Hundreds
17. ALKPOTE = Traquenard
18. KOBA LAD = Tout
19. GUE PEQUENO + SFERA = Borsello
20. KEKRA = 10 Balles
21. LUCIANO = MoneyGram
22. VALD + SOFIANE = Iencli
23. DI-MEH = Kobeaf
24. SLIMKA = Diego
25. TOO $HORT = Give Her Some Money
26. BOOSIE BADAZZ = Miss Money
27. CITY GIRLS = Millionaire Dick
28. NICKI MINAJ + LIL WAYNE = Rich Sex
29. YOUNG SCOOTER = Never Broke Again
30. ASIAN DOLL = Rich Guy
31. CARDI B = Money Bag
32. LIL YACHTY + LIL BABY = Mickey
33. LEIKELI47 = Iron Mike
34. VINCE STAPLES = Don’t Get Chipped
35. CUPCAKKE = Navel
36. JID = Just Da Other Day
37. TRIPPIE REDD = Black Magic
38. RICO NASTY = Oreo
39. DANILEIGH + YG = Can’t Relate
40. YBN CORDAE = Price Tags