Les jeunes avec Bernanos !

Une enquête à lire dans le #25 de Gonzaï.

RIP MAI 68

Actrices de gauche / Actrices de droite

« On sait qu’à ses pro­pres yeux comme à ceux de l’étranger, la France s’incarne dans son cinéma, notam­ment par le choix de ses “stars”. En élisant, pour représen­ter Mar­i­anne, l’actrice la plus pop­u­laire de chaque époque, les Français entéri­nent plus ou moins con­sciem­ment la valeur poli­tique des vedettes de l’écran. Cha­cun a son avis à don­ner sur le corps des mod­èles offerts à la com­mu­nauté. C’est ainsi qu’aux antipodes du glam­our améri­cain, les actri­ces qui acceptent des rôles physique­ment ingrats représen­tent pour les détracteurs du jeune cinéma le symp­tôme de déca­dence d’un art qui aurait oublié de dis­traire. Infati­ga­ble admi­ra­teur des “séries B” améri­caines, Alain Pau­card stig­ma­tise par exem­ple les “Vénus phtisiques” qui envahissent “son” cinéma : LIRE LA SUITE

Lanvin By Night

Le système Belmondo

« L’affiche de cinéma, par sa taille, joue le rôle d’une image choc. Véri­ta­ble carte vis­ite du film, elle en exprime le thème cen­tral avec une grande force répéti­tive. Elle offre un sup­port de choix pour l’exaltation des stars. Le “sys­tème Bel­mondo” l’utilise à fond : René Chateau investit 80 % du bud­get pro­fes­sion­nel du Mar­ginal dans 15 000 affiches tous cir­cuits con­fon­dus. Aux exploitants, il fait même dis­tribuer une mal­lette pub­lic­i­taire avec gamme de pro­duits (tire­lires, crayons, bri­quets…) à l’effigie de Belmondo.

Il est facile de repérer le développe­ment de la “mytholo­gie bel­mon­di­enne” ou d’autres stars à tra­vers ces affiches omniprésentes. Elles com­posent des vari­a­tions autour d’une icône famil­ière. L’effet de série est frap­pant : tou­jours en haut et en très gros car­ac­tères, le nom de l’acteur. Rien d’autre, car la mar­que se suf­fit à elle-même, tout le monde sait de quoi on parle. En dessous, une photo ou plus sou­vent un dessin, très réal­iste, cadre ce héros, en pied (ou plus rarement en gros plan). La men­tion “BELMONDO” asso­ciée à cette image con­stitue la mar­que de fab­rique, le logo de l’acteur. Le vrai titre, en bas de l’affiche, n’est qu’une décli­nai­son du con­cept, qu’il s’épuise à définir sans jamais y par­venir tout à fait : “Voyou”, “Incor­ri­gi­ble”, “Mag­nifique”, “Pro­fes­sion­nel”, “Mar­ginal”, etc. Sans rap­port avec l’intrigue, le titre est ce que les pub­lic­i­taires appel­lent la “promesse pro­duit” : on nous promet que Bel­mondo sera fidèle au car­ac­tère établi. LIRE LA SUITE

FLICS

LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE (2018)

FRANCE2016. Tout com­mence dans une fête d’appartement hauss­man­ien comme on en voit fréquem­ment dans le cinéma français. Des mecs mal rasés s’échauffent, des filles dansent, vom­is­sent, la fête bat son plein, il y a au moins 100 per­son­nes dans cet appart putain, et puis un ex passe plomber l’ambiance pour récupérer ses affaires. Cet ex, c’est Anders Danielsen Lie, le rabat-joie de Oslo 31 août. Le Norvégien est tou­jours en cure de dés­in­tox­i­ca­tion de quelque chose, ici, c’est de Sigrid Bouaziz. Venu pour récupérer un car­ton de cas­settes (ben tiens), il s’enferme dans un bureau à l’écart de la foule pour respirer, un brun ago­ra­phobe notre Drieu 3.0. Puis s’endort. Lorsqu’il se réveille, stu­peur, Emmanuel Macron est prési­dent de Fran­conie et la pop­u­la­tion entière de Paris est réduite en une horde de zombies-chômeurs qui se bat­tent pour récupérer leurs droits. La fête de la veille n’est plus qu’un bain de sang et l’immeuble entier a été vidé, enfin presque. Le nou­veau Vélib et l’avenir des voies-sur-berge ont eu rai­son de la ville, dev­enue inviv­able. Comme tout bon film apoc­a­lyp­tique, la survie s’organise métic­uleuse­ment, et on y prend volon­tiers part. Qui n’a jamais rêvé de pénétrer dans tous ces 120m2 de la Rive Gauche ? Là, en plus d’y pénétrer, Sam les pille et prend tout ce qui peut lui servir. Lorsqu’il atter­rit dans cette cham­bre d’ado, la nos­tal­gie le fait dérailler. Il branche le walk­man et un morceau d’Heb Frue­man (Oui, Heb Frue­man !) lui explose les tym­pans. Un peu plus tard, ce sera le groupe G.L.O.S.S. qu’il rejouera à la bat­terie dans la cham­bre graf­fée des mots “Punk spirit”, “Rev­o­lu­tion” ou encore “Thrashit”. Ça va, c’est une image plutôt hon­nête de la rébel­lion dans le 6ème arrondisse­ment. Sam a besoin de se déten­dre mais la dou­ble pédale attire les zom­bies donc il est obligé d’arrêter et de dépenser son énergie à tra­vers des foot­ings inter-appartements, ce n’est pas la place qui manque. Même après l’apocalypse, Paris reste Paris. LIRE LA SUITE

La faculté de se détacher de tout

« Il est grand temps main­tenant de nous poser la ques­tion cap­i­tale et de chercher la cause de cette expres­sion morne et ten­due, cette expres­sion de hâte et de fièvre – cette expres­sion à la fois si apathique et si anx­ieuse, d’où sont absentes la joie de vivre et la paix – qui se lit sur le vis­age des pas­sants que nous croi­sons dans les grandes métrop­o­les occi­den­tales. C’est une expres­sion exacte­ment sem­blable, en fait, à celle que l’on pour­rait observer sur les traits des four­mis, les plus mis­érables des insectes asservis à la cou­tume. Si un film nous mon­trait des images de four­mis en gros plans géants, nous auri­ons à coup sûr l’impression de nous voir dans un miroir ! LIRE LA SUITE

BORN FOR HELL (1976)

Un vétéran du Viet­nam se retrouve perdu en Irlande du Nord en pleine guerre civile. Pourquoi, com­ment ? Ce n’est pas le prob­lème. Son seul objec­tif : ren­trer en Amérique et échap­per aux bombes et aux rafales de mitrailleuse. Seule­ment Cain Adam­son n’est pas un sol­dat comme les autres, la mort ne lui fait évidem­ment plus peur (il allume une clope sur un macch­a­bée dès la pre­mière scène de tuerie à l’église) pur ne pas dire qu’elle l’excite. Il a choisi de se tatouer sa devise sur le bras : “born for hell”. Une assem­blée d’étudiantes infir­mières (com­prenant au pas­sage Car­ole Laure et Chris­tine Bois­son) logeant dans la même mai­son va mal­heureuse­ment en faire les frais. Comme si les affron­te­ments sanglants entre catholiques et protes­tants ne suff­i­saient pas, elles vont con­naître l’enfer, pen­dant une nuit entière. Huit ans avant Com­bat Shock, ce film extrême­ment cru du Québé­cois Denis Héroux (égale­ment nommé Naked Mas­sacre) a été tourné à Belfast, Dublin et Ham­bourg et s’inspire du tueur améri­cain qui tor­tura huit infir­mières à Chicago lors d’une nuit de juil­let 1966. Âmes sen­si­bles, circulez !

L’ultima intervista