Elvis, prince des péquenauds

« Elvis est fréquem­ment accusé d’avoir, à lui seul, volé le rock’n’roll au peu­ple noir. « Les Blancs ont volé le rock’n’roll aux Noirs » scan­dent encore et tou­jours les papil­lons sen­si­bles de la musique. Bien sûr, les maisons de dis­ques appar­tenant aux Blancs ont escro­qué sans ver­gogne d’innombrables musi­ciens noirs, mais les péque­nauds, aussi, ont été dépouil­lés. Le rock’n’roll était essen­tielle­ment une musique sud­iste, avec des influ­ences noires et blanches entrelacées. Après tout, même le blues­man à la peau la plus som­bre du Delta chan­tait ses chan­sons en anglais. Ce qu’il faut retenir, c’est que ce sont les maisons de dis­ques du Nord et de Grande-Bretagne qui ont volé le rock’n’roll au Sud.
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Horrorcore !

Pour quelques loubards de plus

LA VIRÉE SUPERBE (1974, Gérard Vergez)

Argen­teuil, été 1973. “Un petit coin où Claude Monet… plan­tait sou­vent son chevalet… Au pas­sage merci à Francine… sans qui ce film ne serait pas.” Le ton est donné d’entrée. Imag­inez Les Valseuses tourné dans une MJC. Des potes s’emmerdent chaque week-end sur les bords de Seine et trompent leur ennui en faisant rugir leurs motos, comme le dit le pitch. Ils font aussi du théâtre, piquent des sacs à main et se bat­tent avec les flics. C’est d’ailleurs un des leurs, Roger, qui se retrouve aux prises avec un képi en plein chantier de la Gare de Lyon, course-poursuite, paf, bang, drame. De là, blessé à la jambe, le fugi­tif tombera sur un autre fugueur (moment relou du film), qui l’entraînera dans une prise d’otages loufoque lors d’une teuf de meufs, le soir du 14 juil­let. LIRE LA SUITE

Tout entendre, tout voir, tout montrer

« Niet­zsche dis­ait qu’on peut mourir d’être immor­tel; mais main­tenant ce qu’il faut dire c’est qu’on peut mourir d’être réel, et c’est tout le des­tin de notre monde de mourir d’être trop réel, d’être gavé de bien plus de réel qu’il n’en peut avaler et d’en mourir comme ce per­son­nage des Fic­tions de Borgès, Ire­neo Funes, qui meurt suf­fo­qué, lit­térale­ment engorgé de mémoire, parce qu’il est atteint de l’étrange mal­adie de ne rien pou­voir oublier, jamais. Nous c’est un peu le con­traire, nous oublions tout mais nous sommes obligés de tout voir, tout le temps, comme nous sommes obligés de tout enten­dre, nous sommes pris­on­niers de l’excès d’exhibition et de pré­ci­sion pornographiques, nous n’avons même plus le droit de détourner les yeux (ni les oreilles), ce serait une insulte à la con­fu­sion empathique des sen­ti­ments que com­mande la démoc­ra­tie ter­mi­nale pour que nous ne nous sen­tions plus jamais seuls. »

Fes­tivus fes­tivus, Philippe Muray, 2005.

J’te paaarle !


« Ou bien on est con, et c’est sans espoir, ou bien on l’est pas, et on a intérêt à ne pas changer ! »

BELLE (1973)

Math­ieu Gré­goire, écrivain, vit dans la petite ville belge de Spa. Un soir, alors qu’il roule sur la route som­bre qui tra­verse la forêt, il heurte un ani­mal. Il s’arrête et aperçoit une flaque de sang. Cet inci­dent l’obsède, il est en proie à des cauchemars. Le lende­main, il regagne les lieux et recherche l’animal. Il décou­vre un chien blessé et, en le suiv­ant, parvient dans une clair­ière où s’élève une mai­son en ruine. Intrigué, il pénètre dans la mai­son et décou­vre une jeune femme qui y vit… Chaque jour, il vient voir cette jeune femme tac­i­turne, étrange, qu’il a dénom­mée “Belle”. Cette aven­ture le rend nerveux: il laisse aller ses affaires, délaisse sa femme, et surtout est obsédé par l’image de Belle à laque­lle se mêle celle de sa pro­pre fille… LIRE LA SUITE

À quel public peut-on dire la vérité ?

« À qui s’adresse t-on dans les jour­naux ou dans les livres ? À quel pub­lic peut-on dire la vérité, à savoir que tout pub­lic est com­posé en grande majorité d’esprits infirmes et grossiers, qui n’aimeraient pas la vérité, sup­posé qu’ils la com­pris­sent et l’acceptassent, et qui pla­cent la beauté au niveau le plus bas ? Com­ment trou­ver un audi­toire dis­posé à enten­dre dire que la beauté, la vérité, les extrémités du goût, du sen­ti­ment et de l’intelligence, fac­ultés dont les par­ties essen­tielles se trou­vent à l’extrémité, ne sont pas faites pour la plu­part des hommes, qui doivent se con­tenter de sim­u­lacres ? LIRE LA SUITE

2016 !

UGC Illimité 8

Le moins pire de l’année :

1. Youth, Paolo Sor­rentino.
2. A Most Vio­lent Year, J.C. Chan­dor.
3. The Visit, M. Night Shya­malan.
4. Mad Max: Fury Road, George Miller.
5. Réal­ité, Quentin Dupieux.
6. Val­ley of Love, Guil­laume Nicloux.
7. Straight Outta Comp­ton, F. Gary Gray.
8. La Loi du marché, Stéphane Brizé.
9. Love And Mercy, Bill Pohlad.
10. Il est dif­fi­cile d’être un Dieu, Alexeï Guer­man.
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Playlist #45 : C’était 2015

01 — REAL LIES — Side­trip­ping
02 — A PLACE TO BURY STRANGERS — Now it’s over
03 — EXTRAVAGUE — Coeur noir
04 — LEBANON HANOVER — Moor
05 — MARCHING CHURCH — Liv­ing in doubt
06 — DER BLUTHARSCH — Inno­cent
07 — HANGMAN’S CHAIR — Drip­ping low
08 — JAMES FERRARO — Thrash & esca­late
09 — 40000 GANG — Bre­som
10 — THE EGYPTIAN LOVER — Zom­bies
11 — TZUSING — 4 floors of whores
12 — MOLECULE — Hébrides
13 — KAARIS — Comme Gucci Mane
14 — FREDDIE GIBBS — Pronto
15 — BOOBA — Zer
16 — YOUNG DOLPH — What­ever
17 — PNL — Loin des hommes
18 — MAIN ATTRAKIONZ — Shoot the dice
19 — THE GARDEN — Devour
20 — PRAYERS — Love is the enemy
21 — PICTUREPLANE — Esoter­ror­ist
22 — CARPENTER BRUT — Par­adise war­fare
23 — THE BEAUTIFUL ONES — Exhale (room 312)
24 — TITLE FIGHT — Mur­der your mem­ory
25 — COMMUNIONS — For­get it’s a dream

JUST TERROR (N STUFF)