Imposing Elitism

POUSSIÈRE D’ANGE (1987)

Après l’époque ‘flics de choc’, on entre dans l’ère Tranxène. Les flics sont tou­jours aussi soli­taires mais tristes, sales et alcooliques. Bernard Giraudeau “le baroudeur roman­tique” campe l’inspecteur Blount, largué par sa meuf (Fanny Cot­tençon, qu’il savate en plein milieu d’un restau­rant d’entrée de jeu) et qui, lassé de la chercher, se laisse entraîné au fond par une petite souil­lon orphe­line jouée par Fanny Bastien, le petit fan­tôme du cinéma français 80. Série Noire. LIRE LA SUITE

L’emploi du Temps

« Si, du moins, on pou­vait se per­suader que le temps n’existe pas, qu’il n’y a aucune dif­férence entre une minute et plusieurs heures, entre un jour et trois cents jours, et qu’on est ainsi de plain-pied partout ! Ce qui fait tant souf­frir, c’est la lim­ite et la lim­ite suc­cé­dant tou­jours à la lim­ite. Notre âme cap­tive dans un étroit espace n’en sort que pour être enfer­mée dans un autre espace non moins exigu, de manière que toute la vie n’est qu’une série de cachots étouf­fants désignés par les noms des diverses frac­tions de la durée, jusqu’à la mort qui sera, dit-on, l’élargissement défini­tif. Nous avons beau faire, il n’y a pas moyen d’échapper à cette illu­sion d’une cap­tiv­ité inévitable con­sti­tuée suc­ces­sive­ment par toutes les phases de notre vie qui est elle-même une illu­sion. »

Médi­ta­tions d’un soli­taire, Léon Bloy, 1916.
Légende: L’Emploi du Temps, Lau­rent Can­tet, 2001.

Explosions Textiles

TOUJOURS ICI // ET L’INTERVIEW LÀ

LA RAISON D’ETAT (1978)

“J’ai connu un légion­naire dans le temps, il s’était fait tatouer MERDE sur chaque paupière. Quand il était en face de gens comme nous, il fer­mait les yeux.”

Comment pisser en public

« Quand j’ai com­mencé à embaucher des rédac­teurs, j’ai remar­qué que les moins intéres­sants étaient ceux avec des diplômes en jour­nal­isme. Leur incom­pé­tence m’a vrai­ment frap­pée lorsque les plus expéri­men­tés d’entre eux ont com­mencé à nous inter­viewer pour des arti­cles dans d’autres pub­li­ca­tions. Ils n’avaient aucune idée de qui nous étions et pourquoi ils écrivaient sur nous, donc les embrouiller est devenu irrésistible.

La réponse québé­coise au New York Times, Le Devoir, voulait nous inter­viewer parce que quelqu’un d’autre l’avait fait. C’est comme ça que ça marche dans les médias. Un jour­nal­iste a les couilles de sor­tir un nou­veau sujet et les autres vien­nent s’accrocher dessus comme des lam­proies sur un requin. L’article orig­i­nal, celui qui nous a propulsé sur toutes les chaines de mon­tage est parti d’un can­u­lar. La vérité, c’est que nous avions changé le nom de Voice of Mon­treal en Vice pour éviter que les anciens pro­prié­taires ne nous pour­suiv­ent, mais c’était chi­ant comme his­toire, donc on n’avait changé le point de départ en “L’énorme et hor­ri­ble jour­nal améri­cain Vil­lage Voice nous a men­acé de nous faire couler donc on a dû changé de nom”. Une fois le pois­son ferré, le truc était dans tous les jour­naux du pays et pas une seule per­sonne n’avait pensé à véri­fier les faits ou même à appeler le Vil­lage Voice. Les Cana­di­ens adorent les his­toires de David-et-Goliath quand ce sont les Améri­cains les mau­vais, et ils n’allaient pas laisser les vrais faits ruiner leur délire. LIRE LA SUITE

Fric, cul, débauche


Brigade Mondaine (1978) Strip Tease from Flu­oglacial on Vimeo.

Cons de Français !

Le temps passe et les têtes tombent

« C’est comme ça que Batou a récolté deux têtes, un dou­blé assez rare. Elles con­stituent deux beaux trophées, qui sen­tent encore. Les pre­miers jours, je me demande com­ment le vil­lage a pu résis­ter à une pareille puan­teur. Je prends deux pho­tos. Mal­heureuse­ment je ne dis­pose pas de flash, et c’est sous la lumière de pau­vres chan­delles que je tire en pose, appuyé con­tre un poteau. L’une des têtes por­tent encore des cheveux, et des cen­taines de vers blancs bat­i­fo­lent sur les lèvres qui pen­dent, oh com­bien bas… Pas foli­chon, et quelle réu­nion de mouches ! Drôles de mœurs décidé­ment. Enfin, ça les regarde. Qu’ils coupent les têtes qu’ils veu­lent, du moment que ce n’est pas la mienne, mais qu’ils n’empestent pas tout le vil­lage. La fin de l’histoire, authen­tique, ne manque pas de fumet. Le dernier œil, qui pendait encore, étant tombé par terre, fut ramassé par un enfant de deux ans qui, sans doute dégoûté par cette odeur peu appétis­sante, le jeta dans la mar­mite. C’est sa mère, au cours du repas, qui décou­vrit le pau­vre œil… sous sa dent. Ces têtes avaient été coupées huit jours plus tôt… LIRE LA SUITE

Going to England

CLEANERS FROM VENUS — Going To Eng­land (1987, RCA)