La Culture du bla-bla

« Elle par­lait à tort et à tra­vers. Elle fait par­tie de cette cul­ture débile du bla-bla. De cette généra­tion qui est fière de son manque de pro­fondeur. Tout est dans la sincérité du numéro. Sincère, mais vide, totale­ment vide. C’est une sincérité qui part dans tous les sens, une sincérité pire que le men­songe, une inno­cence pire que la cor­rup­tion. Quelle avid­ité ça cache, cette sincérité, et ce jar­gon ! Ce lan­gage extra­or­di­naire qu’ils ont tous, et on dirait qu’ils y croient, quand ils par­lent de leur manque de valeur, alors qu’en dis­ant ça ils esti­ment au con­traire avoir droit à tout. Cette impu­dence qu’ils bap­tisent fac­ulté d’amour, l’avidité bru­tale qu’ils cam­ou­flent sous la pré­ten­due “perte de leur estime de soi”. Hitler aussi man­quait d’estime de soi. C’était son prob­lème. L’arnaque que ces jeunes ont mon­tée ! Cette mise en scène de la moin­dre émo­tion. Leurs “rela­tions”. Ma rela­tion. Il faut que je clar­i­fie ma rela­tion. Dès qu’ils ouvrent la bouche, j’ai envie de grimper aux rideaux. Tout leur dis­cours est un flo­rilège des con­ner­ies qui ont traîné ces quar­ante dernières années. La clô­ture nar­ra­tive. Autre cliché, tiens. Mes étu­di­ants n’arrivent pas à maîtriser leur pen­sée. La clô­ture nar­ra­tive ! Ils sont polar­isés sur le récit con­ven­tion­nel avec com­mence­ment, milieu et fin — toute expéri­ence ambiguë qu’elle soit, si épineuse, si mys­térieuse, doit se prêter à ce cliché de présen­ta­teur télé nor­matif et bien-pensant. Le pre­mier qui me parle de clô­ture nar­ra­tive, je vous le recale. Je vais leur en don­ner, moi, de la clô­ture nar­ra­tive, leur chapitre est clos. » LIRE LA SUITE

Comizi d’Amore

En 1964, Pier Paolo Pasolini réalise une enquête sur la sex­u­al­ité à tra­vers toute l’Italie. Il en tire un doc­u­ment vorizzimo, vis­i­ble entière­ment ici.

L’Art de la Subversion

US (2019)

1. Plus per­sonne ne sait faire de film d’horreur con­ven­able aujourd’hui (exit Ari Aster) donc pourquoi ne pas remet­tre le cou­vert après le couron­nement de Get Out. Jor­dan Peele a de l’ambition.

2. En saupoudrant son film d’une vague cri­tique sociale — les gilets jaunes sont des com­bi­naisons rouges — et en évi­tant l’écueil de la secte, le réal­isa­teur sait qu’il séduira davan­tage les médias que, dis­ons, le dis­cours d’Escape Game. Le beau-frère de Jor­dan Peele est le boss de BuzzFeed.

3. Le plus effrayant dans Us est son absence totale de sub­stance (ou son trop-plein d’idées dira-t-on) : des dou­bles malé­fiques sous terre repro­duisant les gestes de leurs alter egos à la sur­face, un ver­set de la Bible, une fête foraine, une chaîne humaine, des lap­ins, des ciseaux… Et tou­jours cette pro­por­tion gran­dis­sante des films actuels qui hési­tent entre expli­ca­tion et libre-interprétation. De toute façon, les spec­ta­teurs sont bêtes et iront chercher leur réponse sur Inter­net. Jor­dan Peele est un snob. LIRE LA SUITE

Haut les masques

« Il ne faut pas accepter tout le temps de jouer les imbé­ciles, il y a le risque que ça vous aille ! Après, les gens vous repren­nent. Et les rôles d’imbéciles sont sou­vent les meilleurs. C’est ce qu’on fait le mieux pour réus­sir. Si on se prend pour trop grand, on se casse la gueule. On n’a pas l’idée juste de ce qu’on est. Qui fait l’ange fait la bête, comme dit le dicton. »

L’ultime entre­tien de François Per­rot, à lire dans le Schnock #30.

PLAYLIST #48 : 201$

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01. GUCCI MANE = Money Callin
02. YOUNG DOLPH = Break The Bank
03. AMINE = Reel It In
04. KEVIN GATES = Adding Up
05. BELLY + YO GOTTI = Num­bers
06. XXXTENTACION + MATT OX = $$$
07. RICH THE KID + YG = Mo Paper
08. DENZEL CURRY = Cash Maniac
09. FUTURE + YOUNG SCOOTER = Doh Doh
10. 21 SAVAGE = Can’t Leave With­out It
11. MIGOS = Too Much Jew­elry
12. DARK POLO GANG = Lux­ory
13. CAPO PLAZA = Nike Boy
14. DIMZY + 67 = Funds
15. IAMDDB = Kurr£ncy
16. HOUSE OF PHARAOHS = Hun­dreds
17. ALKPOTE = Traque­nard
18. KOBA LAD = Tout
19. GUE PEQUENO + SFERA = Borsello
20. KEKRA = 10 Balles
21. LUCIANO = Mon­ey­Gram
22. VALD + SOFIANE = Ien­cli
23. DI-MEH = Kobeaf
24. SLIMKA = Diego
25. TOO $HORT = Give Her Some Money
26. BOOSIE BADAZZ = Miss Money
27. CITY GIRLS = Mil­lion­aire Dick
28. NICKI MINAJ + LIL WAYNE = Rich Sex
29. YOUNG SCOOTER = Never Broke Again
30. ASIAN DOLL = Rich Guy
31. CARDI B = Money Bag
32. LIL YACHTY + LIL BABY = Mickey
33. LEIKELI47 = Iron Mike
34. VINCE STAPLES = Don’t Get Chipped
35. CUPCAKKE = Navel
36. JID = Just Da Other Day
37. TRIPPIE REDD = Black Magic
38. RICO NASTY = Oreo
39. DANILEIGH + YG = Can’t Relate
40. YBN CORDAE = Price Tags

Classic.

« J’ai vu Rintintin à la télévi­sion et je me suis dit que si un chien arrive à le faire, il n’y a pas de rai­son que je n’y arrive pas. »

« J’aime bien tourner dans des west­erns parce qu’au moins les chevaux n’oublient pas leur texte donc on ter­mine à l’heure et je peux aller à la can­tine plus vite. »

« Pour moi, l’essentiel c’est que je ren­tre dans le plan sans rien ren­verser, puis j’en ressors. »

« Si on m’engage sur un film, je ferme les yeux, on peut me pein­dre les yeux sur mes paupières et je le joue. »

Robert Mitchum par André Wilms, SoFilm #67, 2019.

La Chute de l’empire américain

Les Prédicateurs et les Compatissants

« Il y a des prédi­ca­teurs de la mort et la terre est pleine de ceux à qui il faut prêcher de se détourner de la vie.
La terre est pleine de super­flus, la vie est gâchée par ceux qui sont beau­coup trop nom­breux. Qu’on les détourne de la vie, ces gens, au moyen de la « vie éter­nelle » !
« Jaunes » : c’est ainsi que l’on nomme les prédi­ca­teurs de la mort, ou « noirs ». Mais, moi, je veux vous les mon­trer sous d’autres couleurs.
Il y a ceux qui sont ter­ri­bles, qui promè­nent en eux la bête de proie et n’ont pas de choix, à moins que ce ne soient les plaisirs ou la mor­ti­fi­ca­tion. LIRE LA SUITE

Février du cinéma français

- Mar­ion et Ben, trente­naires, font con­nais­sance sur Tin­der. C’est à peu près tout ce qu’ils ont en com­mun ; mais les con­traires s’attirent, et ils déci­dent au petit matin de leur ren­con­tre de par­tir ensem­ble en vacances mal­gré l’avis de leur entourage. Ils par­tiront finale­ment… en Bul­garie, à mi-chemin de leurs des­ti­na­tions rêvées : Bey­routh pour Mar­ion, Biar­ritz pour Ben.

- Alain dirige une célèbre mai­son d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème pub­lie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé pop­u­laire et Valérie, com­pagne de Leonard, assiste vail­lam­ment un homme poli­tique. Les rela­tions entre les deux cou­ples vont se compliquer.

- La vie de Wanda va à vau-l’eau depuis qu’elle a une phlébite. Cette man­nequin jambes se retrouve au chô­mage tech­nique. En vacances à la mon­tagne, elle ne peut pas skier. Son mari ne la com­prend plus. Ses enfants non plus. Mais son vrai prob­lème porte un nom : le syn­drome du moni­teur de ski. LIRE LA SUITE