A heavenly dose of reality

« I loved how the Smiths cnnected with their audi­ence and I enjoyed watch­ing their emer­gence. One rea­son for my delight was the way they chal­lenged the main­stream ver­sion of what great pop music was. To me, they seemed like the antithe­sis of the likes of Duran Duran. As in every era, episodes of Top of the pops fea­tured a mix of music and you’d occa­sion­ally get a real gem, per­haps two, but gen­er­ally in the early 1980s, the pro­duc­ers and the pre­sen­ters turned each episode into a head­less, over-lit and cheesy office party. In this con­text, when the Smiths were on the show per­form­ing ‘This Charm­ing Man’ or ‘What Dif­fer­ence Does It Make ?’ they were like gate­crash­ers from another planet, bring­ing with them a heav­enly dose of reality.

When I inter­viewed John Tay­lor of Duran Duran, I told him all this, even though I felt a big mean doing so. I did know that when he was a teenager in the 1970s, he’d liked a lot of the same music Mor­ris­sey and Marr had, includ­ing Bowie and Mick Ron­son, of course, but their tastes and their bands had diverged. I told him that every time I got a glimpse of a Duran Duran video, with the band and a load of half-dressed women all aboard a yacht in the Indian Ocean or what­ever, in an era of ris­ing youth unem­ploy­ment and the min­ers’ strike, I just couldn’t cope. It was a weird jux­ta­po­si­tion. I told him there’s a lot I like about Duran Duran now, but back then we needed the Smiths. John was very under­stand­ing and very gen­tle­manly about it; ‘I know, Dave. I appre­ci­ate what you’re saying. »

Sonic Youth Slept On My Floor, Dave Haslam, 2018.

Radio Jaune

Horizombre

« Au-delà du jeu­nisme de Canal+, nous pou­vons voir sur nos écrans défiler l’après-midi des pub­lic­ités trai­tant de baig­noires sécurisées, de fuites uri­naires et d’assurances obsèques. Nous vivons dans un monde idéologique­ment dom­iné par l’âge, dans lequel les jeunes sont incités à se préoc­cu­per de leur retraite avant même d’avoir trouvé un emploi. Bien loin d’avoir des vieux qui restent jeunes d’esprit, les sociétés les plus avancées fab­riquent des jeunes pro­gram­més pour le vieil­lisse­ment, qui veu­lent par exem­ple le plus vite pos­si­ble acheter un loge­ment – c’est un com­plé­ment de retraite – et con­tribuent ainsi, en faisant mon­ter les prix, à la diminu­tion de leur pro­pre sur­face hab­it­able. Pour com­pléter le tableau, « l’État social des classes moyennes et des vieux » n’investit plus vrai­ment dans la con­struc­tion de loge­ments. LIRE LA SUITE

Béton Armé

Sérieux ?

« Dans un mer­veilleux arti­cle con­sacré à la diver­sité des sci­ences sociales, le Norvégien Johan Gal­tung com­parait, il y a plus de trente ans, les styles intel­lectuels anglo-saxon, ger­manique, français et japon­ais (Sax­onic, Teu­tonic, Gal­lic et Nip­ponic selon sa pro­pre ter­mi­nolo­gie). Il y évo­quait l’intellectuel anglais ou améri­cain, empirique, con­cep­teur d’une mul­ti­tude de pyra­mides de taille mod­este, point trop abattu lorsque l’invalidité de l’une de ses petites con­struc­tions était démon­trée. Il peignait l’intellectuel japon­ais comme un homme (ou une femme) pourvu(e) d’une roue mobile lui évi­tant un engage­ment trop fort dans un mod­èle trop défini, soucieux avant tout de ne pas oublier la com­plex­ité du monde. Il y décrivait l’intellectuel alle­mand, archi­tecte d’une impres­sion­nante pyra­mide unique, mais prêt à s’effondrer psy­chologique­ment si la faus­seté de son sys­tème était prou­vée. Il en venait enfin à l’intellectuel français, bâtis­seur comme l’Allemand d’une grande théorie, mais que Gal­tung représen­tait joli­ment comme un hamac tendu entre deux pôles, un sys­tème sous ten­sion jamais pris com­plète­ment au sérieux par son auteur, lui-même pressé de fuir autour d’un bon déje­uner une dis­cus­sion de fond. Écou­tons Gal­tung : « Je pense que l’intellectuel alle­mand (Teu­tonic) croit vrai­ment ce qu’il dit, une chose que son équiv­a­lent français (Gal­lic) ne ferait jamais vrai­ment… L’intellectuel français (Gal­lic) aurait plutôt ten­dance à con­sid­érer son mod­èle comme une métaphore qui jette un peu de lumière sur la réal­ité mais ne devrait pas être prise trop au sérieux. » LIRE LA SUITE

Voyoucratie


Salut à toi le voy­ou­crate, salut à toi Dave Decat.

La Vérité

Com­ment favoriser en nous cette sorte de délivrance ? Tout est para­doxal chez l’homme, on le sait bien. On assure le pain de celui-là pour lui per­me­t­tre de créer et il s’endort, le con­quérant vic­to­rieux s’amollit, le généreux, si on l’enrichit, devient ladre. Que nous impor­tent les doc­trines poli­tiques qui pré­ten­dent épanouir les hommes, si nous ne con­nais­sons d’abord quel type d’hommes elles épanouiront. Qui va naître ? Nous ne sommes pas un chep­tel à l’engrais, et l’apparition d’un Pas­cal pau­vre pèse plus lourd que la nais­sance de quelques anonymes prospères.

L’essentiel, nous ne savons pas le prévoir. Cha­cun de nous a connu les joies les plus chaudes là où rien ne les promet­tait. Et nous ont laissé une telle nos­tal­gie que nous regret­tons jusqu’à nos mis­ères, si nos mis­ères les ont per­mises. Nous avons tous goûter, en retrou­vant des cama­rades, l’enchantement des mau­vais souvenirs.

Que savons-nous, sinon qu’il est des con­di­tions incon­nues qui nous fer­tilisent ? Où loge la vérité de l’homme ?

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Travail ? Jamais !!

Glissez !

« Je demeu­rais songeur et triste devant la tombe que les fos­soyeurs comblaient. Je ten­tais de mémoriser un dis­cours de Ouap, de ces dis­cours décousus qui pour­tant frap­paient juste et touchaient fort. Les ter­mes exacts étaient presque ceux-ci : “Plaquez tout, les petits. Le tra­vail — dans ce con­texte — n’ennoblit pas l’homme. Les idéo­logues qui pré­ten­dent le con­traire, quelle est leur pro­fes­sion ? Et quelles sont les chances de durée, je veux dire de durer dans l’amour, d’un cou­ple qui se sépare à 7 heures pour se revoir vers 20 heures, fatigué, au cœur d’une bruyante cité HLM ? Moi, je suis parti longtemps, préférant la gêne dans le bleu de la Provence à la survie au milieu des odeurs de choux et de volailles, ici. Vos yeux sont des miroirs las de refléter les grues, le ciment, les tours et les usines. Glis­sez, mor­tels, sur la pente savon­neuse du turbin-chagrin ! Glis­sez vers les cimetières pop­u­laires surpe­u­plés ! Glis­sez sur vos rêves écrabouil­lés, magma rosis­sant et doré des splen­deurs à venir. Glis­sez sur le flot de vos larmes ren­trées, sur votre sueur, sur le sang des règles qui prend l’ouvrière debout quand, ailleurs, on va “s’étendre un moment”. Eh oui ! petit, je m’excuse mais c’est comme ça ! Glis­sez sous ce beau ciel qui part pour ailleurs ! Glis­sez au rythme du piano du voisin d’à côté qui était peut-être un vir­tu­ose et qui attend son can­cer loin de l’odeur du lilas et des roses ! Glis­sez, mor­tels et songez que ce n’est pas juste vis-à-vis des garçon­nets et des fil­lettes que vous étiez et qui auraient dû avoir tous les droits ! Ah ! nom de Dieu, vive la Révolution ! »

Tueurs de flics, Frédéric H. Fajardie, 1979.
Légende : Anthony Dominguez.

Italia 2018

TURIN (Pié­mont)


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