Être peu et se bat­tre con­tre le nombre

« Je doute fort qu’un jeune d’aujourd’hui puisse être intéressé par un vers, un coup de pinceau, un son qui ne com­porte pas un reflet ironique. Après tout, ce n’est pas com­plète­ment nou­veau, ni comme idée ni comme théorie. Au début du XIXe siè­cle, un groupe de roman­tiques alle­mands con­duit par les frères Schlegel proclama l’Ironie comme caté­gorie esthé­tique suprême pour des raisons qui coïn­ci­dent avec la nou­velle inten­tion de l’art. Celui-ci ne se jus­ti­fie pas s’il se lim­ite à repro­duire la réal­ité, la dupli­quant en vain. Sa mis­sion con­siste à sus­citer un hori­zon irréel. Pour y arriver, il n’existe pas d’autres moyens que de nier notre réal­ité, en nous situ­ant par cet acte au-dessus d’elle. Être artiste équiv­aut à ne pas pren­dre au sérieux l’homme si sérieux que nous sommes lorsque nous ne sommes pas artistes. LIRE LA SUITE

Le Cri

VIOLENT DAYS (2009)

Les Rock­abs : qui sont-ils ? où vivent-ils ? Quels sont leurs réseaux ? C’est ce à quoi la réal­isatrice Lucile Chau­four (égale­ment auteure de East Punk Mem­o­ries) tente de répon­dre dans ce docu-fiction tourné au début des années 2000 entre Paris et Le Havre. Et on est à des kilo­mètres du film rock. Après des débuts façon Strip-Tease, où des jeunes, des vieux, des ouvri­ers, des coif­feuses, des cou­ples, des familles entières racon­tent leur pas­sion rock et leur idée du bon­heur, face caméra, on suit une bande de potes direc­tion le con­cert du mois façon Rum­ble Fish (tou­jours entre réal­ité et fic­tion). C’est d’ailleurs cette par­tie fic­tion qui fatigue un peu, lorsque les scènes pati­nent dans les rêver­ies de l’actrice prin­ci­pale, Mar­i­lyn de l’Oise. Le réel est telle­ment plus roman­tique ! Ancré dans tout ce qui avait court avant l’année 1964 (musique, look, par­ler), Vio­lent Days trans­pose bien à l’écran noir & blanc le temps à l’arrêt, si car­ac­téris­tique de la scène rock­a­billy. LIRE LA SUITE

Hate explains everything

« Le pre­mier dis­cours de haine de l’Amérique fut la loi de sédi­tion de 1798. A peine vingt ans après la Déc­la­ra­tion d’Indépendance qui ren­ver­sait le gou­verne­ment bri­tan­nique par la force, les États-Unis rendaient crim­inel le fait de ren­verser le gou­verne­ment par la force. Voilà le nou­veau patron, le même que l’ancien. Il était désor­mais con­damnable de dire ou de pub­lier des choses qui pour­raient “exciter les haines pop­u­laires” con­tre les respon­s­ables gou­verne­men­taux. Alors peut-être que toute cette mas­ca­rade à pro­pos du “dis­cours de haine” a moins à voir avec le racisme qu’elle a à voir avec la cri­tique du gou­verne­ment. Voilà com­ment décom­poser le cour­roux du dis­cours haineux. LIRE LA SUITE

Method of Groove (1990–1995)

Move it moth­er­fuck­ers.

1990
BIOHAZARD — Wrong side of the tracks
1991
HATE FORCE — Step off
SUB ZERO — Wait­ing
THE ICEMEN — The harsh truth
LAMENT — Inter­re­ac­tion
LEEWAY — Who’s to blame
NOBODY’S PERFECT — Force­ful tac­tics
1992
DMIZE — Soul search
ONLY LIVING WITNESS — Twitch­ing tongues
WORLDS COLLIDE — Absolute
SICK OF IT ALL — The shield
1993
MERAUDER — Besiege the masses
25 TA LIFE — Sep­a­rate ways
BULLDOZE — The truth
NEXT STEP UP — Heavy
LIFE OF AGONY — Method of groove
1994
MADBALL — Set it off
VISION OF DISORDER — D.T.O.
1995
ELEMENTS DEC — The game ain’t the same
CROWN OF THORNZ — Men­tal mas­quer­ade
KRUTCH — My way
THE SPUDMONSTERS — Blood­line
SECTION 8 — Chap­ter 11
KICKBACK — Start of the end

Paris Jadis

Tourisme et Islamisme

« Tourisme et islamisme se dressent main­tenant, et pour pas mal de temps sans doute, face-à-face, comme deux con­cep­tions du monde, comme deux visions de l’homme et de la société, comme deux doc­trines com­plètes et cohérentes, et qui impliquent un pro­gramme et une action. Pour être la dernière-née des grandes con­cep­tions du monde, le tourisme comme ensem­ble doc­tri­nal n’est d’ailleurs pas la moins bien armée, la moins rigoureuse, même si elle ne peut met­tre en avant aucun penseur d’envergure, à part les tour-opérateurs. C’est une grande pen­sée floue et pos­i­tive, qui prend appui sur la Géo­gra­phie comme suc­cesseur de l’Histoire, et qui à mon avis a l’avenir devant elle, con­traire­ment à l’islamisme, même si celui-ci peut encore faire d’horribles dégâts. Je ne vois pas ce qu’il y aurait à lui opposer. La seule chose intéres­sante par rap­port à cette grande pen­sée spon­tanée, incon­sciente, mou­vante, c’est de la faire émerger à la con­science. Je m’y emploie. LIRE LA SUITE

LA MACHINE (1977)

Pierre Lentier, ouvrier d’usine en ban­lieue parisi­enne, assas­sine une fil­lette, se laisse arrêter, subit inter­roga­toires, enquêtes et contre-enquêtes, est con­damné à mort puis exé­cuté.
La machine du titre, c’est bien sûr la guil­lo­tine (tou­jours en exer­cice à l’époque où le film a été réal­isé), mais c’est aussi la machine sociale qui broie, la machine médi­a­tique qui s’emballe… Le film est autant un réquisi­toire con­tre la peine de mort qu’une réflex­ion sur la société, ses ressorts, ses aveuglements.

Comment ça va mes glandus ?

Où vous appren­drez pourquoi Philippe Noiret était l’acteur le mieux sapé de sa généra­tion, l’origine des insultes “glandu” et “bran­quig­nol”, que Bertrand Tav­ernier peut être sympa quand y veut, com­bien d’heures dor­mait Car­los pen­dant ses tournées et à quelle dis­tance de sa tête Claude François voulait que le siège de son auto soit réglé, com­ment l’affichiste Bernard Ville­mot a trans­formé la mar­que Orang­ina, à quel point l’incarcération type “Mid­night Express” de Pierre Clé­menti a mis un coup à sa car­rière, que Philippe Muray écrivait des romans de la série “Brigade Mondaine” pour arrondir ses fins de mois, com­ment Isabelle Adjani a accepté son rôle dans le mythique “Clara & les Chic Types” ou encore à quel point Michel Delpech en était juste­ment un, de chic type. Schnock, la dernière revue où l’on apprend des trucs ?

Le cas Delvaux

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