Tout le plaisir est pour moi !

« Je ne suis pas là pour faire plaisir aux gens. Je ne me présente pas aux élec­tions, je n’ai pas de mes­sage à don­ner. J’aime la con­tro­verse, la polar­i­sa­tion. L’idée même de rechercher l’attention des gens est une forme de méga­lo­manie. Il faut vivre avec et en rire, cela n’a pas de sens d’en devenir pré­ten­tieux. Je cherche à ce que les spec­ta­teurs se fassent vio­lence en voy­ant mes films, pour les éclairer. Je ne forcerai jamais quelqu’un à avoir un sen­ti­ment ou une pen­sée en par­ti­c­ulier, et je ne don­nerai jamais de réponse. LIRE LA SUITE

30 ans d’acteurs-chanteurs (1965–1995)

Le punk de Jean-Pierre Kal­fon, le folk de Valérie Lagrange, le glam de Ticky Hol­gado, le ska d’Etienne Chicot, la new wave d’Anicée Alv­ina, la synth-pop d’Elisabeth Wiener, la sophis­tipop de Gabrielle Lazure ou l’electro de Valérie Lemercier, quand le cinéma français se met vrai­ment à la musique, voilà ce que ça donne.

La fabrication du mainstream

« La cam­pagne com­mer­ciale d’un long-métrage hol­ly­woo­d­ien est un véri­ta­ble plan de bataille coor­donné sur plusieurs con­ti­nents. C’est l’étape essen­tielle de tout film main­stream. Durant les trente dernières années, ces cam­pagnes se sont pro­fes­sion­nal­isées et leur coût a décu­plé (env­i­ron 2 mil­lions de dol­lars pour un film de stu­dio en moyenne en 1975 ; 39 mil­lions en moyenne en 2003, mais fréquem­ment plus de 100 mil­lions pour les prin­ci­paux block­busters). LIRE LA SUITE

BLACK MASS (2015)

Dix ans après The Departed de Scors­ese, 25 ans après State of Grace, Strictly Crim­i­nal redore le bla­son de l’Irishploitation en nous con­tant l’histoire du “plus grand gang­ster améri­cain” (tué en prison l’année dernière après des années de cav­ale), James ‘Whitey’ Bul­ger, joué ici par un Johnny Depp plus chauve et gri­maçant que jamais. Avalanche de tronches, asso­ci­a­tion de flics mal­fai­teurs, coups bas/coups de pres­sions, et beau­coup, beau­coup de voitures, longues, larges et lardées de balles. LIRE LA SUITE

Disney über alles

« À l’origine du Roi Lion en comédie musi­cale, il y a le suc­cès du film qui en trois ans de dis­tri­b­u­tion, salles, home video et pro­duits dérivés inclus, a rap­porté près d’un mil­liard de dol­lars. « Eis­ner savait que les indus­tries créa­tives doivent con­stam­ment se renou­veler. Il ne voulait pas que Dis­ney devi­enne un musée, il fal­lait donc se réin­ven­ter chaque jour. C’est pour cette rai­son, puisque j’avais fait le film pour Dis­ney, qu’il m’a finale­ment donné le feu vert pour emmener Le Roi Lion à Broad­way », explique Schu­macher. Qui s’engage dans l’aventure avec les moyens financiers que l’on imag­ine. Pour expéri­menter le pro­jet, Dis­ney débloque immé­di­ate­ment 34 mil­lions de dol­lars. Deux­ième étape : le rachat d’un célèbre théâtre de la 42e rue, l’Amsterdam, un bijou d’architecture Art nou­veau datant de 1903, avec ses pein­tures murales allé­goriques, ses frises et ses mosaïques, peu à peu tombé à l’abandon à mesure que les sex-shops, la pros­ti­tu­tion, la drogue et les gangs ont envahi la rue. LIRE LA SUITE

:(

La culture du bla-bla

« Elle par­lait à tort et à tra­vers. Elle fait par­tie de cette cul­ture débile du bla-bla. De cette généra­tion qui est fière de son manque de pro­fondeur. Tout est dans la sincérité du numéro. Sincère, mais vide, totale­ment vide. C’est une sincérité qui part dans tous les sens, une sincérité pire que le men­songe, une inno­cence pire que la cor­rup­tion. Quelle avid­ité ça cache, cette sincérité, et ce jar­gon ! Ce lan­gage extra­or­di­naire qu’ils ont tous, et on dirait qu’ils y croient, quand ils par­lent de leur manque de valeur, alors qu’en dis­ant ça ils esti­ment au con­traire avoir droit à tout. Cette impu­dence qu’ils bap­tisent fac­ulté d’amour, l’avidité bru­tale qu’ils cam­ou­flent sous la pré­ten­due “perte de leur estime de soi”. Hitler aussi man­quait d’estime de soi. C’était son prob­lème. L’arnaque que ces jeunes ont mon­tée ! Cette mise en scène de la moin­dre émo­tion. Leurs “rela­tions”. Ma rela­tion. Il faut que je clar­i­fie ma rela­tion. Dès qu’ils ouvrent la bouche, j’ai envie de grimper aux rideaux. Tout leur dis­cours est un flo­rilège des con­ner­ies qui ont traîné ces quar­ante dernières années. La clô­ture nar­ra­tive. Autre cliché, tiens. Mes étu­di­ants n’arrivent pas à maîtriser leur pen­sée. La clô­ture nar­ra­tive ! Ils sont polar­isés sur le récit con­ven­tion­nel avec com­mence­ment, milieu et fin — toute expéri­ence ambiguë qu’elle soit, si épineuse, si mys­térieuse, doit se prêter à ce cliché de présen­ta­teur télé nor­matif et bien-pensant. Le pre­mier qui me parle de clô­ture nar­ra­tive, je vous le recale. Je vais leur en don­ner, moi, de la clô­ture nar­ra­tive, leur chapitre est clos. » LIRE LA SUITE

Comizi d’Amore

En 1964, Pier Paolo Pasolini réalise une enquête sur la sex­u­al­ité à tra­vers toute l’Italie. Il en tire un doc­u­ment vorizzimo, vis­i­ble entière­ment ici.

L’Art de la Subversion

US (2019)

1. Plus per­sonne ne sait faire de film d’horreur con­ven­able aujourd’hui (exit Ari Aster) donc pourquoi ne pas remet­tre le cou­vert après le couron­nement de Get Out. Jor­dan Peele a de l’ambition.

2. En saupoudrant son film d’une vague cri­tique sociale — les gilets jaunes sont des com­bi­naisons rouges — et en évi­tant l’écueil de la secte, le réal­isa­teur sait qu’il séduira davan­tage les médias que, dis­ons, le dis­cours d’Escape Game. Le beau-frère de Jor­dan Peele est le boss de BuzzFeed.

3. Le plus effrayant dans Us est son absence totale de sub­stance (ou son trop-plein d’idées dira-t-on) : des dou­bles malé­fiques sous terre repro­duisant les gestes de leurs alter egos à la sur­face, un ver­set de la Bible, une fête foraine, une chaîne humaine, des lap­ins, des ciseaux… Et tou­jours cette pro­por­tion gran­dis­sante des films actuels qui hési­tent entre expli­ca­tion et libre-interprétation. De toute façon, les spec­ta­teurs sont bêtes et iront chercher leur réponse sur Inter­net. Jor­dan Peele est un snob. LIRE LA SUITE