Tout le plaisir est pour moi !

« Je ne suis pas là pour faire plaisir aux gens. Je ne me présente pas aux élec­tions, je n’ai pas de mes­sage à don­ner. J’aime la con­tro­verse, la polar­i­sa­tion. L’idée même de rechercher l’attention des gens est une forme de méga­lo­manie. Il faut vivre avec et en rire, cela n’a pas de sens d’en devenir pré­ten­tieux. Je cherche à ce que les spec­ta­teurs se fassent vio­lence en voy­ant mes films, pour les éclairer. Je ne forcerai jamais quelqu’un à avoir un sen­ti­ment ou une pen­sée en par­ti­c­ulier, et je ne don­nerai jamais de réponse. Nous vivons dans une société où les ques­tions sont tou­jours suiv­ies de réponses, c’est devenu la base, c’est presque oblig­a­toire : nous devons tout expli­quer, mais plus per­sonne ne “pense”. Un artiste doit ques­tion­ner, mais ne jamais répon­dre. La polar­i­sa­tion d’un artiste se fait en com­men­tant le monde autour de lui ; cela peut m’arriver de le faire, mais je ne peux pas me label­liser en tant que politi­cien, je n’ai pas d’autre pro­gramme que d’inspirer des idées, des pen­sées. Je crois en la bonté des êtres humains, en notre intro­spec­tion. Lorsque vous bru­talisez le spec­ta­teur, vous l’obligez à faire son intro­spec­tion. Le bien, le mal, c’est la même chose : “Ce film est bien, ce film est nul”, et alors ? Je dis tou­jours : “Tout le plaisir est pour moi !” J’aime le pub­lic, mais je suis là pour le violenter. »

Nico­las Wind­ing Refn, La Sep­tième Obses­sion #21, 2019.

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