CENTRE DE TRI

69 — Adulte (Low­men)

Armand Gon­za­lez et Vir­ginie Peitavi exis­tent en duo depuis un bail, depuis le split de SLOY en fait. Ceci est leur deux­ième album en 69, passé aussi inaperçu que le pre­mier, au titre sig­nant défini­tive­ment leur matu­rité artis­tique. Je blague, mais je ne ferai pas rimer Baiser avec Béziers. Novo Rock lui, était beau­coup plus gai. Ici tout est très 2013; min­i­mal­iste, som­bre, mécanique. C’est une sorte de DEVO dépres­sif. Les titres No peo­ple, New order et One man army sont très biens. Ils ont même un clip, grand luxe, The Con. Tout ça fait une bonne moyenne sur 9.

A PLACE TO BURY STRANGERS — Strange moon (Dead Oceans)

Les new-yorkais poussent l’anti-audibilité encore plus loin en reprenant 7 morceaux du groupe DEAD MOON, garage de Port­land formé en 1987 et spé­cial­isé dans la cover en noir et gris. Putain ça nique les oreilles quand même, ils ont trans­formé les mignons orig­in­aux en mis­siles. Don’t burn the fires. Sinon, il faudrait ptet penser à changer de nom les gars, parce que vous par­ticipez quand même un peu à la mon­tée du fas­cisme ambiante.

FUTURE — Abyss (OCTA\VOLTA)

Ah, un ‘nou­veau groupe pop français’ qui ne fait pas honte. Les 4 titres très syn­thé­tiques mélan­gent un paquet de trucs comme il est cou­tume de faire main­tenant (shoegaze, élec­tron­ique, post punk, mélodies), ça marche comme dans les années 90. Juste un truc, le chant pêche un peu. Mais bon, si tout le monde s’appelait Oliver Ack­er­mann, ce serait pas très drôle non plus. Ils n’ont pas remis Youth con­spir­a­tion mais Cit­i­zen oui, le tube du EP. La citoyen­neté, parlons-en !

KURT VILE — Wakin’ on a pretty daze (Matador)

Tou­jours au top mais peut-être un peu trop pro­pre. Le beat­nik de Philly a défini­tive­ment quitté la planète lo-fi pour toucher les étoiles: Dire Straits et Bruce Spring­steen. Bon, c’est effec­tive­ment dur d’être aussi pro­fond que Nebraska mais Kurt s’en sort bien sur 3 titres très dif­férents: le bien loubard KV crimes, le fugain Never run away, et le très ping-pong Was all talk. Yieah dude.

MERCHANDISE — Totale nite (Night People)

Le type de ce groupe de Floride a bien trop écouté Moris­sey. Est-ce judi­cieux de pro­duire une nou­velle ver­sion de The Smiths en 2013 ? Eux-mêmes ayant repro­duit pen­dant des années la même chan­son. Depuis “Chil­dren of desire”, ce titre-de-chanson-de-Fugazi a quitté son style noise inutile pour com­poser des titres élé­gants, avoisi­nant 10 min­utes, comme Roser Park. Nuit totale sur la musique ? Who are you ? Je n’ai pas encore déter­miné si le qual­i­fi­catif naze était appro­prié.

THE KVB — Imma­te­r­ial visions (Citi­trax)

Ouais bon, on com­mence à com­pren­dre. The KVB a com­plète­ment ter­rassé Gary Numan sur le champ de la musique rétro-futuriste (I only see the lights). Il a atteint la lumière et aussi le sous-label de Min­i­mal Wave, gage de crédi­bil­ité. L’anglais peut aussi jouer de la musique d’humain élec­trique For the day. Peu lui importe, il a signé une des meilleures chan­sons post-apocalyptique, et l’a d’ailleurs remise ici, Dayzed. Mais pas con­fus.

AFTER DARK 2 (Ital­ians Do It Better)

Cette com­pi­la­tion s’est telle­ment faite atten­dre qu’elle n’a plus aucun intérêt. Surtout que hors ce qui est estampillé GLASS CANDY/CHROMATICS, et qui reste tout de même dis­cutable, ça va un moment la pleur­nicherie, le reste suce car­ré­ment. APPALOOSA quoi. Pour ten­ter de sauver le navire, MIKE SIMONETTI le magi­cien pro­duit un beat qui ter­rasse les vendeurs de chez Colette. Pas d’autres inédits inédits.

CRANES RECORDS (Cranes)

Une artistes/variés, encore, loin de l’Édu­ca­tion Française jadis chroniquée. Même si les pulls pure laine ne sont jamais loin des duf­fel­coats. Ce label de Le Mans (ou du Mans) ramène la Sarthe sur la carte. Tout ce qui est dessus n’est pas français mais VENERA 4 le sont mal­gré leur arro­gance très brit pop. “PASTEL CLOUDS — Cry­ing waves” n’est pas une blague sur le champ lex­i­cal de la shoegaze mais un autre agréable titre de la com­pile. L’invitation de CHEERS de même. Puis, AVGVST, pro­pose une techno gotchique qui n’a rien à voir. Mais ça reste dans le Crâne.

EN BREF.

Sec­ond bite of the apple est le nou­veau sin­gle de BEADY EYE, écrit en une heure par Liam Gal­lagher, comme le nou­vel album de DAFT PUNK. Mais enlevez donc vos putains de casques et écoutez plutôt Your side of town de THE DOLLY ROCKER MOVEMENT, c’est plus Mod et moins Mode.

L’album de LA FEMME s’appelle Psy­cho trop­i­cal Berlin (Born Bad) mais qui ne le savait pas. Il ressem­ble avec effroi à un jouet. Même si j’ai honte, je préfère encore écouter l’indie rock sucré de TELEKINESIS, le petit mec à lunettes de Seat­tle qui sif­fle du haut de sa petite colline.

Slow sum­mits de THE PASTELS prouve une fois de plus que les vieux groupes ne devraient pas revenir. Ready to die de THE STOOGES prouve deux fois de plus que les vieux groupes ne devraient pas con­tin­uer. Même si le titre éponyme est cool comme Johnny Thunders.

Les nan­tais de VON PARIAHS pré­par­ent un album mais en fait ce qu’ils fai­saient avant était mieux, comme cette adap­ta­tion indie-punk de John Car­pen­ter (No more fog, à une let­tre près ça deve­nait ten­dan­cieux) ou le refrain de Ougoudoudadebe. Pen­dant ce temps WAMPIRE qui eux, adap­taient Kraftwerk, jouent du garage hi-fi sur Curios­ity.

NE PAS OUBLIER: “QUI FAIT LA SOUPE DOIT LA BOIRE”

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