LES FAUVES (1983)

Atten­tion, pro­duit dan­gereux. LES FAUVES de Jean-Louis Daniel (auteur des introu­vables LA BOURGEOISE ET LE LOUBARD (1977) et MÊME LES MÔMES ONT DU VAGUE À L’ÂME (1980) et bien plus tard des séries Com­mis­saire Moulin et même du fameux Extrême Lim­ite) est un film à ne pas met­tre entre toutes les mains. Ama­teurs de sen­sa­tions fortes unique­ment. “La Veil­lance” (haha) est une société privée de gar­di­en­nage noc­turne qui patrouille dans tout Paris (police-milice!). Daniel Auteuil aka Berg, ancien cas­cadeur retiré pour cause de drame en fait par­tie. Ce mec est com­plète­ment dingue. Philippe Léo­tard, pété comme jamais avec sa flûte, rejoint aussi les rangs de ces losers de nuit. Il est com­plète­ment dingue aussi, et veut venger sa sœur/meuf (oui il y a de la sul­fure et de l’inceste) tuée acci­den­telle­ment par Berg lors d’une cas­cade enflam­mée. Mais ça Berg ne le sait pas.

Paris 1983. T’es prévenu. En par­lant de sul­fure, Flo­rent Pagny âgé de 22 ans joue le rôle de Nino, petit homo de la bande qui se fait tailler par ses col­lègues beaufs anti-mariage pour tous (mais ils ne le savaient pas encore), et qui se promène acces­soire­ment la bite à l’air. Jean-François Balmer est l’épave per­verse, nor­mal, il se fera descen­dre par Berg (mais c’est pas lui le coupable)) pour cause de ten­ta­tive de viol, Berg qui sera lui-même traqué par tout le reste de l’organisation menée par Farid Chopel, le tireur fou arabe. Il y a aussi Macha Méril en créa­trice de mode, alias Lise Charmel, le cheesy 80 est exploité à son max­i­mum. Nos flics-voyous se retrou­vent d’ailleurs en plein défilé-savane lors d’une folle scène au ralenti (presque digne de Sam Peck­in­pah) au milieu d’un pub­lic en folie. Le groove-funk “Night Rider” de Karoo en prime !

Dia­logues de feu à base de :
– C’est quoi ton vrai nom ?
– Michelle. Mais tout le monde m’appelle Mimi.
– Ouais, ça je sais.
de :
– C’est quoi ça ?
– C’est de la musique, t’aimes pas la musique ?
– Non.
ou encore un coup de gueule de fin qui dépote, en québé­cois svp :
– Çâ vous fait pâs chier d’vivre dans la noârceur, heiiin ?

Le final après une course-poursuite hale­tante qui rap­pelle UN TÉMOIN DANS LA VILLE en deux plans a lieu au Palais Omnis­ports de Bercy dont la con­struc­tion n’était pas encore ter­minée. (P. Léo­tard est d’ailleurs le pre­mier à avoir passé les 5 blocs en 3–6 flip, et en feu) Le duel Auteil VS. Léo­tard est certes moins charis­ma­tique qu’un Bel­mondo VS. Sharif mais c’est les années 80 oh. Place aux jeunes (et Farid Chopel de bal­ancer un laconique “c’est triste d’être vieux” après avoir mis un coup de boule au patron) ! Si t’aimes le Daniel Auteuil badass, le polar français avec des poils, L’ARBALÈTE et RUE BARBARE, jette-toi sur ce joyau.

LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE ORGANISE UNE SOIRÉE LES FAUVES/RUE BARBARE ven­dredi 20 décem­bre, à deux pas de Bercy nom de Dieu, san­ti­ags et cran d’arrêt de rigueur. Mais pas de mous­tache, seul Bernard-Pierre Don­nadieu sait la porter.

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[Jean-Louis Daniel est de retour ! Der­rière cet étrange pro­jet street-porn : The Skin Ter­ri­tory]

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