THE BLACK PANTHER (1977)

Entre 1971 et 1974, Don­ald Neil­son a mené une incroy­able dou­ble vie. Après avoir quitté l’armée et échoué dans dif­férents busi­ness (tax­i­man, bâti­ment), celui que toute l’Angleterre a surnommé “La Pan­thère Noire” a alors décidé de dédier son exis­tence au crime. Par­courant les plaines humides du York­shire à bord de sa Jeep, il étab­lis­sait des plans de bataille dignes d’un com­mando ; repérage, marches noc­turnes, camp­ing; tout ça pour atta­quer des bureaux de poste. Ne riez pas, la haine de La Poste est à ce point vivace outre-Manche. Seule­ment, au bout de 3 ans, au fur et à mesure que sa fameuse cagoule noire l’empêchait de respirer, il s’est mis à buter ceux qui le gênaient.

A trois reprises, des fac­teurs et leurs familles ont fait les frais du tueur fou. Et sa chevauchée sauvage a cul­miné en jan­vier 1975, lorsque Don­ald a décidé d’enlever Les­ley Whit­tle, une ado­les­cente de 17 ans, fille du patron de la com­pag­nie de bus Whit­tle, pour une rançon. Erreur, le truand devenant de plus en plus insta­ble et traqué, la trans­ac­tion ne se fera pas, et Les­ley sera retrou­vée morte deux mois plus tard, pen­due à la chaîne qui la rete­nait pris­on­nière dans une canal­i­sa­tion souter­raine. Comme une vul­gaire bête. Il fau­dra un an à la police pour met­tre la main sur Neil­son, qui se fera pren­dre en tenaille par des citoyens impliqués, devant un fish & chips, en décem­bre 1975.

Durant cette année-là, l’affaire sec­oua tout le pays, au même titre que l’affaire Chris­t­ian Ranucci ici. Mais en lieu et place du Pull-over rouge (adap­ta­tion du faits divers français), le film qui a immor­tal­isé cette tragédie bri­tan­nique a dégoûté une grande par­tie de la pop­u­la­tion (trop tôt, trop fort). Pour­tant, cette série B inti­t­ulée évidem­ment The Black Pan­ther et réal­isée par Ian Mer­rick est impec­ca­ble. Don­ald Sumpter est telle­ment infâme dans le rôle de Neil­son qu’il ne jouera qua­si­ment plus rien de val­able ensuite. On souhaite d’ailleurs bonne chance à celui qui incar­n­era Salah Abdeslam en 2050. Le vrai Neil­son, lui, est mort dans sa cel­lule en 2011, d’asphyxie, tiens tiens. Dans le film, on le voit rongé par la haine, envers sa femme, sa fille, la télé, le monde, lui-même, trans­formé en véri­ta­ble chien de guerre. Le film colle au max­i­mum aux faits réels et les plans sont bien froids comme il faut. Et ça tombe bien parce qu’il est ressorti en salles et en DVD l’été dernier, et main­tenant qu’il y a pre­scrip­tion, cour­rez le mater.

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