Le banlieusard tropical

Castel­hemis, de son véri­ta­ble nom Philippe Laboudigue, est né à Neuilly sur Seine le 11 juil­let 1948, mais il passera toute son enfance à Mont de Marsan, au cœur du pays Landais. Ado, ses 2 pas­sions étaient la gui­tare et le moyen-âge. Il fit ses pre­mières armes au sein d’une troupe d’animation médié­vale dans laque­lle il s’exercera au joyeux métier de trou­ba­dour. De cette péri­ode lui restera un surnom : Cas­tel. En 1969, avec son ami Bernard Vendôme, ils com­posent eux-mêmes les chan­sons et les bal­lades qu’ils inter­prè­tent au sein d’un spec­ta­cle de cheva­liers (Cas­tel & Vendôme).



Puis il forme un autre duo avec l’ancien chanteur du groupe Arthemis; ils se bap­tisent Castel­hemis. Lorsqu’il pour­suit son des­tin en solo, il gardera le nom de Castel­hemis, en sou­venir de cette époque. Il axera alors sa car­rière musi­cale sur toute la côte atlan­tique et par­ti­c­ulière­ment dans sa deux­ième patrie de cœur : la Bre­tagne. De 1974 à 1977, il par­court de nom­breuses MJC et cen­tre cul­turels et fait un pas­sage remar­qué à la journée nationale d’action HELP au square Montsouris à Paris. En 1978, un pre­mier album sort enfin chez Cézame. Cet album devient un suc­cès grâce au titre “Tchik y Tchik (La favella de Lev­al­lois)”. La Fnac le sélec­tionne parmi 12 chanteurs pour faire par­tie des con­tres hits. En 1979 sort son deux­ième album. A cette époque, Castel­hemis fait plus de 50 con­certs par an.

Son réper­toire musi­cal se décline alors sur des styles divers et var­iés : bal­lade, rock, médié­val, trop­i­cal (de nom­breuses influ­ences brésili­ennes), voire expéri­men­tal. Le prob­lème du région­al­isme, des gens dérac­inés est sou­vent présent dans ses chan­sons. Ses textes sont sou­vent engagés, par­fois irréels, et entraî­nent son audi­toire au voy­age ou à l’amour. Castel­hemis écoutait dans les années 70 prin­ci­pale­ment des chanteurs améri­cains mais se sen­tait tout de même assez proche de per­son­nal­ités comme Bernard Lav­il­liers ou François Beranger.

En 1983, Castel­hemis est vic­time d’un très grave infarc­tus avec opéra­tion à cœur ouvert; il diminué pen­dant un an, mais sa déter­mi­na­tion le fait remon­ter sur scène petit à petit. Avec la sor­tie en 1984 de l’album Coucou, Castel­hemis devient un phénomène pop­u­laire; ses albums se vendent cha­cun à plus de 50.000 exem­plaires sans qu’il ait pu être reconnu par les médias.

1986 mar­que son grand retour avec la sor­tie du 45T “Yoyo” , et d’Imag­ine un P’tit Bar, 33T beau­coup plus rythmé, mais tou­jours empreint de cette couleur mélangée entre le Brésil, le folk et la pop music. 1988 voit la sor­tie de son dernier album qui illus­tre son manque d’inspiration et sa désim­pli­ca­tion pro­gres­sive dans une société qu’il recon­nait de moins en moins. Après un nou­veau malaise car­diaque sur scène fin 88, il décide l’année suiv­ante, en 89, d’arrêter défini­tive­ment la chan­son. A par­tir de ce moment, il se lance dans le com­merce à tra­vers diverses entre­prises qui ont plus ou moins marché (restau­ra­tion, mai­son d’édition, immobilier…).

Après avoir tenu pen­dant 3–4 ans une crêperie réputée à Vannes dans le Mor­bi­han où il s’était installé, il eut pour des­sein de se ren­dre aux Antilles, pour voir si la vie était aussi douce qu’on le dis­ait. Finale­ment, il se lança dans l’aventure trop­i­cale à Saint Mar­tin où il reprit un restau­rant à ten­dance hispano-provençal, La Petite Chau­mière. Il vécut pen­dant tout ce temps dans un petit vil­lage du nom de “Cul de Sac”. De retour en France Mét­ro­pol­i­taine, Castel­hemis a pour­suivi ses pro­jets de restau­ra­teur en ouvrant en 2004 un restau­rant mérid­ional, à Sarzeau (Mor­bi­han), nommé La Pénin­sule, qui a défini­tive­ment fermé ses portes en mai 2006. A l’été 2007, il a repris le chemin des Antilles avec sa famille. 6 ans plus tard, il décé­dait à Paris, à l’âge de 64 ans.

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