ROUGES ET BLANCS (1967)

J’avoue que je n’ai pas pu aller au bout de l’autre chef d’œuvre de Miklos Jancso, Les Sans Espoirs (Szegénylegények), qui comme celui-ci pourtant, dure moins d’1h30. Je ne dois pas être habitué à la narration cyclique du cinéma hongrois. Rouges et Blancs (Csillagosok, Katonák) répond pourtant au même type de schéma, deux armées se mènent la guerre au milieu de vastes plaines, se capturent, courent nus dans les bois, ou dans la Volga, se protègent dans des forts, hôpitaux ou monastères, et puis recommencent inlassablement, comme un jeu sans fin, le jeu de la guerre selon Miklos Jancso.

Les Sans Espoirs, est plus axé sur l’univers concentrationnaire et les stratagèmes utilisés pour coercer des prisonniers. Le film illustre la lutte du patriote Kossuth Lajos et de son armée pour l’indépendance de la Hongrie, rattrapée, maîtrisée et humiliée par l’autorité autrichienne. Dans Rouges et Blancs, Jancso revient sur la défaite des Tsaristes (les blancs), chassés par les bolcheviques et les communistes hongrois (les rouges) après la révolution de 1917. Le climat extrêmement austère de ces deux films ne néglige pourtant pas l’action. Des prisonniers lâchés dans la nature pour une partie de chasse à l’homme des officiers, des trahisons dans tous les rangs, des femmes nues, des hommes torse nus, des chevaux au galop, une scène de valse dans les bois, et les tirs au pigeon dans les fourrés, qui se rapprochent toujours plus. Ce film offre plein de choses. Les chefs ne sont jamais ceux que l’on croit. Les camps sont approximatifs. Les exécutions répondent au plus grand des hasards. On ne devrait plus dire « jouer aux indiens et aux cowboys » mais « jouer aux tsaristes et aux commistes » tellement tout ça ressemble à une gigantesque party de campagne

Miklas Jancso ne prend pas parti de manière évidente, même si l’on se doute où vont ses aspirations. Il démontre dans une atmosphère minimaliste la folie objective de la guerre. C’est assez unique comme film, sans protagonistes, sans intrigue centrale, sans chemises et même parfois sans pantalons. Bref, ceci n’est pas un film de guerre américain, donc cela peut parfois être éprouvant, mais le spectacle est ailleurs.

10 ans plus tôt, Louis-Ferdinand chantait, un truc qui colle encore au cœur et au corps :

 » En vrai, un continent sans guerre s’ennuie… sitôt les clairons, c’est la fête!… grandes vacances totales! et du sang!… de ces voyages à n’en plus finir! les armées décessent pas de bouger!… entremêler, rouler encore! jusqu’elles éclatent… convois, locos, trains panzers!… blindés fourgons « mâles munitions » plus et encore! « 

1 Commentaire

  1. Je cours sur le champ trouver ce film, j’en avais entendu parler mais je ne trouvais plus la référence, merci !

LACHER UN COM