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L’emploi du Temps

« Si, du moins, on pou­vait se per­suader que le temps n’existe pas, qu’il n’y a aucune dif­férence entre une minute et plusieurs heures, entre un jour et trois cents jours, et qu’on est ainsi de plain-pied partout ! Ce qui fait tant souf­frir, c’est la lim­ite et la lim­ite suc­cé­dant tou­jours à la lim­ite. Notre âme cap­tive dans un étroit espace n’en sort que pour être enfer­mée dans un autre espace non moins exigu, de manière que toute la vie n’est qu’une série de cachots étouf­fants désignés par les noms des diverses frac­tions de la durée, jusqu’à la mort qui sera, dit-on, l’élargissement défini­tif. Nous avons beau faire, il n’y a pas moyen d’échapper à cette illu­sion d’une cap­tiv­ité inévitable con­sti­tuée suc­ces­sive­ment par toutes les phases de notre vie qui est elle-même une illu­sion. »

Médi­ta­tions d’un soli­taire, Léon Bloy, 1916.
Légende: L’Emploi du Temps, Lau­rent Can­tet, 2001.

Généalogie de l’Âme

« Les cro­quants dont je suis ne savent rien ou presque rien au-delà de leurs aïeux immé­di­ats, pater­nels ou mater­nels ; mais les uns comme les autres ignorent invin­ci­ble­ment leur par­enté sur­na­turelle, et les gouttes d’un sang plus ou moins illus­tre dont se récla­ment les superbes ne con­stituent pour per­sonne l’IDENTITÉ. LIRE LA SUITE

Méditation d’un Solitaire

« L’accroissement con­tin­uel des dif­fi­cultés de la sub­sis­tance matérielle a beau aver­tir les plus épais du détraque­ment de la mécanique sociale, et la rage vis­i­ble des entre­pre­neurs d’anarchie a beau gron­der autour d’eux de plus en plus fort; ils ont des doc­teurs pour leur enseigner que tout cela n’est qu’une crise pas­sagère, effet d’une exces­sive ten­sion des ressorts, et qu’aussitôt après la vic­toire dont ils répon­dent, hommes et choses repren­dront leur équili­bre. Si ce n’est pas pré­cisé­ment l’âge d’or qu’ils promet­tent, ce sera peut être l’âge d’argent ou, au pis aller, «l’âge du papier» qui paraît avoir com­mencé déjà. LIRE LA SUITE