UGC Illimité 2


THE PLACE BEYOND THE PINES – Derek Cianfrance

Que de chemin parcouru pour Ryan Gosling depuis The Believer. Tatoué de la tête aux mains, il revient mettre un coup de carbu dans ce DRIVE du pauvre. Le stylisme étudié de son personnage, tout en tye-and-dye, motifs et coupes gigot, décontenance. Bières, terre et cambouis forment le paysage de Luke Glanton, lui qui vient de quitter sa place de cascadeur au cirque (kaos?) local. Le moto-bandit va maintenant braquer des banques en binôme avec un mec mécano. Ça merde vite et son enfant (belle performance), fruit de son amour pour Romina (Eva Mendès, dans un rôle engagé contre le port du soutien-gorge) va se retrouver vite orphelin. L’anti-héros meurt à la moitié, merde. La parenthèse Sean Penn est bouclée et on entre dans le cycle James Mangold. Le flic qui a buté Luke, Avery James (Bradley Cooper au sommet), est porté en héros par sa brigade mais revient vite sur terre quand ce putain de Ray Liotta le soumet à ses magouilles. 15 ans plus tard, on passe aux enfants qui ont grandi pour le cycle Larry Clark, drogue, rap et bmx. Mélangez le tout pour obtenir du Inarritu. Ou comment si Eva Mendès avait pardonné, 6 vies n’auraient pas été gâchées. Qui va oser porter ses t-shirts à l’envers après tout ce temps perdu ? (Au fait, c’est quoi cette nouvelle manie de proposer trois affiches moches pour un même film ?)

CAMILLE CLAUDEL 1915 – Bruno Dumont

Lundi des patates. Mardi des patates. Mercredi des patates. Jeudi des cailloux. Vendredi du théâtre. Samedi des prières. Dimanche la visite du frère. Une fois par an, Paul vient absoudre ses péchés en visitant sa bonne sœur, internée dans un asile au sud de nulle part. Joué par un sosie gros de Lucchini avec moustache, Paul passe mal à l’écran, l’œil illuminé. Juliette Binoche elle, se complaît bien dans son rôle mythique d’artiste prise de folie et de paranoïa. Les fous sont fun, mais ça survole beaucoup, contrairement à d’habitude chez Bruno Dumont. Au moins, les paysages sont toujours beaux et léchés, voyez un peu ce vent de Dieu qui souffle sur ces têtes cabossées. Bref, c’est pas bouleversant, est-ce honnête et fidèle aux écrits ? Ou à l’original ? Je ne sais. Depuis Thérèse Desqueyroux ou La Religieuse, le cinéma français re-découvre-t-il le catholicisme ?

SPRING BREAKERS – Harmony Korine

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DU PLOMB DANS LA TÊTE (BULLET TO THE HEAD) – Walter Hill

La force tranqu’Hill marque définitivement ce film de sa patte, un film dont personne n’attendait rien, qui plus est une adaptation d’un roman graphique comme on dit maintenant. Un film ambiant, lent, Nouvelle-Orléans, qui nous conduit inévitablement au combat final, dans un entrepôt désaffecté si possible. Tempo 80’s. Tong Pô! Les clichés sont respectés mais la sauce prend beaucoup mieux que sur Le Dernier Rempart. Stallone bouge mieux c’est sûr, même si toutes les veines de son corps sont à deux doigts d’exploser, à l’inverse de Jason Momoa le mercenaire viking. Le pauvre Sung Kang lui, a en revanche besoin de son Blackberry pour exister dans ce film, un bon compromis entre quota et placement de produit. Les femmes sont là, Weronika Rosati et Sarah Shahi, qui fait des gribouillis et des tatouages, est plus sexy que Mickey Rourke, et plus sexy que Christian Slater réduit en sous-homme. Un film sympatoche et extensible, entre buddy-cop, buddy-thug et buddy-weiser.

ANTIVIRAL – Brandon Cronenberg

La première fois que je me suis barré avant la fin d’un film, c’était pendant Cosmopolis. Enculé de Cronenberg. Le film du fiston, aussi minimaliste que l’autre, présentait un risque. Il faut laisser sa raison de côté, et ce dès la lecture du synopsis: Dans un futur proche à Toronto, un médecin nommé Syd March travaille dans une toute nouvelle clinique proposant un service surprenant. Les clients qui se rendent dans cet établissement viennent se faire injecter les maladies de leurs idoles. Ce n’est pas tout. Syd revend les virus qu’il obtient de première main à un cuistot du coin qui les cultive et en fait des steaks de cellules vendus à une clientèle toujours plus nombreuse. Longue vie à la nouvelle chair ? Jusqu’au jour où contaminé par la maladie incurable de la starlette Hannah Geist, Syd le fanatique qui adore le goût du sang qui n’est pas le sien, va se retrouver utilisé dans le programme « afterlife » de la firme concurrente, ou comment continuer à cultiver ses cellules après sa mort. Un caméo de Malcolm McDowell, une réalisation cadavérique toute de blanc vêtue (trop arty?), une science-fiction malade qui porte bien son nom (trop intellectuelle?), et un futur technologique radieux qui s’ouvre à nous. For the true connoisseur only.

PASSION – Brian De Palma

Un thriller sulfureux et diabolique sur le monde de l’entreprise ? Le masque de l’affiche assurait un public large entre clients des Chandelles, fanatiques de cinéma espagnol torturé ou tout simplement zavattas de carnaval. Contrairement aux films d’action abordés ici, le casting a opté pour des actrices au physique moins évident (et donc plus douées?), vu qu’elles portent tout de même la culotte et le pantalon droit de décideur. L’escalade de l’humiliation au fil des manipulations est bien sentie. La réussite passe donc évidemment par la traîtrise et l’hypocrisie ? Et par l’utilisation constante du macbook ? Quel est votre message monsieur De Palma ? De plus, cette façon de conclure un film par un triple rêve qui sème un trouble rétro-actif dans le cerveau du spectateur est bien une technique d’enfoiré. Trop de twists pour un film non-tourné à St Tropez.

LA FILLE DE NULLE PART – Jean-Claude Brisseau

Pas de muscles, ni d’armes à feu chez Brisseau, même si l’on se souvient de Bruno Crémer dans De Bruit et de Fureur, s’entraînant au tir au fusil dans son appart. Sacré Bruno. C’est d’ailleurs lui qui a légué un peu de flouze à Jean-Claude pour lui permettre de tourner ce truc dans son appartement, et même d’y jouer dedans pour réduire les coûts. J’avoue que je n’ai pas vu ses films de la décennie 2000 où amour se conjugue avec passion et se ponctue d’interdits. Celui-ci n’a en tous cas rien à voir. Même s’il sent la récitation de texte (on ne peut pas être devant et derrière la cam), un truc t’y retient. Le fantastique déjà, qui survient quand tu ne l’attends pas, finement en plus. Je ne sais pas si JC habite toujours rue de Maubeuge mais l’appart est relativement sympa, doté d’une bibliothèque et filmothèque importante. Pas trop cher à chauffer ? Que dire de plus ? C’est con qu’il meurt à la fin. Ah mais non, personne ne meurt vraiment dans ce film, tout est là !

LE DERNIER REMPART (THE LAST STAND) – Kim Jee-Woon

Est-ce que ça en valait vraiment la peine ? Schwarzy se traîne comme s’il était en ciment, ses répliques ne sont même pas drôles (si elles ne l’étaient pas non plus par le passé son répondant permettait de faire l’appoint) et puis bon, je cherche encore l’unique bonne idée du scénario. L’Asie est représentée par le réalisateur, qui est d’ailleurs bien meilleur au pays (A bittersweet life, I saw the devil). La communauté mexicaine est elle représentée par un adjoint au shériff feignant, gras du bide et rigolard. La communauté afro-américaine est représentée par Forest Whitaker, toujours au top dans les rôles inutiles d’agent fédéral. Harry Dean Stanton se fait exploser sur son tracteur dès le départ tandis que Eduardo Noriega, l’acteur de Amenabar et Del Toro, joue le méchant trafiquant, et Johnny Knoxville le taré de service, déconne ? La présence féminine consiste en Jaimie Alexander et Genesis Rodriguez (oui?). Un casting assez étrange (même Sonny Landham, l’habitué de l’action 80’s est là), qui ne permet pourtant pas au film d’échapper à une comparaison avec Walker Texas Ranger, désolé.

UGC Illimité 1 (Hiver 2012)
UGC Illimité 3 (Printemps 2013)
UGC Illimité 4 (Été 1973)
UGC Illimité 5 (Automne 2013)

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