L’envers puritain

« D’une manière plus générale, on peut dire que c’est par l’identification à l’idéal d’une fétichi­sa­tion mon­di­al­isée du corps et du sexe des humains et des non-humains, et à tra­vers la pré­va­lence général­isée d’un efface­ment de toutes les fron­tières — l’humain et le non-humain, le corps et la psy­ché, la nature et la cul­ture, la norme et la trans­gres­sion de la norme, etc. — que la société mer­can­tile d’aujourd’hui est en train de devenir une société per­verse. Autant d’ailleurs par la dif­fu­sion d’images que par l’instauration d’une pornogra­phie virtuelle, policée, pro­pre, hygiéniste, sans dan­ger appar­ent. Cette société est plus per­verse en quelque sorte que les per­vers qu’elle ne sait plus définir mais dont elle exploite la volonté de jouis­sance pour mieux ensuite la réprimer. Quant aux théories anti­spé­cistes sur la libéra­tion ani­male, comme de nom­breuses autres du même genre, qui par­o­di­ent l’idéal du pro­grès et des Lumières, elles ne sont que l’envers puri­tain de la face vis­i­ble de cette pornogra­phie domestiquée. »

La part obscure de nous-mêmes, Elis­a­beth Roudi­nesco, 2007.
Légende : Der Freie Wille, Matthias Glas­ner, 2006.

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