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Lettre à l’artiche

« Un jour, on m’a réveillé à huit heures du matin. Un type m’a annoncé au bout du fil que j’allais tourner deux jours dans un court-métrage de Roger Leen­hardt, Le Beat­nick et le Minet. Il a ajouté que je toucherais cinq cents francs par jour. Cinq cents balles par jour en 1965! J’ai com­pris d’un trait ce qu’était l’argent. Ce fut une révéla­tion. Sans doute parce que c’était de l’argent hon­nête. Avant, quand j’avais besoin de blé, je fai­sais du trafic avec les Améri­cains à Château­roux. Whisky, cig­a­rettes, ce n’était pas un prob­lème. A l’occasion, je volais un petit peu, pour me faire plaisir. D’ailleurs, sur un film, s’il m’arrive de repérer une jolie poignée de porte, je ne peux pas résis­ter. C’est une façon de laisser une mar­que, son empreinte. J’aime aussi beau­coup les cen­dri­ers dans les grands hôtels. Cela me rend euphorique ces fric-frac. Par­fois, je suis un peu ennuyé, parce qu’il m’arrive de me “servir” chez mes meilleurs amis! Demain soir, je dîne à l’Élysée… LIRE LA SUITE