TOUS LES ARTICLES AVEC Philippe Muray

Tourisme et Islamisme

« Tourisme et islamisme se dressent main­tenant, et pour pas mal de temps sans doute, face-à-face, comme deux con­cep­tions du monde, comme deux visions de l’homme et de la société, comme deux doc­trines com­plètes et cohérentes, et qui impliquent un pro­gramme et une action. Pour être la dernière-née des grandes con­cep­tions du monde, le tourisme comme ensem­ble doc­tri­nal n’est d’ailleurs pas la moins bien armée, la moins rigoureuse, même si elle ne peut met­tre en avant aucun penseur d’envergure, à part les tour-opérateurs. C’est une grande pen­sée floue et pos­i­tive, qui prend appui sur la Géo­gra­phie comme suc­cesseur de l’Histoire, et qui à mon avis a l’avenir devant elle, con­traire­ment à l’islamisme, même si celui-ci peut encore faire d’horribles dégâts. Je ne vois pas ce qu’il y aurait à lui opposer. La seule chose intéres­sante par rap­port à cette grande pen­sée spon­tanée, incon­sciente, mou­vante, c’est de la faire émerger à la con­science. Je m’y emploie. LIRE LA SUITE

L’anti-monde

« … sous l’œil vig­i­lant des Mil­ices égali­tistes, l’incitation à l’hétérosexualité est désor­mais alignable sur l’incitation, par exem­ple, à la haine raciale. Tous ces phénomènes mon­strueux au sens strict ne font que com­mencer, et ils n’ont pas encore pro­duit leurs plus suc­cu­lents effets, mais ça ne saurait tarder. “L’enfer se hait lui-même”, dis­ait Bernanos. Il faut ajouter que l’enfer auquel, sous les espèces spé­ci­fiques d’associations infati­ga­bles et déchaînées, on donne aujourd’hui la parole et le pou­voir, et notam­ment, dans les tri­bunaux, qui sont devenus les prin­ci­paux théâtres où ces inter­mit­tents de la per­sé­cu­tion se don­nent à voir, n’aura de cesse d’y pré­cip­iter tous les êtres sans excep­tion. Car cet enfer, comme d’ailleurs tous les enfers depuis que les hommes ont décou­vert l’existence des enfers, est rem­pli de damnés qui ne sup­por­t­ent pas d’être seuls damnés. C’est même à cela que l’on recon­naît le damné : à ce qu’il ne peut pas tolérer de rester seul ; et à ce qu’il va s’efforcer de pré­cip­iter tout le monde dans sa damna­tion. Dans le lan­gage de notre époque, qui essaie à grand-peine de trans­former la téra­tolo­gie quo­ti­di­enne en nor­mal­ité (c’est l’essentiel de son tra­vail), cela s’appelle flat­teuse­ment un mil­i­tant… » LIRE LA SUITE

Réappropriation !

« …je voudrais une nou­velle fois m’arrêter sur ce stéréo­type de la réap­pro­pri­a­tion de la cité, véri­ta­ble psittacisme que les nervis dada de la Mairie de Paris, mais pas seule­ment eux, ont sans cesse au bec. Récem­ment, dans un quo­ti­dien, on par­lait d’inciter les gens à “se réap­pro­prier les points d’accès pub­lic à l’Internet sans fil”, c’est-à-dire le réseau wi-fi, comme si quelque chose qui vient seule­ment d’apparaître pou­vait déjà avoir été mécham­ment dérobé et qu’il fal­lait par­tir à sa recon­quête. Qu’est-ce que c’est que cette affaire de réap­pro­pri­a­tion générale et de réap­pro­pri­a­tion de Paris en par­ti­c­ulier ? LIRE LA SUITE

Tout entendre, tout voir, tout montrer

« Niet­zsche dis­ait qu’on peut mourir d’être immor­tel; mais main­tenant ce qu’il faut dire c’est qu’on peut mourir d’être réel, et c’est tout le des­tin de notre monde de mourir d’être trop réel, d’être gavé de bien plus de réel qu’il n’en peut avaler et d’en mourir comme ce per­son­nage des Fic­tions de Borgès, Ire­neo Funes, qui meurt suf­fo­qué, lit­térale­ment engorgé de mémoire, parce qu’il est atteint de l’étrange mal­adie de ne rien pou­voir oublier, jamais. Nous c’est un peu le con­traire, nous oublions tout mais nous sommes obligés de tout voir, tout le temps, comme nous sommes obligés de tout enten­dre, nous sommes pris­on­niers de l’excès d’exhibition et de pré­ci­sion pornographiques, nous n’avons même plus le droit de détourner les yeux (ni les oreilles), ce serait une insulte à la con­fu­sion empathique des sen­ti­ments que com­mande la démoc­ra­tie ter­mi­nale pour que nous ne nous sen­tions plus jamais seuls. »

Fes­tivus fes­tivus, Philippe Muray, 2005.

Chers djihadistes

« Toutes ces réflex­ions aussi brèves que super­fi­cielles n’avaient pour but que de vous faire savoir où vous met­tez les pieds. Et, une fois encore, de vous aver­tir que nous vain­crons parce que nous sommes les plus faibles.

Craignez la fureur des mou­tons ! Craignez la colère des bre­bis enragés !
Vous voulez notre peau, mais sachez que nous nous bat­trons jusqu’au dernier et que si par mal­heur vous tri­om­phiez ce ne serait que sur des mon­ceaux de cadavres comme vous ne pou­vez pas en imag­iner et qui, même à vous, soulèveraient le cœur et sup­primeraient jusqu’à l’envie de jouir de votre tri­om­phe. LIRE LA SUITE