L’AGRESSION (1975)

En 1974, Gérard Pirès tourne L’AGRESSION, entre deux comédies grivoises. C’est d’ores et déjà le film le plus vio­lent de France. Dans le rôle du vengeur non-masqué, il choisit Jean-Louis Trintig­nant qui, dans les 70’s, excelle partout où il passe et dézingue chaque film de son ric­tus car­nassier, surtout quand on parle polar : LE VOYOU de Claude Lelouch, SANS MOBILE APPARENT de Philippe Labro, LA COURSE DU LIÈVRE de René Clé­ment, L’ATTENTAT d’Yves Bois­set et tout en haut : UN HOMME EST MORT de Jacques Deray. Il réalise même son pre­mier et avant-dernier film en 1973, le loufoque et presque sans dia­logue UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE.

Bref, il campe ici Paul Var­lin, un homme qui vient de se faire chahuter par un bal­let de motards sur l’autoroute et qui reprend tout juste con­nais­sance. Sa femme est morte à ses pieds, sûre­ment vio­lée, sa fille aussi. C’est pas la grosse forme. Il se retrouve à errer en Alpes-de-Haute-Provence, sans savoir quoi chercher, et finit par se taper Cather­ine Deneuve (très délurée) la sœur de sa femme, rev­enue pour l’enterrement. Tout part en vrille. Lui n’a plus qu’un seul objec­tif : retrou­ver les trois motards casqués qui ont ruiné sa vie. T’imagines la suite ?

Les qua­tre points à retenir de ce film (outre le fait que Jean-Louis soit habillé en Chris­t­ian Dior Monsieur) :

1/ Claude Brasseur, avant qu’il n’attrape le syn­drome du veau, incarne ici un rôle sans aucune fausse note, et nous grat­i­fie de plusieurs excel­lentes scènes comme sa tirade sur la société régie par le CUL et la VIOLENCE (“Cul et vio­lence ! Cul et vio­lence !”) ou son taf musi­cal autour du rut (toutes deux rejetées par Dai­ly­mo­tion et YouTube) : réac­tion­naire, mau­vais, per­vers, musi­cien du bruit, obses­sion­nel, dan­gereux, psy­chopathe… OUI, CLAUDE BRASSEUR EST LE MEMBRE CACHÉ DE THROBBING GRISTLE.

2/ Les férus de motos et de pour­suite seront comblés (il y en a au moins 3) tous comme les ama­teurs de cadres bucol­iques. Ça ne gâche rien.

3/ Il y a une appari­tion des Frenchies, le groupe rock de Jean-Marie Poiré, dans une scène com­plète­ment folle de boîte de nuit qui dégénère en bas­ton générale de hip­pies à laque­lle se mêle plus tard les gendarmes.

4/ Le loubard sensé être le plus ter­ri­fi­ant du film est joué par Robert Charlebois, un choix qui me laisse encore pantois.

Si mal­gré tout, tu crois encore être en face d’un ” nanar “, eh bien va chier, connard.

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1 Commentaire

  1. Flibustier

    Des bouquins avec la même atmo­sphère à conseiller ?

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