TOUS LES ARTICLES AVEC Guerre

Il y a une bêtise du triomphe comme une noblesse de la défaite

« Ceux qui, les pre­miers, avaient pénétré dans le bidonville s’étaient mis à tirer en l’air en signe de vic­toire : c’était la pre­mière fois que, depuis le début de la guerre, les chré­tiens ne per­daient pas de ter­rain. Une vic­toire qui allait cepen­dant nous coûter cher, puisque, dans leur joie, cer­tains se lais­saient pho­togra­phier par des jour­nal­istes étrangers avec leurs croix de bois ensanglan­tées autour du cou, buvant du cham­pagne au goulot. C’est peut-être ce jour-là que j’ai pris en hor­reur non pas les vic­toires mais les vain­queurs, sans pour autant éprou­ver de pitié pour les vain­cus, la déplo­ration, je le redis, pou­vant pren­dre chez moi des années, les eaux du cha­grin chem­i­nant de façon souter­raine jusqu’à leur résur­gence vau­clusi­enne, comme cette source d’Adonis où je rêvais d’aller, à Aqfa, dans le nord du Liban, pour con­tem­pler, au print­emps, l’eau qui en jail­lit, rougie du sang du jeune dieu blessé à mort par un san­glier. Il y a aussi une bêtise du tri­om­phe comme une mis­ère de la vic­toire et une noblesse de la défaite. LIRE LA SUITE

LA RAISON D’ETAT (1978)

“J’ai connu un légion­naire dans le temps, il s’était fait tatouer MERDE sur chaque paupière. Quand il était en face de gens comme nous, il fer­mait les yeux.”

L’œil humble et désespéré du renne

« Les autres officiers, les cama­rades de Frédéric, sont jeunes aussi : vingt, vingt-cinq, trente ans. Mais tous por­tent sur leur fig­ure jaune et ridée des signes de vieil­lesse, de décom­po­si­tion, de mort. Tous ont l’œil hum­ble et dés­espéré du renne. Ce sont des bêtes, pensé-je; ce sont des bêtes sauvages, pensé-je avec hor­reur. LIRE LA SUITE

Nous changer nous-mêmes ?

« Trois années de guerre ont apporté bien des mod­i­fi­ca­tions dans le monde. Mais voici qui est peut-être la plus grande de ces mod­i­fi­ca­tions: trois années de guerre nous ont ren­dus sen­si­bles au monde. Nous sen­tons le monde. Avant, nous nous con­tentions de le penser. […] LIRE LA SUITE

Qu’est ce que la Liberté ?

« La valeur d’une chose réside par­fois non dans ce qu’on gagne en l’obtenant, mais dans ce qu’on paye pour l’acquérir, — dans ce qu’elle coûte. LIRE LA SUITE

Les morts n’ont peur de rien

« Le wagon s’ouvrit brusque­ment et la foule des pris­on­niers se pré­cipita sur Sar­tori, le jeta à terre, s’entassa sur lui. Les morts s’échappaient du wagon. Ils tombaient par groupes, avec un bruit sourd, de tout leur poids, comme des stat­ues de ciment. LIRE LA SUITE

Cauchemar Disco

ROUGES ET BLANCS (1967)

J’avoue que je n’ai pas pu aller au bout de l’autre chef d’œuvre de Mik­los Jancso, Les Sans Espoirs (Szegénylegények), qui comme celui-ci pour­tant, dure moins d’1h30. Je ne dois pas être habitué à la nar­ra­tion cyclique du cinéma hon­grois. Rouges et Blancs (Csil­lagosok, Katonák) répond pour­tant au même type de schéma, deux armées se mènent la guerre au milieu de vastes plaines, se cap­turent, courent nus dans les bois, ou dans la Volga, se pro­tè­gent dans des forts, hôpi­taux ou monastères, et puis recom­men­cent inlass­able­ment, comme un jeu sans fin, le jeu de la guerre selon Mik­los Jancso. LIRE LA SUITE