TOUS LES ARTICLES AVEC Modernité

L’homme-loyer

« La vie elle-même est dev­enue le ‘locataire’ fiévreux de la grande ville. Le citoyen lui-même a perdu de vue le véri­ta­ble but de l’existence humaine et il accepte des buts de sub­sti­tu­tion dans la mesure où son exis­tence arti­fi­cielle­ment gré­gaire s’oriente de plus en plus vers la promis­cuité aveu­gle et aven­tureuse d’un ani­mal rusé, une cer­taine forme de greffe, une quête fébrile du sexe pour se ‘reposer’ de la rou­tine factuelle du tumulte mécanique des con­flits mécaniques. En atten­dant, il s’efforce de main­tenir arti­fi­cielle­ment ses dents, ses cheveux, mus­cles et sève; il voit sa vue et son audi­tion faib­lir à force de tra­vailler à la lumière arti­fi­cielle ou de com­mu­ni­quer par télé­phone; il se déplace à contre-courant ou au tra­vers de la cir­cu­la­tion au risque d’être blessé ou de mourir. Il gaspille régulière­ment le temps des autres comme les autres gaspillent tout aussi régulière­ment le sien car tous vont dans des direc­tions dif­férentes sur des échafaudages, des sur­faces de béton ou sous terre pour entrer dans une autre cel­lule sous la dépen­dance de quelques autres pro­prié­taires. LIRE LA SUITE

La Vie en Miettes

« Dans l’unité que l’on trouve dans la rue, l’étranger con­stitue un obsta­cle; la ren­con­tre, une nui­sance et un retard. Dans la rue, impos­si­ble de ne pas être à côté des autres. Mais on fait tous les efforts du monde pour ne pas être avec les autres.
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Il n’y a plus de génération

« Pour pro­scrire toute notion un tant soit peu véridique de l’état réel, mis­érable, dans lequel se trouve la jeunesse, s’exerce donc une cen­sure con­sen­suelle qui réunit:

1) les marchands, leurs pro­pa­gan­distes divers et tous ceux qu’ils cor­rompent en les intéres­sant à leurs béné­fices: étant les plus mal­léables et manip­u­la­bles des con­som­ma­teurs, les mieux adap­tés au monde de la camelote, puisqu’ils n’ont jamais rien connu d’autre, les jeunes sont con­stam­ment don­nés en exem­ple au reste de la pop­u­la­tion; LIRE LA SUITE

Architecture et Modernité

ON NAÎT MODERNE

« Plutôt qu’un rap­proche­ment, la con­fronta­tion entre l’Amérique et l’Europe fait appa­raître une dis­tor­sion, une coupure infran­chiss­able. Ce n’est pas seule­ment un décalage, c’est un abîme de moder­nité qui nous sépare. On naît mod­erne, on ne le devient pas. Et nous ne le sommes jamais devenus. LIRE LA SUITE

Le Tableur et la Mort

« Observons-le dans la nuit, l’homme hyper­mod­erne, observons-le au plus près de sa vie ordi­naire, à l’échelle 1 de sa vie sur-attentive aux pro­grès de la tech­nique et de la vitesse de l’information. Il est grand, petit, gros, mince, blond, brun, grison­nant, dégarni. Il est assis en face de moi, dans le com­par­ti­ment de ce train dévolu aux élab­o­ra­tions numériques et studieuses des sociétés anonymes. LIRE LA SUITE