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France 2017 : entre mythe et réalité

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Fashion Faux Pas

Un bon flic est un flic con

« Tout est fait pour éviter aux gens de se faire agresser dans la rue, mais être ainsi jeté dans la précarité sans espoir de retrouver un emploi – et une place dans la cité – est bien plus terrible que de prendre un coup de poing dans la gueule. Dans ce domaine, oui : je trouve notre société d’une violence insupportable.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas : les flics sont des auxiliaires de justice, pas de morale. La frontière entre le bien et le mal est bien trop ténue, poreuse ou élastique pour que je sois capable d’être catégorique dans ce domaine. Et les poulets ne sont pas des saints, je le sais bien. Certes, la finalité de leur action est bonne, mais les méthodes pour y parvenir sont parfois borderline. Néanmoins, la situation aujourd’hui est plus clean qu’elle ne le fut. Pourquoi ? Parce que, selon moi, les flics sont moins audacieux, je n’ose dire moins courageux.

En effet, les officiers de police ne sont plus recrutés en fonction de leur motivation mais de leur niveau d’instruction. La culture générale, qui ne sert à rien pour être un bon flic sur le terrain, est ainsi devenue une épreuve essentielle pour être admis dans l’encadrement policier. Conséquence : les 30 ou 40 candidats retenus parmi 4000 postulants seront cultivés, mais ça ne garantit pas – à mes yeux – que ce seront de bons flics. »

Des deux côtés du miroir : itinéraire d’un flic pas comme les autres, Jean-Marc Bloch, 2015.
Légende : Parole de flic, 1985

Célébrer la médiocrité

« Il importe de se rappeler que Wilson sortit Let’s Talk About Love à un instant charnière du journalisme musical, alors que le légendaire essai de K. Sanneh sur le « rockism », paru en 2004 dans le New York Times, était encore relativement frais. L’écrit de Sanneh fit prendre conscience d’un mouvement anti-rockism qui servait une fin précieuse : il permit aux critiques de dépasser les limites du canon, leur donna la chance de contextualiser leurs propres préférences en matière de goût et d’avouer leurs plaisirs (et déplaisirs) honteux en termes de pop, d’une manière qui coïncidait avec l’essor du « poptimism » culturel. Or, en 2013, une réaction brutale éclata contre la pop d’évasion, celle qui est vue comme plate ou fuyant la réalité – consultez par exemple la polémique lancée par Rick Moody, « I Dared Criticize Taylor Swift » (« J’ai osé critiquer Taylor Swift ») sur le site Salon.com en février 2013 et les commentaires qu’il a suscités. LIRE LA SUITE

La subversion, pour quoi faire ?

« Cette interprétation à deux vitesses surgit partout pour la musique sentimentale: l’excès, le fait de suivre une recette, d’être bi-dimensionnel, peuvent tous représenter des points positifs pour une musique qui n’est pas douce et conciliante, mais furieuse et rebelle. On pourrait dire que le punk est le schmaltz de la colère – notion renforcée par la facilité avec laquelle, avec le punk « emo », elle est réadaptée pour exprimer des angoisses personnelles. Le punk, le metal, même le rock à vocation de justice sociale tels que U2 ou Rage Against The Machine, avec leurs slogans emphatiques sur l’individualité et l’indépendance, sont aussi « stimulants » ou « motivants » que la musique de Céline Dion, mais visent des sous-groupes culturels différents. En tout cas, ils sont tout aussi partiaux et mal dégrossis. LIRE LA SUITE

Denys Arcand : Du déclin aux ténèbres

LE DÉCLIN DE L’EMPIRE AMÉRICAIN (1986)



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Réappropriation !

« …je voudrais une nouvelle fois m’arrêter sur ce stéréotype de la réappropriation de la cité, véritable psittacisme que les nervis dada de la Mairie de Paris, mais pas seulement eux, ont sans cesse au bec. Récemment, dans un quotidien, on parlait d’inciter les gens à « se réapproprier les points d’accès public à l’Internet sans fil », c’est-à-dire le réseau wi-fi, comme si quelque chose qui vient seulement d’apparaître pouvait déjà avoir été méchamment dérobé et qu’il fallait partir à sa reconquête. Qu’est-ce que c’est que cette affaire de réappropriation générale et de réappropriation de Paris en particulier ? LIRE LA SUITE

L’homme-loyer

« La vie elle-même est devenue le ‘locataire’ fiévreux de la grande ville. Le citoyen lui-même a perdu de vue le véritable but de l’existence humaine et il accepte des buts de substitution dans la mesure où son existence artificiellement grégaire s’oriente de plus en plus vers la promiscuité aveugle et aventureuse d’un animal rusé, une certaine forme de greffe, une quête fébrile du sexe pour se ‘reposer’ de la routine factuelle du tumulte mécanique des conflits mécaniques. En attendant, il s’efforce de maintenir artificiellement ses dents, ses cheveux, muscles et sève; il voit sa vue et son audition faiblir à force de travailler à la lumière artificielle ou de communiquer par téléphone; il se déplace à contre-courant ou au travers de la circulation au risque d’être blessé ou de mourir. Il gaspille régulièrement le temps des autres comme les autres gaspillent tout aussi régulièrement le sien car tous vont dans des directions différentes sur des échafaudages, des surfaces de béton ou sous terre pour entrer dans une autre cellule sous la dépendance de quelques autres propriétaires. LIRE LA SUITE

Elvis, prince des péquenauds

« Elvis est fréquem­ment accusé d’avoir, à lui seul, volé le rock’n’roll au peu­ple noir. « Les Blancs ont volé le rock’n’roll aux Noirs » scandent encore et toujours les papillons sensibles de la musique. Bien sûr, les maisons de disques appartenant aux Blancs ont escroqué sans vergogne d’innombrables musiciens noirs, mais les péquenauds, aussi, ont été dépouillés. Le rock’n’roll était essentiellement une musique sudiste, avec des influences noires et blanches entrelacées. Après tout, même le bluesman à la peau la plus sombre du Delta chantait ses chansons en anglais. Ce qu’il faut retenir, c’est que ce sont les maisons de disques du Nord et de Grande-Bretagne qui ont volé le rock’n’roll au Sud.
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Nuisibles et Pervers

« Le droit s’est substitué à la psychiatrie pour différencier les « paraphiles » autorisés des « paraphiles » sociaux, c’est-à-dire ceux dont les actes tombent sous le coup de la loi : violeurs, pédophiles, assassins, maniaques, criminels sexuels, exhibitionnistes, violeurs de sépultures, harceleurs. Sont également assimilés à cette catégorie de « déviants » ou de « délinquants » tous ceux qui, bourreaux et victimes d’eux-mêmes et des autres, troublent l’ordre public en portant atteinte, par leur comportement nihiliste et dévastateur, à l’idéal véhiculé par le biopouvoir : homosexuels nomades infectés par le virus du sida et jugés coupables de le transmettre par refus de toute protection, adolescents délinquants récidivistes, enfants dits « hyperactifs », agressifs, violents, échappant à l’autorité parentale ou scolaire, adultes obèses, dépressifs, narcissiques, suicidaires, volontairement rebelles à tout traitement. LIRE LA SUITE